MRC-MINAT : la guerre des lettres est déclarée
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Cameroun - MRC-MINAT : la guerre des lettres est déclarée

Le MRC dénonce le refus du MINAT de reconnaître sa convention et accuse Paul Atanga Nji de tentative de déstabilisation. Découvrez les dessous de cette guerre des lettres.

Une simple lettre de transmission de documents transformée en « requête » refusée : le MRC dénonce une manœuvre politique du ministre Paul Atanga Nji et accuse le régime de vouloir déstabiliser l'opposition à l'approche des élections.

Cameroun : le MRC dénonce une tentative de déstabilisation après le refus du MINAT de reconnaître sa convention

Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) accuse le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, d'avoir transformé une simple lettre de transmission en un refus d'autorisation, dans une manœuvre qualifiée de « tentative de déstabilisation » à l'approche des élections législatives et municipales de 2027.

Une convocation qui cache un refus

Tout commence le jeudi 27 août 2026, à 11h07. Le secrétaire général adjoint n°1 du MRC reçoit un appel du Ministère de l'Administration territoriale (MINAT). On l'invite à se rendre disponible pour retirer une lettre adressée au parti. Le retrait s'effectue le jour même.

Mais en ouvrant le courrier, la surprise est de taille. La lettre, signée par le ministre Paul Atanga Nji et adressée à Me Ndong Nveh Christopher, secrétaire général du MRC, est un refus catégorique. Le ministre indique n'avoir pas pu « réserver une suite favorable » à la « requête » du parti, en raison du « non-respect de l'obligation de déclaration telle que prévue par l'article 3, alinéa 2, de la loi n° 90/055 du 19 décembre 1990 ».

« Comment une lettre de transmission peut-elle devenir une requête ? »

Le MRC n'a pas tardé à répondre. Dès le vendredi 28 août 2026, une lettre de riposte est déposée auprès du ministre. Le parti y pose une question qui résume toute la controverse : « Comment, d'ailleurs, une lettre de transmission de documents peut-elle devenir une requête ? »

Pour le MRC, la qualification juridique opérée par le MINAT est abusive. Le parti estime que le ministre a délibérément requalifié un simple document de transmission en demande d'autorisation pour pouvoir opposer un refus fondé sur la loi régissant les réunions publiques.

Un refus qui remet en cause la présidence de Maurice Kamto

Cette lettre du 19 août 2026 n'est pas un acte isolé. Elle s'inscrit dans un bras de fer plus large entre le MINAT et le MRC. Le ministre Paul Atanga Nji, dans une correspondance adressée à Joseph Thierry Okala Ebode un ancien membre du Directoire du MRC exclu du parti , avait déjà indiqué ne pas vouloir « prendre acte des travaux de la Convention extraordinaire du MRC du 21 décembre 2025 ».

Cette convention, organisée en visioconférence après l'interdiction par les autorités de la réunion prévue le 29 novembre 2025, avait pourtant reconduit Maurice Kamto à la présidence du parti avec 95,44 % des suffrages. En refusant de la reconnaître, le MINAT conteste la légitimité juridique de Kamto à la tête du MRC.

Le MRC hausse le ton : « Tentative de déstabilisation »

Dans son communiqué signé par Roger Justin Noah, secrétaire général adjoint n°1 chargé de la communication par intérim, le MRC ne mâche pas ses mots. Il dénonce une « tentative de déstabilisation orchestrée par le régime en place ».

« Le MRC ne laissera pas le groupe qui contrôle le pouvoir dans notre pays continuer impunément à provoquer les Camerounais », affirme Roger Justin Noah.

Le parti estime que cette manœuvre s'inscrit dans une stratégie plus large visant à « fragiliser la principale formation de l'opposition, à semer la confusion dans ses rangs et ainsi dérailler sa préparation sereine des prochaines élections municipales et législatives ».

La question de la légitimité du requérant

Le MRC souligne un point juridique crucial : Joseph Thierry Okala Ebode, à l'origine de la contestation, était déjà exclu du parti lorsqu'il a saisi le MINAT. Pour le MRC, une contestation initiée par un ancien membre ne peut servir de base à un refus administratif.

« Cette correspondance administrative, qui s'appuie sur une contestation initiée par un ancien membre en tant qu'il était déjà exclu du parti est une tentative de déstabilisation que nous dénonçons fermement », écrit le communiqué.

Un contexte électoral tendu

Cette offensive du MINAT intervient alors que le MRC affiche une montée en puissance. Selon des sources proches du parti, 230 nouvelles unités ont été créées depuis janvier 2026 et 2 300 nouveaux militants recrutés en six mois.

« Cette manœuvre s'inscrit dans un contexte où le MRC est en pleine expansion. Le régime a peur de cette montée en puissance et utilise tous les moyens pour freiner l'élan de l'opposition », analyse un observateur politique basé à Yaoundé.

Le MRC accuse le RDPC de vouloir « installer dans l'opinion l'illusion d'une large victoire à venir sur tapis vert ». Une accusation grave qui traduit la défiance totale entre le pouvoir et la principale formation de l'opposition.

Quelles conséquences pour le MRC ?

La non-reconnaissance de la convention par le MINAT pourrait avoir des conséquences pratiques : le ministère déclare ne pas reconnaître toutes les instances issues de cette convention extraordinaire présidium, directoire national, comité de médiation et d'arbitrage.

Pour l'administration, seules restent valables les instances issues de la 3e convention ordinaire du MRC, tenue les 9 et 10 décembre 2023 au Palais des Congrès de Yaoundé.

Mais le MRC assure qu'il ne reculera pas. « Le MRC ne reculera pas », martèle le communiqué. Le parti appelle ses structures nationales et de la diaspora à poursuivre « sereinement » leur mobilisation en vue des élections.

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