AFRIQUE :: LE  MONDE  DANS  LEQUEL  VOUS ENTREZ. :: AFRICA
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AFRIQUE :: POINT DE VUE AFRIQUE :: LE  MONDE  DANS  LEQUEL  VOUS ENTREZ. :: AFRICA
  • Correspondance : Par le Pr Joseph KANKEU, Député de la nation
  • vendredi 30 août 2019 07:47:00
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AFRIQUE :: LE MONDE DANS LEQUEL VOUS ENTREZ. :: AFRICA

Depuis la chute du mur de Berlin en novembre 2009 et l’effondrement du bloc communiste, le monde s’est profondément transformé avec chacun de ses acteurs. Dans chaque pays, la société a évolué plus vite que les Institutions. Le modèle occidental d’une économie libérale fondée sur les valeurs démocratiques, naguère incontesté, fait face à l’émergence de la chine et de la crise financière de 2008. Non seulement, cette chine offre le modèle d’une puissance autoritaire économiquement efficace, mais aussi, la crise financière mondiale montre les limites du libéralisme financier. Les pays occidentaux s’accrochent à leurs prérogatives acquises à la faveur de la seconde guerre mondiale, tant dis que les puissances émergentes non seulement ne constituent pas un bloc homogène, mais ont chacune, des défis propres à relever . Ni la « fin de l’histoire » prévue et annoncée par Francis FUKUYAMA , ni le « nouvel ordre mondial » du président George Bush, n’ont pas véritablement vécu. Nous assistons finalement à un choc de civilisations.

Nous assistons aussi à un retour de la pratique des religions, souvent utilisées pour exacerber les rivalités ethniques.
Le printemps arabe qui a secoué la rive sud de la Méditerranée est venu éclairer la question de la religion et de la démocratie sous un nouveau jour. Toutefois, la chute de Mohamed Morsi, en Egypte , a apporté la preuve que l’ « islam politique », en tant que mode de gouvernement, n’est pas la solution comme tentaient à le démontrer les Frères musulmans. Les convulsions égyptiennes prouvent que la démocratie ne peut se limiter à l’organisation d’élections parlementaires ou présidentielles. Une démocratie sans démocrates, cela n’a pas de sens. Le monde musulman peut-il se moderniser sans « s’occidentaliser » ? La question est ouverte.

Depuis 1978 que Deng Xiaoping a lancé son pays sur la voie de l’enrichissement et du développement avec, aujourd’hui, des résultats remarquables, on constate que la Chine se modernise sans s’occidentaliser. Des centaines de millions de Chinois sont tirés de la pauvreté. L’exemple Chinois suscite admiration et intérêt, surtout dans notre pays.

Nous sommes à la croisée des chemins. Devons-nous privilégier le développement économique sans s’embarrasser des contraintes de la démocratie ? Ajouter une bonne dose d’autoritarisme au libéralisme de nos démocraties , est-ce vraiment la solution pour lever les blocages auxquels nous sommes confrontés ? La crise en Ukraine a montré une autre alternative au mode de gouvernement occidental fondé sur la liberté et la tolérance. La Russie de Vladimir poutine est engagée dans une voie où le nationalisme et la défense acharnée des intérêts particuliers de Moscou l’emportent sur la volonté de cogérer un système international. Les relations internationales deviennent dès lors complexes.

Le monde est devenu de plus en plus compétitif et instable. Il y a une absence de consensus sur la direction que prend la planète terre. Une planète faite de flux de marchandises, d’hommes, d’argent, de recherches partout et en permanence

Le Cameroun est malheureux de ce qu’il devient et du sentiment qu’il glisse vers l’inconnu, qu’il ne maîtrise plus son destin. Pour autant, peut-on remplacer ce monde tel qu’il va ? Nous ne le croyons pas. Mais on peut le changer en profondeur si l’on décide d’en comprendre la dynamique propre . Les contours de notre civilisation ne sont plus un seul pays, mais le monde . Ce qui n’est pas toujours négatif. Des milliers de nos compatriotes sont installés à l’étranger où ils travaillent. Certains travaillent dans des entreprises étrangères installées au Cameroun et plusieurs autres vivent grâce à l’exportation. Il est donc difficile de prétendre sortir de cette mondialisation pour vivre mieux. Ce grossier mensonge ferait encore plus de victimes camerounaises. Nous devons vivre dans la perspective du progrès qui, seul , peut créer un horizon psychologique viable. Il y a du bon dans cette civilisation monde. Un monde en pleine crise (première partie), mais un monde en pleine transformation ( deuxième partie).

PREMIERE PARTIE :LE MONDE EST EN PLEINE CRISE.

Nous devons refuser, de façon implacable à l’histoire, de céder à la dramaturgie qui caractérise trop souvent le monde : celui de l’incompréhension, suivie du rejet, puis de la violence qui, en fin d’analyse, n’engendre aucun vainqueur. Sans l’acceptation de l’autre, la vie n’est qu’une impasse. Le monde ne doit pas seulement être une terre de soleil, mais de lumière. Car derrière tant de pays , tant de communautés et même d’ethnies que tout paraît opposer, doivent s’épanouir des milliers d’aventures personnelles qui forment la diversité des origines, des repères, des religions, des ordres au profit du seul dialogue et de l’amitié. Mais , nous avons la conviction que notre vulnérabilité individuelle et celle de nos proches, est largement aggravée par notre vulnérabilité collective. L’éclairage assez bref que nous donnons ici, des crises qui secouent le monde, a pour ambition pédagogique de vous faire prendre en compte le réel, au moment même où vous vous apprêtez à emprunter de nouveaux parcours. Nous avons choisi de parler des plus emblématiques de ces crises : la crise de l’école, la question écologique, le DJIHAD et les dangers qui guettent les démocraties. Nous ne cherchons pas à évaluer la situation du monde, mais à vous permettre de choisir entre le passé et l’avenir.

A- LA CRISE DE L’ECOLE.

Nous voulons suggérer ici qu’on passe de l’école des enseignants à celle des élèves. Ou encore qu’on ait des écoles plus démocratiques que républicaines et confessionnelles. La question se pose de notre capacité de résistance au déferlement d’invitations, par la publicité, les médias, et certains réseaux sociaux, à vivre intensément le moment présent sans se soucier du futur. L’école est devenue un lieu de transmission de connaissances, avec des enseignants qui exercent pleinement leur métier, mais en délaissant leur mission éducative.

Le but principal de l’éducation est d’éveiller chez les jeunes, la conscience de leur droit à la dignité, à la liberté et à la l’égalité. La conception initiale de l’école en fait une institution apte a faire des hommes libres, en leur transmettant les savoirs qui leur permettent de ne pas dépendre d’autrui dans leur jugement. Une ambition plus actuelle que jamais, car avec les possibilités d’accès aux connaissances qu’offrent les nouvelles technologies , on dispose d’une multitude d’informations et de connexions, mais sans avoir la capacité de les maîtriser, de les sélectionner et de les interpréter.

L’école doit donc redevenir , dans cette société de communication, un espace où l’enseignant retrouve sa vocation à développer le libre-arbitre, à valoriser le patriotisme, la solidarité, bref la collaboration de tous, la valorisation du sujet humain. Ce n’est plus la dialectique du maître et de l’esclave qui permet d’éclairer le présent et l’avenir , mais plutôt l’esprit des lumières qui fut à la fois défense de la raison et des droits de l’homme. Il s’agit là d’un renversement historique et très positif consacrant le retour de Hegel à Emmanuel Kant. L’école doit former les esprits libres, patriotes, créatifs et tolérants. Voilà le but que doivent se fixer les enseignants qui sont sincèrement en quête d’autres types de relations avec les élèves et avec le savoir.

B- LA QUESTION ECOLOGIQUE

La question écologique fait partie des préoccupations qui dominent nos vies et déterminent nos choix politiques. La conférence de Paris sur le climat tenue en décembre 2015 à suscité beaucoup d’intérêt. Le premier pas franchi lors de la COP21, a permis de fixer un accord pour limiter à deux degrés, le réchauffement climatique à l’horizon 2100. Les Scientifiques du monde entier attirent, de façon quotidienne, notre attention sur les conséquences que notre mode de vie peut avoir sur les conditions de vie des générations à venir. Il est urgent de limiter l’emploi des ressources énergétiques fossiles, le charbon et le liquide, le pétrole et le gaz dans l’économie mondiale. Les nouveaux pays émergents reprochent aux pays déjà industrialisés de les empêcher de se moderniser comme ces derniers l’avaient fait eux-mêmes en ayant recours sans limite au charbon, au pétrole et au gaz. Il n’ya donc qu’une action concertée au niveau de la planète pour sauver l’existence humaine et l’agriculture.

On peut se satisfaire de l’écroulement du prix des énergies renouvelables et surtout de l’énergie photovoltaïque, du prix de l’électricité produite par les éoliennes. Cela a permis à certains pays industriels comme le Japon et l’Allemagne de rompre avec l’énergie nucléaire à l’origine de plusieurs accidents comme ceux de Three mille Island, Tchernobyl et Fukushima. Et voilà qui va dans le bon sens.

La protection de l’environnement n’est le problème de personne en particulier, puisqu’elle est le problème de tous. L’écologie n’est ni de gauche, ni de droite, puisque toutes les catégories sociales sont susceptibles de souffrir de la dégradation de l’environnement. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, les verts ne sauraient constituer une force politique d’une importance décisive, puisque le thème central de leur action appartient à tous.

C- LE DJIHAD.

Quel que soit le continent, notre société est menacée directement par des attentats terroristes dirigés à la fois contre la vie des individus, contre les lois et les institutions, mais aussi et surtout contre les libertés. Le Cameroun avec Boko Haran, le Nigeria avec Boko Haram et les autres pays de la planète sont taxés par les djihadistes d’Etats impies, mécréants, qui doivent être punis pour leur refus de se soumettre à Allah. La dimension religieuse des attentats est ainsi affirmée par Daech , comme elle l’avait été par Al-Quaïda. Elle est manifestée dans les déclarations des Kamikazes et dans les lettres qu’ils adressent à leurs familles et dans lesquelles ils mentionnent volontiers que leur martyre leur ouvre l’entrée du paradis. Le Djihad existe particulièrement en Irak et en Syrie où Daech prétend instaurer un nouveau califat. Là-bas, l’ennemi principal des djihadistes est la population Chiite, surtout en Irak ou elle est majoritaire.

En France, les djihadistes réagissent, disent-ils contre l’exclusion et leur mise en marge de la société. Les jeunes musulmans vivent souvent dans les banlieues déshéritées. La Communauté musulmane est ainsi frappée à la fois par la persistance d’un anti-islamisme traditionnel, analogue à l’antijudaïsme chrétien qui a frappé ceux que l’Eglise Catholique accusait d’être responsables de la mort de Jésus, et sous l’effet de la domination coloniale. L’existence d’attentats comme ceux de 2015 en France, provoque l’hostilité générale à l’égard des musulmans, accroissant leur rejet de la société et menaçant d’entrainer d’autres encore vers le terrorisme. Ainsi progresse la radicalisation

Les mouvements djihadistes se sont formés et se sont développés après l’attentat massif et sauvage du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Attentats qui expliquent en partie l’engagement de ce pays dans la violence militaire, autrement dit, l’intervention armée, décidée en 2004 par le président George Bush, contre l’IRAK. Depuis lors, les fronts djihadistes sont multiples, quoique non comparables et nous font vivre avec le risque permanent.

D- LA CRISE DES DEMOCRATIES.

Une multitude de crises alimentent le désordre général et remettent en cause un monde où le système démocratique né des lumières était sinon prédominant, du moins la référence généralement admise.

Les mouvements islamistes, même « modérés » en Turquie, en Tunisie, en Egypte et ailleurs, éprouvent des difficultés à accepter les règles de la démocratie républicaine.

Avec l’émergence de la Chine dans l‘économie mondiale, une course contre la montre est engagée à l’échelle de la planète pour décider qui des occidentaux ou bien des chinois, imposera ses règles au reste du monde. En matière de commerce, d’accès aux matières premières, de technologie, de propriété intellectuelle, les enjeux sont considérables . La question se pose aussi dans le domaine politique : le modèle autoritaire chinois va-t-il dominer le siècle prochain ? L’évolution de la Chine sera la question fondamentale des prochaines décennies. Des difficultés économiques peuvent vite se transformer en crise politique et se traduire par une attitude plus agressive à l’extérieur, en Asie et à l’égard des Etats-Unis.

De moins en moins en mesure d’assurer le bien-être auquel étaient habituées leurs populations, les Etats modernes ont perdu ce qui faisait leur légitimité. Les gouvernements se succèdent, qu’ils soient en Europe de droite ou de gauche ou bien aux Etats Unis, Républicains ou démocrates, sans disposer d’une recette pour contenter leur électorat. L’idéologie n’apporte plus de solutions alternatives aux problèmes socio-économiques du moment. L’érosion du pouvoir de l’Etat et de ses institutions entraîne sa perte de légitimité. Les gouvernants sont réduits à faire semblant d’exercer un pouvoir qui leur échappe.

Au Cameroun, dans notre pays, depuis la dernière élection présidentielle du 07 octobre 2018, certains leaders politiques de l’opposition continuent, malgré le verdict du Conseil Constitutionnel qui a donné le candidat Paul Biya du RDPC gagnant avec 71,28%, à parler du « Hold up électoral ». Ce qui n’est pas susceptible de favoriser la paix. En même temps, on assiste, impuissant, à l’exacerbation des clivages ethniques et communautaires.

Nous sommes convaincus, malgré tout, que notre pays, dans son ensemble, n’a pas échoué. Il a la force, le ressort et l’envie d’avancer. Il a l’histoire et son peuple pour le faire. La solution aux maux qui nous minent ne saurait émerger des compromis bancals. Elle se fera grâce à des solutions différentes qui supposent une méditation profonde. Elle prendra du temps et ne dépendra que de notre unité, notre courage et notre volonté commune. (A suivre)

30août
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