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© Camer.be : Toto Jacques
- 14 Aug 2026 01:46:36
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Cameroun - Martial Owona suspendu trois mois : la réaction de Me Zeifman
Le Conseil national de la communication (CNC) a suspendu le journaliste de Vision 4 Martial Owona pour trois mois, après un reportage jugé « hostile et non fondé » à l'encontre de Me Félicité Esther Zeifman, avocate de la famille Martinez Zogo. Une sanction que l'avocate qualifie de « verdict d'une carrière ».
« J'apprends à l'instant la décision du Conseil National de la Communication dans l'affaire m'opposant à Monsieur Martial OWONA. » Me Félicité Zeifman.
L'avocate, qui défend les ayants droit de Martinez Zogo, n'a pas tardé à réagir. Dans une déclaration cinglante, elle dénonce un « récidiviste de la désinformation » et annonce que la procédure judiciaire « ira au bout des choses ».
Le CNC tranche : trois mois de suspension pour Martial Owona
Ce jeudi 13 août 2026, le Conseil national de la communication (CNC) a rendu une décision très attendue. Le journaliste Martial Owona, figure controversée de la chaîne Vision 4, a été suspendu pour une durée de trois mois. Son collègue Boney Philippe s'en tire avec un simple avertissement.
Cette sanction fait suite à un reportage diffusé le 16 juin 2026 sur Vision 4, dans lequel Martial Owona a tenu des propos jugés « hostiles et non fondés » à l'encontre de Me Félicité Esther Zeifman, avocate des ayants droit de Martinez Zogo, le journaliste assassiné en 2023.
Le Barreau à l'origine de la saisine
L'affaire trouve son origine dans une plainte du Barreau du Cameroun. Le 16 juin 2026, le bâtonnier de l'Ordre des avocats, Me Mbah Eric Mbah, a saisi le CNC pour dénoncer des propos « susceptibles de porter atteinte à la dignité d'un avocat ».
Dans sa correspondance, le Barreau évoquait une « rare agressivité verbale » et un traitement médiatique portant gravement atteinte à l'honneur et à la dignité de l'avocate. Martial Owona accusait notamment Me Zeifman d'avoir été radiée du Barreau de Paris, une affirmation que le Conseil de l'Ordre a qualifiée de « diffamatoire ».
Un passif disciplinaire lourd
Comme le souligne Me Zeifman dans sa déclaration, cette suspension n'est pas une première pour Martial Owona. Dès décembre 2016, le CNC sanctionnait déjà l'émission « Tour d'Horizon » de Vision 4 et suspendait pour un mois Ernest Obama, Parfait Ayissi, Francis Bonga et Martial Owona.
En juillet 2022, le même Conseil le suspendait de nouveau un mois cette fois, aux côtés de Bruno Bidjang et Mathieu Bertrand Seme Ekong pour « manquement à l'exigence professionnelle d'investigation et d'équilibre dans le traitement de l'information ». Une deuxième sanction, deux mois plus tard, pour les mêmes motifs.
Aujourd'hui, une troisième la plus lourde de toutes, trois mois vient clore provisoirement une trajectoire qui n'a jamais dévié.
La réaction de Me Félicité Zeifman : une déclaration sans concession
L'avocate a publié une déclaration en plusieurs points, dont voici les extraits les plus marquants :
« Il est des silences qui honorent, et il est des silences qui couvrent. Le mien ne relevait que de la dignité. Il cesse aujourd'hui, car la vérité n'a pas de contraire, et je ne laisserai pas un médiocre journaliste écrire, à ma place, l'histoire qu'il aurait voulu que l'on croie. »
Pour Me Zeifman, cette sanction n'est « ni un accident de parcours, ni une bavure isolée. C'est l'aboutissement d'un système, celui d'un homme qui a fait de l'approximation une méthode, de l'insinuation un métier, et de la calomnie un réflexe. »
Elle rappelle les antécédents disciplinaires du journaliste : « À force de collectionner les sanctions, on cesse d'être un journaliste sanctionné pour devenir, tout simplement, un récidiviste de la désinformation. »
« Ni journaliste, ni justiciable ordinaire »
L'avocate met en garde contre toute tentative d'invoquer la liberté de la presse pour défendre le journaliste sanctionné :
« Qu'on cesse de m'opposer la liberté de la presse. Je la défends, je l'ai toujours défendue pour ceux qui l'honorent. Mais Monsieur OWONA n'est pas journaliste : il est l'instrument d'une entreprise de nuisance, la voix commandée d'intérêts qui ne sont pas les siens. »
Elle annonce que la procédure judiciaire suit son cours : « Elle ira, elle, au bout des choses : au bout des sources, au bout des commanditaires, au bout des silences complices. »
Un contexte médiatique sous tension
Cette décision du CNC intervient dans un climat de fortes tensions médiatiques autour du procès de l'assassinat de Martinez Zogo. L'avocate a dénoncé une campagne de dénigrement orchestrée par les médias du groupe l'Anecdote, propriété de Jean-Pierre Amougou Belinga, principal suspect incarcéré dans cette affaire.
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