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© AFRIKSURSEINE : Ecrivain et Romancier Clvin DJOUARI
- 20 Sep 2026 10:21:03
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MISS CAMEROUN 2026 : LA CANDIDATE DE LA DIASPORA S’EMPARE DE LA COURONNE FACE AUX PLUS BELLES CAMERO
Ce soir, au terme de la grande finale de la 19ᵉ édition de Miss Cameroun, la Première Dame, Mme Chantal Biya, a remis la couronne et l’écharpe de Miss Cameroun 2026 à Maëllys Ngo Mboui, consacrant ainsi le choix du jury parmi les 27 finalistes venues des différentes régions du Cameroun et de la diaspora. La finale nationale réunissait notamment des candidates venues des régions du Cameroun ainsi que de la diaspora, et le concours 2026 mettait également l’accent sur l’intellect, la responsabilité et la lutte contre la cybercriminalité. Cette année encore, les candidates étaient d’une grande élégance. Elles ont rivalisé de grâce, de présence scénique, d’intelligence et de personnalité. I
l fallait pourtant en choisir une. Et le choix s’est porté sur Maëllys Ngo Mboui, jeune Camerounaise issue de la diaspora, qui accède ainsi à la couronne nationale. Un détail, pour le moins inattendu, n’a pas échappé aux spectateurs ; au moment où la couronne venait d’être posée sur sa tête par la Première Dame, celle-ci est tombée. Une scène symbolique, presque théâtrale, qui restera certainement comme l’une des images marquantes de cette édition. Mais au-delà de cet incident, c’est surtout le choix d’une candidate de la diaspora qui mérite réflexion. Car Maëllys Ngo Mboui n’a pas semblé faire l’unanimité auprès d’une partie du public. Il ne s’agit pas nécessairement de contester ses qualités ou de remettre en cause le verdict du jury, mais plutôt de s’interroger sur ce que représente, aujourd’hui, une Miss Cameroun issue de la diaspora.

La question est légitime : comment une jeune Camerounaise ayant grandi en dehors du territoire national peut-elle incarner, à l’international, un pays dont elle n’a pas nécessairement vécu toutes les réalités quotidiennes ? Mais l’interrogation peut être retournée : un Camerounais cesse-t-il d’être camerounais parce qu’il est né ou a grandi ailleurs ? C’est peut-être là que se trouve le véritable message de cette élection. La diaspora camerounaise constitue aujourd’hui une composante à part entière de la nation.
Elle porte nos noms, nos langues, nos cultures, nos traditions, nos histoires familiales et, bien souvent, un attachement profond au pays d’origine. Maëllys Ngo Mboui semble précisément incarner cette génération de Camerounais qui vivent entre plusieurs univers sans nécessairement renoncer à l’un d’entre eux. Son parcours en est une illustration. Avant même la finale nationale, elle s’était notamment distinguée par son engagement en faveur des jeunes filles dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie, des arts et des mathématiques, à travers l’initiative Cameroonian Girls in STEAM. Son parcours avait également comporté des actions à Yaoundé et à Bamenda.

Son discours, prononcé dans les deux langues officielles du Cameroun, pouvait également être perçu comme l’expression de cette double appartenance culturelle et linguistique : une manière de rappeler qu’il est possible de vivre ailleurs tout en demeurant profondément attaché à la terre de ses origines. Mais cette élection ouvre également un autre débat, plus délicat : avons-nous besoin de la diaspora pour mieux représenter la beauté camerounaise ? La question peut déranger, mais elle mérite d’être posée sans opposer les Camerounaises de l’intérieur à celles de l’extérieur. Le Cameroun regorge de jeunes femmes talentueuses, brillantes, cultivées et élégantes.
Leur présence dans le concours témoigne d’ailleurs de cette richesse. Dès lors, l’élection d’une candidate de la diaspora ne devrait pas être comprise comme une incapacité des Camerounaises vivant au pays à représenter le Cameroun. Elle peut, au contraire, être interprétée comme la volonté d’élargir la définition de la Camerounaise d’aujourd’hui : une femme qui peut être née à Yaoundé, Douala ou Bamenda, mais aussi à Paris, Montréal ou ailleurs, sans que son identité camerounaise soit pour autant diminuée. À mes yeux, un autre détail de cette soirée mérite également d’être relevé ; l’apparence de Maëllys.

Alors que plusieurs candidates arboraient des coiffures sophistiquées et des extensions dont le coût pouvait être considérable, la nouvelle Miss Cameroun est apparue avec une coiffure beaucoup plus simple, faite de tresses et de nattes. Dans un concours qui prétend célébrer la beauté camerounaise et africaine, cette simplicité constitue, à tout le moins, un signal intéressant. Car la beauté africaine n’a pas nécessairement besoin d’être transformée pour être admirée. Elle peut être sophistiquée, certes. Elle peut aussi être naturelle.
Elle peut se présenter sous la forme d’une coiffure traditionnelle, d’une peau naturelle, d’un sourire, d’une allure ou simplement d’une personnalité. Sur ce terrain-là, Maëllys Ngo Mboui porte peut-être un message différent : celui d’une beauté qui n’a pas besoin d’artifice excessif pour être distinguée. Il faudra désormais laisser les influenceurs, les commentateurs et le public interpréter cette soirée à leur manière.

Certains verront dans cette victoire la consécration d’une Camerounaise de la diaspora ; d’autres y verront le signe d’une nouvelle ouverture du concours. D’autres encore continueront probablement à s’interroger sur la pertinence de faire représenter le Cameroun par une jeune femme ayant grandi à l’étranger. Toutes ces lectures pourront nourrir le débat. Mais une chose demeure ; Maëllys Ngo Mboui est désormais Miss Cameroun 2026. Le jury a fait son choix, et la couronne lui a été remise.
Il lui appartient maintenant de démontrer que la véritable valeur d’une couronne ne réside ni dans son éclat, ni dans son origine, ni même dans les circonstances de son attribution, mais dans la manière dont celle qui la porte saura l’assumer. Et peut-être que la couronne tombée quelques secondes après avoir été posée sur sa tête nous offre finalement une belle métaphore ; une couronne peut tomber ; l’essentiel est de savoir la relever, la porter et donner un sens à ce qu’elle représente.
Il faut tout de même dire que cette édition laisse, une fois encore, un goût amer. L’année dernière, la candidate de la diaspora avait été isolée ; cette année, elle a remporté la couronne. Mais elle ne vit pas au pays et ne sera donc pas quotidiennement auprès de ses compatriotes. C’est tout de même désolant, car il ne faut pas oublier qu’il s’agit de deux réalités culturelles différentes. Une candidate qui participe au concours au Cameroun ne dispose pas nécessairement des mêmes moyens que celle issue de la diaspora, qui vit généralement dans un environnement offrant davantage de ressources et de possibilités. La lauréate vit en Europe ; ce n’est vraiment pas la même culture. Nos valeurs africaines veulent que l’on ne prenne que très rarement la parole devant nos aînés, et surtout devant les hautes personnalités. Or, dans la diaspora, cette barrière culturelle est moins présente, les jeunes s’émancipent intellectuellement dès le bas âges ; les candidates sont davantage à l’aise lorsqu’elles prennent la parole devant un micro et un public.
Il faut tenir compte de cet aspect des choses. On sanctionne régulièrement celles qui ont buffer devant le parterre de personnalités. Il faut donc revoir les choses en profondeur et tenir davantage compte des différences culturelles et des conditions dans lesquelles chaque candidate évolue. C’est donc, à mon sens, la candidate du terroir qu’il faudrait davantage valoriser. Il faudrait également réfléchir à la participation des candidates de la diaspora et à la question de l’égalité des chances. C’est un peu comme si l’on demandait à un footballeur camerounais évoluant au plus haut niveau en France, en Italie ou en Angleterre de venir rivaliser avec le meilleur joueur évoluant au Cameroun : les conditions de préparation, les infrastructures, l’encadrement et les moyens disponibles ne sont pas nécessairement les mêmes.

On pourrait faire le même parallèle avec un chanteur camerounais installé en France ou avec un boxeur camerounais évoluant aux États-Unis : les environnements dans lesquels ils évoluent peuvent offrir des moyens et des opportunités très différents. Il faudrait donc peut-être revoir le fonctionnement de cette compétition sur ce point précis, afin de garantir une véritable égalité des chances entre les candidates.
Une autre possibilité serait d’envisager deux catégories distinctes : une couronne pour les candidates résidant au Cameroun et une autre pour celles de la diaspora. Cela permettrait de reconnaître les mérites des unes et des autres sans nécessairement les placer dans une compétition où leurs conditions de préparation et leurs environnements peuvent être différents. Mais qu’à cela ne tienne Maëllys Ngo Mboui a honoré la diaspora. La couronne est désormais entre ses mains.
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