Niger: Un fauteuil présidentiel pour deux prétendants
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Niger: Un fauteuil présidentiel pour deux prétendants

Le 2ème tour du scrutin pour la magistrature suprême, ce 21 février, entre Mohamed Bazoum (Pnds-Tarayya) et Mahamane Ousmane (RDRTchandji) intéresse la communauté nigérienne dans l’hexagone.

Les deux candidats qualifiés ont multiplié des marques d’attention à l’endroit de leurs compatriotes vivant en France. Mohamed Bazoum, candidat du Pnds (Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme) Tarayya, parti au pouvoir, qu’il dirige depuis le 7 décembre 2013, arrivé en tête du 1er tour, le 27 décembre dernier, avec 39,33% des voix contre 16,99% à Mahamane Ousmane, candidat du RDR (Renouveau Démocratique et Républicain) Tchandji, a rencontré les médias, le 20 janvier 2021, à Paris.

L’ex- ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Nigériens de l’extérieur (avril 2011-février 2015) puis ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique, de la Décentralisation et des Affaires coutumières et religieuses (avril 2016-juin 2020), en a profité pour dérouler quelques points centraux de son projet de société.

« Gouvernance et sécurité » « Je me propose de raffermir et de consolider les institutions démocratiques que nous avons mises en place depuis une dizaine d’années. Le pari qu’a fait le président Issoufou, c’est que nous allons tenir bon, pour réussir une alternance démocratique pacifique. Pour la première fois, nous avons un fichier biométrique. Ce qui nous a permis d’enregistrer un peu plus de 5 millions d’électeurs, comme cinq ans auparavant. Ce fichier a l’avantage d’être fiable, d’empêcher toute manipulation frauduleuse », confie M. Bazoum, qui dit ne pas comprendre qu’une partie de l’opposition ait appelé au boycott du scrutin pour ensuite féliciter la Céni pour la qualité de son travail. Il précise : « La Céni est composée de 5 représentants de l’opposition et de 5 autres de la majorité Nous avons par ailleurs, une disposition qui stipule que chaque candidat, validé par la cour constitutionnelle, nomme son représentant à la Céni. C’est une disposition unique dans le processus électoral des pays africains ».

Sur le plan sécuritaire : « le Niger, pays du Sahel, n’est pas le Mali. Nous n’avons pas d’organisations terroristes sur notre territoire avec des groupes connus et identifiés avec lesquels nous pourrons discuter. Nous avons une frontière commune avec le Mali et subissons les effets collatéraux du terrorisme au Mali », affirme M. Bazoum, ajoutant : « Par ailleurs, notre voisinage avec la Libye est un autre facteur qui explique la situation d’instabilité de la zone sahélienne. Aujourd’hui, il y a des bandes organisées dans le sahel qui sèment l’insécurité dans la région, y compris au Niger. Une insécurité liée à de nombreux trafics (drogue, carburant, armes). 

Enfin, nous sommes voisins du Nigéria, avec les agissements de Boko Haram. Nous souffrons des effets induits par les situations d’insécurité liés à notre voisinage avec le Mali, la Libye, le Nigéria». Quant à l’opération Barkhane : « Les effectifs ne sont pas la chose la plus importante, c’est les moyens technologiques utilisés pour sécuriser la région », a-t-il expliqué.

« Les « 7E » de l’émergence »

Mahamane Ousmane a choisi de son côté, de s’adresser aux Nigériens de l’intérieur comme de l’extérieur, via une « Lettre d’espoir et d’assurance » pour accompagner son projet de société d’une quarantaine de pages décliné en sept clés, les « 7 E » de l’émergence.

Statisticien de formation, l’ancien président de la République, ancien président de l’Assemblée nationale, actuellement agriculteur, se présente comme le candidat du changement pour améliorer de manière sensible le quotidien de ses compatriotes. « Je peux affirmer sans prétention aucune que je connais le Niger et ses réalités dans toutes leurs dimensions et en tout ce qu’elles ont d’espoir ou de défis très complexes. Je sais et je mesure toute la gravité de la menace que l’insécurité fait planer sur l’existence même du Niger en tant d’Etat », écrit-il.

Son programme porte sur : « Eau (Maîtrise de l’eau, Agriculture et Elevage) ; Education (du préscolaire au supérieur et l’enseignement non formel ; Emploi(climat des affaires, Revenus neufs et Créations massive d’emplois) ; Energie(Pétrole, Electricité, Bois, Charbons et autres ressources minières) ; Environnement (Développement durable, préservation et valorisation des ressources naturelles) ; Equipement (Infrastructures, Industrie, Productivité et Compétitivité) ; Equité ( Gouvernance, Justice, Sécurité, Diplomatie, Santé, Filets sociaux, Jeunesse et Culture) ». Un programme que Mahamane Ousmane compte mettre en application avec la concertation de tous les fils et filles du Niger avec en ligne de mire : « la qualité de l’action publique, le développement du capital humain et l’inclusion sociale dans un Etat de droit véritable ». Le fauteuil présidentiel devrait rapidement trouver un nouvel occupant, après le scrutin.

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