Paul Biya défie la brigade Anti-sardinard
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Le président de la république est en suisse depuis dimanche dernier alors que sa présence dans ce pays est encline à des mouvements d’humeurs.

On le croyait interdit de séjour en Suisse. Que non ! Le président de la République avait juste opté d’être casanier. Depuis 2019, le chef de l’État n’avait plus fait de déplacement pour la Suisse, un pays qu’il avait pourtant l’habitude de visiter plusieurs fois par an. Une option qui a donné l’impression que Paul Biya redoutait d’être pris à partie par la diaspora extrémiste qui a pris l’habitude de manifester devant son hôtel en Suisse. Dimanche dernier donc le président de la République a regagné la Suisse au moment où on s’y attendait le moins. Une véritable bravade pour la Brigade antisardinard qui avait laissé croire que le chef de l’État était interdit de séjour en Europe.

« La BAS n'a pas pu empêcher le Chef de l'État d'entrer à l'hôtel Intercontinental. Demain ils iront là-bas pleurnicher sans même le voir. Quel échec », ironise Alain Roosevelt Tidjio, député suppléant à l’Assemblée nationale. Si certains y voit un défi lancé aux mouvements extrémistes de la diaspora, d’autres voient mal le chef de l’État se préoccuper de ce genre d’évènements. « Pour peu que l'on connaisse le président Biya, on sait qu'il ne se préoccupe que très peu de ce que les gens et notamment les Camerounais pensent. Il est donc certainement à Genève pour ses affaires comme il en a pris l'habitude tout au long de son règne. C'est plutôt la BAS elle-même qui s'est lancé un défi. Paul Biya ne les calcule même pas. Il y a une éternité qu'il a cessé de calculer les Camerounais », analyse Brice Stephane Avele, chercheur associé au Harriet Tubman Institute de Toronto.

Le politologue Aristide Mono pense qu’il y a des antécédents avec la BAS, mais le président a fait un voyage de routine pour Genève. « Parler de défis c'est donner l'illusion d'une confrontation préparée par le président contre la BAS. Certes il y a des antécédents qui peuvent laisser prospérer la thèse d'un défis, notamment les précédents mouvements de la BAS à Genève et à Lyon suivis des mises en garde ou ultimatum de cette diaspora radicale seulement le déplacement du président est loin de rentrer dans cet antagonisme que veut la BAS.

D'ailleurs quel serait la plus-value d'une telle initiative venant du président. Non, il ne s'agit pas d'un défi mais simplement un voyage qui s'inscrit dans les raisons routinières des voyages privés du chef de l'État. Par contre côté BAS, après une réduction des séjours européens du président il s'agit effectivement d'un défi dans la mesure où ce voyage apparaît comme une mise à rude épreuve des menaces de ce mouvement politique qui pensait avoir interdit tout voyage étranger au président.

C'est pourquoi il semble plus engagé dans la confrontation que le président. Autrement, le défi c'est du côté de la BAS. Maintenant la grande question reste la capacité du président camerounais à empêcher les troubles et à ne pas subir la contrainte de pression de la BAS au point de plier ses bagages avant l'heure », argumente Aristide Mono.

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