Le Cameroun célèbre ce 05 octobre la Journée mondiale des enseignants. L'appellation exacte, instituée par l'UNESCO, l'OIT et l'Internationale de l'Éducation depuis 1994, commémore la Recommandation du 05 octobre 1966 sur la condition du personnel enseignant.
Trente-deux ans après, le thème de cette année, Valoriser la voix des enseignants, résonne comme une interpellation au Cameroun.
Car certaines voix se sont éteintes avant d'avoir été entendues. Celle de Monsieur Hamidou en fait partie.
Son histoire avait suscité une vive émotion sur la toile. Formé en 2011, affecté en 2012 au Lycée de Beka, dans le Faro, région du Nord, à 28 ans, Hamidou pensait que son affectation marquerait le début d'une vie meilleure. Ce fut le début d'un calvaire de 10 ans.
Professeur d'Education Physique et Sportive, il devait débourser près de 20 000 FCFA de frais de transport aller-retour pour assurer ses cours, sans aucun revenu. Il tenait grâce à l'espoir d'un rappel, celui qu'on promet aux jeunes enseignants au bout de 2 ou 3 ans de service. Pour Hamidou, ce rappel n'est jamais venu.
Dix ans sont passés sans matricule, sans salaire, sans prise en charge. Si vous voyiez les photos de Hamidou à son arrivée et ce qu'il est devenu aujourd'hui, vous aurez les larmes aux yeux, confiait un de ses collègues.
Le 08 mars 2022, après avoir trop supporté, l'enseignant s'est éteint dans le dénuement le plus total.
En ce 05 octobre, sa mémoire reste le symbole de la misère enseignante et d'un système qui a longtemps fait enseigner à crédit. Son cas, comme celui de Nyeguelé et de nombreux autres, n'est malheureusement pas isolé.
Rendre hommage aux enseignants aujourd'hui, c'est se souvenir de Monsieur Hamidou et s'engager pour que plus jamais un enseignant ne meure en attendant son salaire.