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© Camer.be : Paul Moutila
- 24 Aug 2026 19:43:43
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Décès d'Ananie Rabier Bindzi : le Cameroun perd un témoin de son histoire
Ananie Rabier Bindzi, journaliste et historien camerounais, s'est éteint le 24 août 2026 à Paris. Retour sur le parcours d'un homme qui a marqué le paysage médiatique.
Le journaliste et historien Ananie Rabier Bindzi s'est éteint ce lundi 24 août 2026 en début d'après-midi à Paris, des suites d'une longue maladie. Figure emblématique du paysage médiatique camerounais, il laisse derrière lui une œuvre immense.
C'est une triste nouvelle qui secoue le monde des médias camerounais ce lundi 24 août 2026. Ananie Rabier Bindzi, journaliste, historien et figure incontournable de Canal 2 International, s'est éteint en début d'après-midi à son domicile du quartier Bonaberi à Douala, des suites d'une longue maladie.
Surnommé la « bibliothèque vivante » du Cameroun, il était bien plus qu'un simple journaliste. Il était un passeur de mémoire, un témoin privilégié des grandes heures de l'histoire du pays, un homme dont la voix et la plume ont éclairé des générations de Camerounais.
Alors que les hommages commencent à affluer, retour sur le parcours exceptionnel de celui qui fut à la fois témoin et narrateur de l'histoire du Cameroun contemporain.
Un parcours hors du commun
Né dans un milieu très modeste à Douala, Ananie Rabier Bindzi a tracé son chemin avec une détermination exceptionnelle. Il a fréquenté le collège Libermann avant de passer par une école militaire à Brazzaville, une expérience qui a sans doute forgé son caractère et sa rigueur intellectuelle.
Mais c'est dans le journalisme qu'il a trouvé sa véritable vocation. Après des études en communication, il a travaillé pour le magazine Jeune Afrique, avant de s'imposer comme une figure respectée du journalisme africain. Il a notamment été directeur de l'information de la chaîne de télévision camerounaise Canal 2 International, où il a marqué les esprits.
L'homme qui racontait l'histoire
Ananie Rabier Bindzi était reconnu pour sa culture historique exceptionnelle et sa capacité à raconter l'histoire à travers les récits de ceux qui l'avaient vécue. Il a animé des émissions devenues cultes, telles que La Tribune de l'Histoire et Toute une histoire, qui ont captivé des milliers de téléspectateurs.
Il possédait une connaissance impressionnante des mouvements nationalistes, des périodes de la décolonisation et des premières années de l'indépendance du Cameroun. De nombreux Camerounais le considéraient comme une véritable « bibliothèque vivante ».
Un journaliste engagé
Son parcours n'a pas été sans embûches. En 2008, il a été brièvement arrêté avec plusieurs autres journalistes après une émission télévisée jugée sensible par les autorités. Il a également été confronté à des poursuites judiciaires qui ont mis à l'épreuve sa résilience.
Pourtant, il n'a jamais cessé de défendre la liberté de la presse et le devoir d'informer. Ses prises de position, parfois controversées, ont donné lieu à de vifs débats, mais témoignaient toujours d'une profonde intégrité intellectuelle.
Un héritage colossal
Ananie Rabier Bindzi laisse derrière lui une œuvre considérable. Dans la presse écrite, ses articles pour Jeune Afrique, ses collaborations avec Afrique-Asie ou Africa International, et ses chroniques historiques publiées dans des journaux camerounais resteront des références.
Dans l'audiovisuel, les archives de La Tribune de l'Histoire, les émissions spéciales consacrées à l'indépendance du Cameroun et les entretiens qu'il a réalisés avec des témoins de l'époque coloniale et postcoloniale constituent un patrimoine inestimable.
L'hommage de la profession
À l'annonce de son décès, les réactions n'ont pas tardé à affluer sur les réseaux sociaux. Collègues, confrères et admirateurs saluent la mémoire d'un homme qui a consacré sa vie à la transmission du savoir.
Thierry Ngogang, journaliste et ancien collègue à Canal 2, avec qui il avait partagé l'antenne et les risques de la profession, a salué un « maître » et un « passeur de mémoire ».
Des rumeurs désormais confirmées
Il faut rappeler que des rumeurs de décès avaient déjà circulé en juin 2026, relayées sur les réseaux sociaux. À l'époque, son épouse, Catherine Christine Aimée Bindji née Elong Moby, avait démenti catégoriquement ces informations, tout en reconnaissant la dégradation de l'état de santé de son mari.
« Notre famille est profondément touchée par les nombreux messages de soutien, les appels, les visites et surtout les prières », avait-elle déclaré. Cette fois, hélas, la triste nouvelle est confirmée.
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