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© Camer.be : Toto Jacques
- 26 Aug 2026 14:08:49
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Guinée - CAN 2032 : Sénégal-Guinée vs AES, la bataille
CAN 2032 : la Guinée propose une candidature commune au Sénégal pour contrer le trio sahélien Burkina-Mali-Niger. Dakar doit encore répondre.
Le 31 juillet 2026, Conakry a officiellement invité Dakar à s’associer pour la CAN 2032 un ticket ouest-africain qui pourrait faire vaciller le projet sahélien du Burkina, du Mali et du Niger.
Une lettre. Une main tendue. Et un duel qui s’annonce historique sur le terrain de la diplomatie sportive.
Le 31 juillet 2026, la Fédération guinéenne de football (Feguifoot) a adressé un courrier à son homologue sénégalaise (FSF) : « Organisons ensemble la Coupe d’Afrique des nations 2032. » Derrière cette proposition, un enjeu de taille contrer le projet déjà validé par le trio sahélien réuni au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Pour la Guinée, c’est l’occasion de tourner définitivement la page de la CAN 2025 qu’elle avait perdue faute d’infrastructures. Pour le Sénégal, c’est la chance de renouer avec la compétition quarante ans après l’unique édition organisée sur son sol, en 1992.
Mais Dakar n’a pas encore répondu. Et la décision des Sénégalais pourrait bien redistribuer les cartes du football ouest-africain.
Une main tendue de Conakry vers Dakar
Le 31 juillet 2026, la Feguifoot a officiellement sollicité la Fédération sénégalaise de football pour bâtir un dossier commun en vue de la CAN 2032. Une démarche que Conakry justifie par trois arguments :
- La continuité géographique : une frontière commune qui facilitera la circulation des supporters.
- Les liens historiques : des relations anciennes entre les deux pays.
- La mutualisation des coûts : une compétition à 24 nations impose des investissements logistiques considérables.
Pour la Guinée, cette candidature est aussi une question de crédibilité. En 2022, la CAF avait retiré à Conakry l’organisation de la CAN 2025, faute d’infrastructures suffisantes, avant d’attribuer le tournoi au Maroc.
Le président Mamadi Doumbouya et son Premier ministre Amadou Oury Bah ont officialisé leur candidature aux éditions 2032 et 2036 le 21 août dernier. Un enjeu réputationnel pour le nouveau pouvoir, qui doit prouver qu’il a gagné en crédibilité par rapport à ses prédécesseurs.
Le Sénégal, un poids lourd courtisé
De son côté, le Sénégal mûrit son projet depuis plusieurs mois. Dakar entend capitaliser sur :
- Le plan de modernisation sportive engagé pour les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ 2026).
- Le stade Abdoulaye-Wade de Diamniadio, une infrastructure de pointe qui pourrait accueillir des matchs de la compétition.
- L’héritage de la CAN 1992 : organiser l’épreuve quarante ans plus tard serait un symbole fort.
Si la Guinée est demandeuse, le Sénégal reste le principal décideur. Son infrastructure est plus avancée, son expérience plus solide. Mais une candidature commune présente des avantages pour les deux parties.
Le dossier sahélien déjà en piste
Pendant ce temps, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, réunis au sein de l’AES, ont déjà franchi une étape majeure. Leur déclaration d’intérêt a été validée par la CAF en juillet 2026, lors d’une rencontre à New York entre Patrice Motsepe, président de la Confédération, et les présidents des trois fédérations.
Un coup d’avance que le ticket Sénégal-Guinée devra rattraper.
Avantages du dossier sahélien :
- Une validation préalable par la CAF.
- Une mobilisation politique forte.
- Une volonté d’affirmation de l’AES sur la scène internationale.
Avantages du ticket Sénégal-Guinée :
- Une meilleure couverture infrastructurelle (le Sénégal est mieux équipé).
- Une zone géographique plus restreinte et mieux connectée.
- Une complémentarité entre le Sénégal, qui a les stades, et la Guinée, qui apporte l’ambition politique.
Les atouts techniques d’une co-organisation
Sur le plan technique, un tandem Sénégal-Guinée réglerait une partie de l’équation des infrastructures.
- Le Sénégal dispose de standards plus récents, notamment à Diamniadio.
- La Guinée doit encore rénover son parc et répartir les matchs entre les deux pays.
- Une frontière commune faciliterait le transit des supporters et l’organisation des transports.
- Une zone moins étendue que celle de l’AES, ce qui réduit les coûts logistiques.
La CAF a ouvert début juillet 2026 la fenêtre de dépôt des dossiers pour les éditions 2028, 2032 et 2036, avec un cahier des charges élaboré avec l’appui du cabinet PwC.
Un duel politique autant que sportif
Cette compétition pour l’organisation de la CAN 2032 dépasse le cadre du football. Elle oppose deux visions :
- Celle de l’AES : une affirmation politique des États du Sahel, qui veulent montrer leur capacité à organiser un événement continental.
- Celle du Sénégal et de la Guinée : une alliance économique et géographique de deux poids lourds ouest-africains.
Derrière les terrains, il y a des ambitions réputationnelles. Derrière les tribunes, des enjeux diplomatiques. Et derrière les ballons, des milliards de FCFA en investissements.
Le Sénégal a le pouvoir de faire pencher la balance. Sa décision, attendue dans les prochaines semaines, déterminera si l’Afrique de l’Ouest aura un champion unique ou un duel à deux.
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