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« Le vrai problème de l’Afrique subsaharienne, c’est l’absence d’industrialisation »  :: AFRICA
AFRIQUE :: POINT DE VUE
  • Correspondance de : Bertrand NGNIE, Chercheur en Sciences de Gestion à l’Université de Yaoundé II, Cameroun
  • Saturday 31 October 2015 00:29:32
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« Le vrai problème de l’Afrique subsaharienne, c’est l’absence d’industrialisation » :: AFRICA

La valeur de la monnaie de tout pays est liée au volume des exportations effectuées par ce pays avec les autres pays. Ainsi, plus un pays fabrique des produits destinés à l'exportation, plus sa monnaie sera demandée par les partenaires extérieurs en vue d’acquérir lesdits produits en question.

A titre d'illustration, le Naira du Nigeria est fortement lié à l'évolution du prix de pétrole brut sur le marché international, tout simplement parce que c'est le produit d'exportation de base du Nigeria. Toutefois, un pays peut décider de maintenir sa monnaie sous-évaluée en dépit de son volume d'exportation, ceci dans le but de rendre ses produits exportés bon marché ou moins cher sur le marché international et de défier les produits concurrents par la même occasion. C'est l'exemple de la Chine.

Alors, le problème de l’Afrique n'est pas forcement la monnaie, le Franc CFA en l'occurrence, mais l'absence d’industrialisation. Les pays africains surtout ceux d'Afrique subsaharienne importe tout, produits usagés ou d'occasion comme produit neufs (les produits de base alimentaires, les vêtements, les téléphones, les ordinateurs, les voitures, les matériaux de construction, les engins ...).
              
Dans cette optique, leur économie se résume à une économie de consommation et de distribution. Ils consomment ce que les autres pays ont produit, d'où un taux de chômage très élevé (80 à 90 % dans certains pays d'Afrique). C'est en produisant qu'on crée des emplois, or pour produire, il faut mettre en place des industries légères et lourdes. Les africains doivent plutôt faire des efforts vers l'industrialisation véritable du continent.

Nous devons faire l'effort de produire ce que nous consommons et cesser d'importer et consommer ce que les autres ont produit. « Le maçon qui construit la maison du menuisier; le menuisier qui fabrique et vend les meubles au maçon, le couturier qui confectionne les habits du maçon et du menuisier, le maçon qui construit la maison du couturier, le menuisier qui vend des meubles au couturier, le fabricant de cuisinières à gaz et frigo qui fabrique et vend au menuisier, couturier et maçon...... ». Voilà le circuit des biens entre producteurs africains, nous pouvons imaginer autant d'exemples, ceci pour montrer que les africains constituent un marché important pour les produits éventuels fabriqués par les africains.
                
Il s'agit là d'une économie de production génératrice d'emplois pour tout le monde. Faisons des efforts vers l'industrialisation du continent, et pour cela, les pays africains doivent commencer par instaurer des barrières douanières pour limiter les importations au maximum afin d'encourager l'initiative des éventuels producteurs locaux africains des produits industriels. Au Cameroun par exemple, depuis que le gouvernement a interdit en 2006 l’importation des poulets congelés, le secteur avicole a connu un développement sans précédent, aujourd'hui beaucoup de familles vivent grâce à ce secteur. Reste à faire la même chose dans tous les secteurs. C'est aussi l'exemple du Nigeria où les droits de douanes sont élevés sur certains produits afin d'encourager la production locale.

Une économie forte est celle qui produit ce qu'elle consomme

© Correspondance de : Bertrand NGNIE, Chercheur en Sciences de Gestion à l’Université de Yaoundé II, Cameroun
31Oct
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