CAMEROUN :: Shanda Tonme " Nous sommes en transition presque absolue dorénavant et tout est possible" :: CAMEROON
CAMEROUN :: Shanda Tonme " Nous sommes en transition presque absolue dorénavant et tout est possible" :: CAMEROON
 
CAMEROUN :: POLITIQUE
  • Source : Le Messager
  • mercredi 15 janvier 2020 09:06:00
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CAMEROUN :: Shanda Tonme " Nous sommes en transition presque absolue dorénavant et tout est possible" :: CAMEROON

Shanda Tonme a créé un parti politique, le Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR) en anglais (PMDR) C’est quoi au juste, et pourquoi faire ? Est-ce le parti du Laakam ou un parti inféodé au Laakam ? Quelles sont les grandes lignes de son programme d’action ? Comment se positionne-t-il par rapport aux autres partis d’opposition ? Quel rapports avec le SDF, le MRC, le RDPC ? Le Messager a recueilli ses explications et révèle

Bonjour Monsieur le Président. Alors, comment devrait-on vous présenter dorénavant : Politicien ? Activiste des droits de l’homme ? Artisan de la lutte contre la corruption ? Leader d’opinion engagé ? Membre de la société civile ?

Merci de tout dire et de bien dire à la fois. Je crois que vous êtes dans le vrai en évoquant toutes sortes de qualifications et de perception de ma personne. Franchement je vous demande de ne rien enlever ni altérer. Je suis bien tout cela à la fois, et je porte fièrement et avec détermination et disponibilité, toutes les responsabilités attachées à mon statut social.

 C’est justement ce qui étonne de nombreuses personnes qui suivent depuis longtemps. Entre le président et le médiateur, vous voulez être dans quelle référence vraiment ?

Ecoutez, je me considère d’abord comme un médiateur, un médiateur universel parce que je ne reçue devant aucune difficulté et ne délaisse aucun sujet ni aucune question, quand il s’agit de trouver des solutions pour rapprocher des citoyennes et citoyens en conflit, pour dénouer les situations les plus inextricables et les plus complexes qui dans certains cas, ont dépassé l’intelligence des juges et des enquêteurs.

Dans une société aussi hachée dorénavant, aussi enracinée dans des rancœurs, des malversations et des trafics d’influences, comment vous organisez-vous ? Ne rêvez-vous pas un peu ?

Je m’inscris totalement en faux contre le discours qui veut que nous soyons perdus, que le Cameroun soit devenu invivable et dominé par des mafias qui pillent tout et trafiquent tout, lésant des gens honnêtes au passage et piétinant les lois. Nous ne sommes pas encore devenus Chicago des années 50, et même dans ce cas, je trouverai toujours les moyens, la voie, la sagesse et l’énergie pour construire des passerelles entre des personnes qui se déchirent. Je ne le fais avec aucun miracle, je le fais depuis très longtemps et naturellement, avec des succès relatifs, mais des succès tout de même. Je ne fais que mettre en pratique un don que je porte depuis l’enfance, celui de développer des capacités et des discours pour réconcilier les gens, réussir des arbitrages salutaires. Dire que je rêve c’est ne pas me connaître. La Commission indépendante contre la corruption et la discrimination que j’anime, est par exemple l’une des rares organisations effectives à tous les niveaux et de tous les points de vue depuis une quinzaine d’années. Nous avons fait des choses extraordinaires pour défendre les gens, pour changer la vie des gens, pour combattre les injustices et la corruption. Nous publions un rapport d’activité chaque année et pouvez le consulter à la Librairie des peuples Noirs à Yaoundé, à côte de la SNI.

Il semble que vous n’avez pas eu la vie facile avec la création de votre parti ?

Comment ça la vie facile ?

En tout cas, selon certaines informations, le gouvernement et notamment le MINAT, ne voit pas d’un très bon œil votre initiative et tarderait à valider votre existence ?

Je m’inscris totalement en faux contre cette assertion. Si vous ne me connaissez vraiment pas pour mon patriotisme et mon engagement pour les causes justes, comment croire que quelqu’un d’autre me connaisse ? Je veux simplement vous dire, que je n’ai pas choisi la voie de la tricherie ou de la traitrise, la voie de la surprise non plus. J’ai amplement consulté en haut lieu, tenu des séances de travail avec des personnes au cœur du pouvoir et de notre système de gouvernance actuel. J’ai prévenu tout ce qui compte et tous ceux qui comptent. Je ne voulais pas de la lâcheté, qu’on apprenne par exemple que je suis devenu président d’un parti qui existe. Non, pas cela, j’ai pris mes responsabilités après avoir réfléchi et j’ai annoncé la couleur. Sachez donc que je ne fais rien sans au préalable avoir consulté nos Rois, ceux qui sont plus influents et mieux disposés. Je n’irai pas plus loin et ne solliciterai aucun suffrage du peuple sans leur avis positif et leur soutien franc et sincère non plus. J’ai mené ainsi des consultations transversales aux plans régionaux, politiques et idéologiques, y compris en associant les cercles farouches et durs du parti au pouvoir.

Mais quels sont vos rapports avec le pouvoir ?

Mes rapports ne sont pas différents des vôtres. On traite chacun avec et selon ce que l’on sait de lui. Il me semble que personne ne peut plus se tromper sur mon compte. Quand c’est mauvais, je dénonce, et quand c’est bien, je félicite et j’encourage. Je n’ai jamais de cesse de proposer, d’interpelle, de contribuer dans l’intérêt de notre pays et d bonheur de nous tous.

 Pourquoi n’êtes-vous pas allé aux élections ? On n’a pas entendu parler de vous ?

Ecoutez, nous avons officiellement déposé nos documents chez le gouverneur du centre le 02 mai 2019, mais peu après, il a fallu des modifications très importantes sur la dénomination du parti, ce qui nous a conduits à deux nouvelles assemblées générales constitutives. C’est en réalité le 15 juillet, que tout a été callé. Nous sommes ainsi passés de Front Républicain pour la réparation et la relance (F3R) à Mouvement populaire pour la réconciliation et la dialogue (MPDR), en anglais Peapole Movement for Dialogue and reconciliation (PMDR). Mais nous sommes restés malgré tout dans les délais.

IL n’y a donc aucun problème avec le MINAT ?

Certes, le MINAT nous a perdus du temps. Mais je vous signale que conformément à la loi, le silence de l’autorité après trois mois, vaut validation de l’existence de fait du parti. Nous avons d’ailleurs échangé avec le MINAT dans ce sens, et les choses sont rentrées dans l’ordre. C’est vrai que beaucoup de nos gens attendaient de voir nos listes. Je dois signaler que nous ne sommes pas en course ni en compétition contre qui que ce soit, ni pour quelle que raison que ce soit. Nous voulons aller loin, faire fort et bien. IL faut savoir prendre son temps pour bien s’organiser, d’autant plus que nous travaillons sur un concept nouveau basé sur un solide enracinement populaire et non sur une mise en exergue des ambitions des élites ou d’une poignée d’aventuriers revanchards.

On peut donc affirmer sans se tromper que vous serez prêts pour de prochaines consultations électorales, mais après ceux de février 2020 ?

Exact

 Allez-vous attendre si longtemps ?

Attendre si longtemps par rapport à quoi et à qui ? Nous serons prêts pour injecter nos idées et nos ambitions dans le grand débat en vue de la formulation d’un nouveau destin pour notre pays. Nous le ferons avec compétence, engagement et détermination. Nous le ferons surtout avec le peuple réel, avec tout le monde, avec une idée plus généreuse, pacifique et réconciliée de notre société.

Ne craignez-vous pas que l’on vous traite de MRC bis ?

Mais quelle catastrophe ? Pourquoi pas le RDPC bis, le CCP bis ou encore l’UPC bis ? Je déteste cette extrapolation malveillante qu’ont certains de nos compatriotes à vouloir comparer ce qui ne l’est pas, ou rapprocher ce qui est impossible. Nous nous situons totalement ailleurs, avec une démarche et des méthodes plus un discours qui trancheront, qui n’ont rien de commun. Mais nous travaillons tous, certes et c’est indéniable, je veux le croire, pour le destin de notre pays, pour une ère nouvelle.

Vous croyez vraiment que cette assurance passera ?

Mais cher ami, chacun avec ses couleurs, ses méthodes et ses problèmes, sa vision et ses stratégies. Je travaille depuis mon enfance avec intégrité, détermination et honnêteté pour les grandes causes. Je n’ai pas besoin de me mettre en spectacle pour qu’on sache ce que je fais. Chez moi, l’engagement et la lutte pour la justice sont naturels. Je vous l’ai dit et redit. Nous traversons une étape délicate et passionnante pour notre pays. Il n’y a ni hésitation ni erreur acceptable en ce moment. IL faut donc faire très attention de ne pas se tromper ni de pays, ni de personne, ni de contexte et ni de projection à court comme à long terme. Je vois beaucoup et j’entends beaucoup des bruits venant d’une cohorte d’opportunistes prêts à vendre le Cameroun et la tombe de leurs parents et grands-parents. J’entends certains qui attisent la guerre civile et la haine. Ils le regretteront durement et je ne vois pas ce que je peux faire avec ces espèces de fauteurs de guerres et de génocides, de vols et de tricheries. Ce sera dur, mais le Cameroun triomphera. Je veux dire que quoi qu’il nous arrive, le pays restera débout.

Dites-nous, concrètement, si par un coup de tonnerre, la présidentielle était dans trois mois, dans six mois ou dans un an, serez-vous candidat ?

Mais alors, comment pouvez-vous me poser pareille question ? D’abord, bien que tout soit possible dans le cœur insondable de nos ancêtres et gardiens du temple, restons dans la logique d’un président qui est en place et parlons de son mandat, tout son mandat. Toutefois, il ne faut pas être dupe ni naïf. Nous sommes en transition presque absolue dorénavant et tout est possible. Quand on voit avec quel dédain ou quelle désinvolture certains ministres boycottent, sabotent les instructions du chef de l’Etat et se comportent comme s’il n’y avait plus de capitaine à bord du navire, il y des raisons de craindre qu’un matin, le pays se réveille avec des nouvelles surprenantes. Le président Amadou Ahidjo n’avait-t-il pas pris tout le monde de court ?

Donc, vous serez dans la compétition pour relever le défi, pour postuler, candidater ?

Laissons ces choses-là. A César ce qui appartient à César. Il existe de nombreux compatriotes des deux sexes et de toutes les régions très compétents et de bonne moralité. Celui qui convaincra le peuple et qui aura pour cela la meilleure stratégie, le meilleur profil et la meilleure disposition, y compris au regard de son bilan personnel dans tous les sens, gagnera. Mais je peux vous assurer, que je serai de la course, et dans de meilleures dispositions, sauf un avis défavorable de nos rois et des personnalités ressources symboles qui sont de toutes les régions et de toutes les sensibilités du pays. Que ce soit dans le Mbam, dans le Littoral ou au Nord, j’ai des intimes dont la recommandation ultime me guide et me guidera, m’oriente et m’orientera.

Et si quelques langues taxent votre parti de sous-marin du Laakam ou encore d’instrument de conquête du pouvoir par les Bamilékés ?

Vous savez, la liberté d’opinion et de pensée doit être intégrale et accepter aussi les errements et les égarements de certains déséquilibrés mentaux. Les fous font partie de la société et il faut faire avec eux.

Oserez-vous affronter le candidat du MRC ?

Mais, je ne comprends pas, pourquoi voulez-vous fixer les termes de référence de la compétition électorale dans une optique bipolaire, sectaire, marginalisée et dévoyée ? J’affronterai tout le monde et le meilleur gagnera. Il n’y aura ni exclusive, ni privilège, ni combine, ni favoritisme, ni sectarisme. Le MRC est un parti comme tous les autres et je ne fais aucune différence de traitement ou de considération. Son candidat est un citoyen camerounais comme le sont tous les autres candidats et candidates.

Par rapport à l’Ouest, ne craignez-vous pas une dispersion des énergies ?

Si je suis candidat, ce sera le candidat du Cameroun et pour le Cameroun, tout le Cameroun. Je vous signale que je jouis d’une assise et d’une popularité dans les quatre coins du pays. J’ai travaillé pour cela et travaille toujours pour cela. Et puis, je ne vois d’ailleurs pas où se situe le problème. Au MRC même, il m’est revenu qu’un mot d’ordre existait pour éviter tout contact avec moi, parce que je serais trop connu ou trop marqué comme le défenseur des Bamilékés. Vous voyez donc que ce que l’on voit, ce que l’on pense, ce que l’on veut injecter dans l’opinion, n’est toujours pas vrai. Il n’y a aucune assimilation ni rapprochement automatique à faire entre un parti politique et une communauté, ni entre deux partis parce que les principaux dirigeants seraient de la même région ou de la même tribu. Il y a des combats et des calculs de sourdine très graves. Enfin, je tiens à vous rappeler que tout le monde n’enfile pas le même pantalon idéologique ni les mêmes chaussettes doctrinales. Les écarts et les différences à ces niveaux sont très importants, considérables.

Oui, mais la réalité est incontestable que vous êtes un des dirigeants les plus connus du Laakam, peut-être même le président actuellement ?

Mais qu’y a-t-il de mal à appartenir à une communauté, à une région, à une ethnie ou à une association? Pourquoi ne serais-je pas libre d’être membre de tel ou tel association ? Laakam est une association officiellement constituée qui prêche la paix, l’entente entre toutes les composantes de notre pas sans discrimination. Cette association a abattu un travail formidable dans les années de braise pour rapprocher les communautés et nous éviter le pire. C’est dans les hautes sphères que vous pouvez vous renseigner sur ce que nous avions alors fait.

On parle toujours de Laakam, surtout de vous et de celui que vous désignez toujours par Grand frère, Sindjoun Pokam, mais très peu de noms émergent, peu d’acteurs et peu de stratèges réellement. Pourquoi ?

Ne cherchez pas midi à 14hs. Je vous l’ai déjà dit, que Laakam c’est tous les Bamilékés qui s’expriment et se reconnaissent à travers et dans leurs différentes réunions, regroupements, rassemblements, tontines et associations. C’est une question de valeurs et de cultures, de rites et de traditions séculaires. Ne vous cassez pas la tête à inventer des diables ou des monstres là où il n’y en a pas, alors que vous êtes avec ces gens tous les jours. C’est le lieu de rendre encore un vibrant hommage au grand et irremplaçable patriarche et sage Kadi de Fosso, de même qu’à certains aînés insoupçonnés qui ont mis tout leur génie et leur influence à contribution pour apaiser, conseiller et orienter la communauté Bamiléké durant les années de Braise. Je veux citer ici le Général Jean Nganso, le capitaine d’industrie et de la finance Paul Kamogne Fokam, le Patriarche Monkam Pascal, feu papa Malanou Anselme et Feuzeu Jacques l’ancien premier adjoint au maire de Bafoussam, sans oublier son cadet, le très grand stratège et nationaliste Tame Soumedjong Henri. Cet éloge serait incomplet si je ne mentionne pas l’ancien Directeur Général de l’Uccao Fankam Henri, et mieux encore, le Roi des Bamougoum qui eut la lucidité, le courage et la sagesse quasi mystique d’abriter dans son palais en présence de ses pairs, la rencontre finale et fondatrice de LAAKAM le 23 septembre 1991. Je dois enfin rendre un réel hommage dans le même sens, au Magistrat hors hiérarchie Kouam Tekam, à l’époque Procureur général près la Cour d’appel de l’Adamaoua à Ngaoundéré. C’est notre histoire.

Que dites-vous alors de ceux qui ont peur de Laakam ?

Je rétorquerai ainsi : que dites-vous de ceux qui passent le temps à noircir les Bamilékés, à les attaquer gratuitement et à prêcher leur exclusion par-ci et par-là ? Certains journalistes et médias en ont même fait une spécialisation, et n’attendraient plus que la médaille de travail pour leurs œuvres de dénigrement, d’ostracisme et d’injures C’est vraiment terrible, que des gens aient réussi à fragiliser y compris quelques intellectuels Bamilékés, en leur collant des images indécentes pour leur communauté. J’en connais, de braves Bamilékés qui m’évitent, qui croient que s’exposer avec moi, leur portera préjudice. Ils viennent pourtant me voir nuitamment ou envoient des messages d’encouragement. Feu Zambou Zoleko m’avait dit ceci un jour : « petit frère, tu es très courageux et brillant, et tu sais nous défendre. Il faut quelqu’un comme toi pour dire la vérité de temps en e sur nos souffrances. Mais moi je n’aimerai pas être à ta place, parce que c’est aussi trop risqué dans ce pays où on ne nous aime pas ». Voilà des idées que l’on véhicule, gratuitement. Ce genre de discours est infecte et à proscrire. Chacun doit pouvoir s’exprimer, et se faire entendre, que l’on soit du Nord, du Sud, de l’Est ou du Centre. Nous avons opté pour la paix et nous ne changeons pas. Je suis franchement content du travail abattu, en vous rappelant encore et encre, que Laakam c’est l’ensemble des structures de réunion, de rassemblement, de concertation et d’entraide des Bamilékés, sous la supervision, l’orientation, les conseils, la surveillance et la bénédiction de leurs Rois, gardiens des traditions et coutumes. Partout où il y a deux ou trois Bamilékés, il y a le Laakam. Si des gens pensent autre chose, c’est leur problème et leur petit manioc.

Nous comprenons que le Laakam est autre chose que le discours de ses détracteurs ?

Nous ne voulons pas d’histoires, et que l’on ne nous en cherche pas. Le Chef de l’Etat a dit que « Le Cameroun est à construire et non à détruire ». Alors, tirez vous-même la conclusion, sur comment qualifier les gens qui ont fait des attaques contre les Bamilékés, un sport. Les Bamilékés construisent le Cameroun et merveilleusement. Si quelqu’un les attaque et attaque leurs biens, c’est que cette personne est contre Paul Biya, cette personne veut détruire le Cameroun et non la construire. J’ai visité la moitié des pays africains, et le Cameroun est le seul où des nationaux tiennent le pavé haut pour le commerce et les investissements. Du nord au sud et de l’Est à l’Ouest de l’Afrique, il n’existe aucun pays où les nationaux dominent le secteur hôtelier, ce qui chose faite chez nous et de la plus belle des manières. Chaque Bamiléké qui a pu construire une entreprise peut vous raconter ses malheurs et vous aurez des larmes, vous aurez pitié de lui. Plein de projets de sociétés sont morts parce que les fonctionnaires étaient fâchés de voir qui est derrière, même après avoir empoché des pots de vin substantiels. Beaucoup d’autres ferment parce qu’ils ne supportent plus ces tracasseries.
D’un autre point de vue, il faut s’estimer heureux et important d’être attaqué. En effet on ne jette les pierres que sur les arbres fruitiers. Et puis, ne vaut-il pas mieux faire envie que pitié ? Dans un monde de vautours, il est bon qu’on ait peur de vous, parce que cela vous place au sommet. Regardez com7ment les Américains et les européens ne dorment pas tranquilles, parce que Poutine met en service des missiles qui volent à vingt-sept fois la vitesse du son. Ils ont beaux détraquer la Russie, ils la respectent, d’abord parce qu’ils la craignent.

En somme vous donnez implicitement raison à ceux qui craignent les Bamilékés, et les traitent d’expansionnistes ?

Je répète qu’il vaut mieux faire envie que pitié. Regardez, En dépit des pillages massifs opérés par les fonctionnaires, le Cameroun est debout, et c’est ce que je dis souvent à ceux qui crient que le pays est fini. Jamais le pays ne finira jamais, parce que comme avait si bien constaté Houphouët Boigny, il y a les Bamilékés. Tenez, nous avons vaincu les grecs, les indo-pakistanais, les Libanais et même les Français dans le commerce et la petite et moyenne industrie. A vrai dire, si le gouvernement ne nous cassait pas les pieds à dessein, nous serions en mesure de chasser complètement les Français de tous les secteurs. Nous serions en mesure de porter le Cameroun au sommet du Continent et rivaliser avec l’Afrique du sud et le Nigeria. Nous serions en mesure de créer des compagnes aériennes efficaces, bien managées et admirées. Nous serions en mesure de créer et de gérer des industries lourdes dans les mines, les technologies hautes et avancées, la pétrochimie et l’agro-alimentaire. Hélas. J’ai conversé avec un Chinois qui m’a fait la confidence suivante : « de tous les pays Africains, c’est ici que nous avons trouvé les vrais concurrents. Heureusement que nous avons l’appui actif du gouvernement pour nous concentrer sur les grands travaux. En Chine même, quand on essaye de leur refuser la marchandise, ils contournent en faisant commander par des partenaires à Hong Kong, à Singapour et à Taiwan, et nous les retrouvons seulement au port de Douala. Je ne parle même pas de l’ameublement où ils ont réussi à nous éliminer, après avoir été nos clients. Maintenant ils produisent sur place au moins à 60% et progressent ».

Vous semblez très sûrs ?

Mais bien sûr monsieur. Quand on est fort et confiant sur son travail, pourquoi faire la fine bouche ou se cacher ? Au plan simplement intellectuel, je produis tout seul entre deux à quatre ouvrages annuellement, et vous voulez que je n’e sois pas fier, que je ne le dise pas ? Par exemple, dernièrement on a encore cédé une banque aux Marocains, la BICEC, alors qu’il existe des magnats nationaux capables de prendre l’affaire. Ce n’est pas juste. On a connu la même situation pour l’octroi de la troisième licence du téléphone mobile. Les initiés connaissent bien qui avait réellement gagné. Je vous laisse deviner. Laissez le Bamilékés investir, construire, créer et produire, et il n’y aura aucun chômeur dans ce pays. Au contraire, nous importerons de la main d’œuvre des pays voisins. A ce propos, il y a encore de la place au Cameroun pour deux ou trois opérateurs du téléphone mobile, mais comme on a très peur que les Bamilékés vont prendre, on se bloque et on prive le pays de ressources, d’emplois, de rayonnement. C’est encore et toujours la triste réalité. Les fonctionnaires ont accumulé des milliards volés certes, mais sortir pour investir est devenu compliqué, même par le blanchiment et même par des prête-noms. C’est vrai qu’ils commencent à mettre dans les immeubles, mais c’est rien par rapport aux sommes colossales volées et planquées.

Ce qui est bien plus gênant et embarrassant, c’est que cette fortune est planquée en devises, dollars et euros dans des caches, et ne peuvent plus aller à l’étranger, à cause des nouvelles exigences de traçabilité sur l’origine des fonds qui ont été instituées pour surveiller et combattre les réseaux de financement terroristes.

A suivre

15janv.
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