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© Correspondance : Par Joël Constant Tchoegnia
- 12 Aug 2026 15:07:03
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Gouvernance : les Camerounais floués par les promesses fallacieuses de Paul Biya
Déclaré vainqueur de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 par le conseil constitutionnel, (acquis à sa cause), ce que sert le chef de l’Etat est loin des attentes du peuple. Le mandat placé sous le signe de l’espérance, vire progressivement au désenchantement. Les premiers signaux sont très inquiétants.
Les Camerounais ne savent plus à quel saint se fier. Élu pour un huitième mandat à l’issue de la présidentielle du 12 octobre 2025, c’était la dernière chance à Paul Biya de procurer le mieux-être au peuple pour la plupart vivant dans l’indigence. Mais, quelques mois seulement après son investiture, le contraste entre les promesses affichées et la réalité vécue par les Camerounais alimente déjà frustration, inquiétude et désillusion.
Au pouvoir depuis 1982, le chef de l’État, âgé de 93 ans, entretient une présence de plus en plus distante au sommet de l’État. Son absence prolongée du Cameroun, après un départ présenté comme un « court séjour privé », nourrit les interrogations sur l’exercice effectif du pouvoir et sur la capacité de l’exécutif à répondre aux urgences auxquelles le pays est confronté.
L’arrêt, en juillet 2026, des activités du navire-usine HILLI Episeyo, exploité par l’armateur norvégien Golar LNG, après huit années de production au large de Kribi, constitue l’un des dossiers qui interrogent la capacité d’anticipation des pouvoirs publics.
Spécialisé dans la liquéfaction du gaz naturel destiné notamment à la consommation domestique, le navire a joué un rôle important dans l’approvisionnement énergétique du pays. Or, après plus de quatre décennies de gouvernance du même régime, les autorités camerounaises n’ont, semble-t-il, pas réussi à assurer à temps le renouvellement de ce contrat ou à mettre en place une solution alternative suffisamment solide.
Une situation qui pourrait avoir des conséquences aussi bien sur les recettes fiscales que sur le quotidien des ménages. Car derrière les contrats, les chiffres et les décisions administratives, ce sont les consommateurs qui risquent, une fois de plus, de payer la facture à travers les difficultés d’approvisionnement et les éventuelles perturbations de la fourniture d’électricité.
Cette situation interroge d’autant plus que l’État camerounais a investi des centaines de milliards de francs CFA dans les infrastructures énergétiques de Kribi et de Dibamba, notamment à travers les centrales exploitées par Globeleq, via sa filiale Kribi Power Development Company (KPDC).
Dès lors, une question s’impose : quelles dispositions le ministère de l’Eau et de l’Énergie a-t-il prises pour éviter que les ménages camerounais ne renouent avec les longues périodes de délestage ?
Mbalam-Nabeba : une facture qui pourrait coûter très cher
Autre dossier particulièrement préoccupant : le contentieux opposant le Cameroun à la société minière australienne Sundance Resources autour du projet de fer de Mbalam-Nabeba, considéré comme l’un des plus importants gisements de fer inexploités du continent africain.
Sundance Resources a annoncé avoir remporté une procédure d’arbitrage devant la Chambre de commerce internationale (CCI). Le tribunal arbitral aurait accordé à la société environ 616 millions de dollars américains, soit près de 350 milliards de francs CFA, au titre des dommages et intérêts.
Une décision lourde de conséquences pour les finances publiques camerounaises. Le dossier soulève d’autant plus de questions que, sur ce même projet, la République du Congo a, de son côté, obtenu gain de cause dans une procédure arbitrale distincte l’opposant à Sundance Resources en janvier 2026 devant la même institution. Pourquoi le Cameroun se retrouve-t-il alors confronté à une facture aussi lourde ? Quelles erreurs ont été commises dans la gestion de ce dossier ? Et surtout, qui devra finalement supporter le coût de cette décision ?
Quand l’État demande aux citoyens de payer la facture
Pendant que ces dossiers mettent à rude épreuve les finances publiques, le gouvernement sollicite la mobilisation de la diaspora camerounaise pour contribuer à la réduction de la dette nationale.
L’appel, relayé par le ministère des Finances, peut légitimement susciter des interrogations. La diaspora est certes un acteur essentiel du développement du Cameroun. Mais peut-on durablement demander aux citoyens établis à l’étranger de contribuer davantage au financement d’un État dont la gestion des ressources, des contrats et des grands projets soulève autant de questions ?
Le problème n’est donc pas seulement financier. Il est aussi politique et institutionnel. Après plus de quatre décennies au pouvoir, les Camerounais sont en droit d’attendre de leur gouvernement davantage d’anticipation, de transparence et de responsabilité dans la gestion des affaires publiques. Le huitième mandat de Paul Biya devait ouvrir une nouvelle page. Pour l’heure, entre incertitudes énergétiques, contentieux miniers et pression croissante sur les finances publiques, cette nouvelle page ressemble davantage à un chapitre d’inquiétude
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