Présidentielle: Mohamed Bazoum: Un exemple d’engagement, loyauté, fidélité pour la gauche Africaine
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NIGER :: Présidentielle: Mohamed Bazoum: Un exemple d’engagement, loyauté, fidélité pour la gauche Africaine

Les Nigériens retourneront aux urnes le dimanche 21 février pour choisir entre l’ancien Président Mahamane Ousmane et Mohamed Bazoum, le Président du PNDS (Parti Nigerien pour la Démocratie et le Socialisme), le parti du Président sortant, Mahamadou Issoufou. Dans ce duel du second tour, je soutiens Mohamed Bazoum, non seulement parce qu’il est un ami, un camarade issu de la gauche démocratique africaine, mais surtout parce que je suis admiratif de son parcours militant, de ses qualités intrinsèques et de ce que le président Issoufou a pu réaliser au Niger cette dernière décennie, malgré les limites.

Je m’intéresse beaucoup à la scène politique Nigérienne, où je compte de nombreux amis aussi bien au sein de l’opposition, de la société civile et que du pouvoir. Ces amitiés datent d’Août 1995 quand je fus invité au Congrès de l’USN à Tahoua dans le centre du pays. Plus tard en octobre 1995, je fus expulsé du Burkina pour le Niger. Une semaine après mon arrivée, je fus convoqué avec mes deux camarades chassés du Burkina, à la DST à Niamey. Le Directeur de la DST après un interrogatoire de plusieurs heures portant sur les « raisons de notre présence sur le territoire Nigérien», nous informe qu’il a reçu « l’ordre du gouvernement de nous faire quitter le territoire sous 48h».  Nous sommes sonnés ! A la sortie de la DST, nous empressons de porter l’information dont l’ANDDH et l’Union des Scolaires Nigériens, dont les dirigeants répercutent très efficacement l’information auprès d’autres organisations démocratiques. En quelques heures des communiqués enflammés de diverses organisations de la société civile, pleuvaient sur les radios privées pour « dénoncer et condamner fermement et avec la dernière énergie l’expulsion d’étudiants camerounais… ». Cette levée de bouclier amena le gouvernement de Hama Amadou à suspendre la mesure d’expulsion…J’ai plus tard quitté le pays, mais je suis resté très connecté à sa classe politique et à sa société civile… C’est depuis cette période que je connais Mohamed Bazoum dont je peux parler dans les lignes suivantes.

Ceux qui suivent l’actualité politique du Niger savent que ce qu’il convient d’appeler le phénomène Bazoum, est loin d’être une génération spontanée. J’ai entendu quelques personnes dire sur les réseaux sociaux que «la France veut imposer Bazoum aux Nigériens ». Rien n’est plus faux ! L’opposition politique a complètement abandonné le terrain ces dernières années, si bien que les résultats du PNDS aux municipales, législatives et présidentielles de décembre ne surprennent aucun observateur averti de la scène politique nigérienne. Si Mohamed Bazoum se trouve aujourd’hui aux portes du palais présidentiel, c’est selon moi parce qu’il a su cultiver en trois décennies de militantisme, certaines qualités qui sont devenues très rares dans la galaxie de la gauche Africaine.

- Sa contribution à la construction d’un appareil politique fort comme instrument de conquête du pouvoir : Le PNDS

Lorsque des progressistes Nigériens se rassemblent à Niamey en Décembre 1990 pour créer le PNDS, Mohamed Bazoum, jeune enseignant de philosophie et syndicaliste radical, en devient le secrétaire Général Adjoint. Comme tous ces partis nés en Afrique francophone dans la mouvance du « vent de L’Est » qui souffle sur le continent, le parti-Etat au pouvoir au Niger et les tenants du statu quo font feu de tout bois pour discréditer cette initiative.

Le PNDS qui est assimilé par certains au début des années 1990 comme un « parti d’intellectuels, de rêveurs, d’illusionnistes », est pratiquement devenu, depuis plusieurs années, le 1er parti politique du Niger de par ses scores électoraux et l’engouement populaire qu’il suscite. Le MNSD Nassara et la Convention démocratique et sociale(CDS-Rahana), jadis considérés comme de grands partis, ont pendant ce temps, éclaté en mille morceaux engendrant de dizaines d’autres formations politiques à la représentativité extrêmement localisée.

Si le PNDS est incontestablement devenu le 1er parti du Niger, ce n’est pas du fait du «concassage» des autres partis comme l’estiment certains opposants à Niamey, mais c’est parce qu’il a su se doter d’un état-major politique cohérent depuis ses débuts, c’est à dire un ensemble de personnes partageant la même orientation idéologique et la même vision politique et poursuivant le même objectif : la conquête et la gestion du pouvoir d’Etat ! C’est cette solidité politique et idéologique des pères fondateurs du PNDS qui fonde la stabilité et le développement du parti qui a porté Issoufou au pouvoir en 2011 et qui est en passe de consacrer Bazoum à la présidence de la République. En jetant un coup d’œil sur la composition du Présidium du PNDS, on note qu’il est constitué majoritairement de ses membres fondateurs (Mohamed Bazoum, Foumakoye Gado, Kané Souleymane, Karidjo Mahamadou, Katambé Issoufou, Massaoudou Hassoumi, etc.) qui maitrisent parfaitement le centralisme démocratique, l’art de la critique et de l’autocritique, qui permettent à l’organisation et ses dirigeants de se remettre régulièrement en cause et de corriger les défaillances et d’avancer vers: C’est ce qui confère une stabilité certaine a ce parti 30 ans après !

Et depuis que Bazoum a succédé à Mahamadou Issoufou à la tête du parti, je suis particulièrement impressionné par le travail d’implantation et d’organisation qu’il a abattu sur le terrain, dans tous les coins du Niger pour faire du PNDS un parti de masse...

- Un Homme pragmatique et antidogmatique…

 « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, ce qui importe, c’est de le transformer » proclame » Karl Marx dans sa onzième thèse sur Feuerbach. C’est cette pensée du père du Marxisme qui guide l’engagement politique de Mohamed Bazoum. C’est ce qui le décide d’ailleurs de quitter la posture de leader syndical pour l’avant-gardisme politique au sein du PNDS. Brillant orateur et grand débatteur, il a toujours su allier la théorie à la pratique, prenant le contre-pied du bavardage stérile de nombreux philosophes qui dans leurs salons douillets « ne font qu’interpréter le monde ». Il s’est installé durablement sur le terrain, multipliant des tournées depuis des années pour l’organisation multiforme des masses populaires.

-Sa loyauté et sa fidélité à son parti…le refus de la trahison

Lors du meeting de lancement de la campagne pour le second tour de la présidentielle au Centre international de conférence de Niamey, le 07 février 2021, Sanoussi Jackou, un mastodonte de la politique Nigérienne, a déclaré que « dans la période de 1993-1996 les régimes qui se sont succédé ont mis des bouchés doubles pour essayer de débaucher Mohamed Bazoum du PNDS, dans l’objectif avoué de fragiliser Issoufou, en vain ». En effet, en pleine crise politique en 1994-1995, née de la difficile cohabitation au sein de l’AFC entre le Premier Ministre Issoufou et le président de la République d’alors, Mahamane Ousmane, ce dernier et son parti vont approcher nuitamment plusieurs cadres du PNDS dont Mohamed Bazoum et Foumakoye Gado pour leur proposer le poste de premier ministre auquel Issoufou vient de démissionner, dans le but de casser la cohésion au sein du PNDS. Mohamed Bazoum, Foumakoye Gado et tous les dirigeants du PNDS approchés refusent l’offre...

Après le coup d’Etat de Baré Mainassara en Janvier 1996 qui a mis fin au régime de la cohabitation, le chef de la junte prit gout au pouvoir et entreprit de débaucher Mohamed Bazoum pour renforcer sa candidature.  Bazoum refusa de tourner le dos au PNDS et démissionna avec fracas du gouvernement...

- Un altruisme et une générosité politiques rarement vus ailleurs en Afrique Francophone

En février 2015 alors qu’il est Ministre des Affaires étrangères, il quitte à sa demande le gouvernement, soit un an avant l’élection présidentielle de Février 2016, pour se consacrer entièrement à la campagne pour la réélection du Président Issoufou. Il sillonne l’ensemble du pays du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest pour réorganiser son parti et défendre le Bilan du régime de la Renaissance et assurer la réélection du Président Issoufou. Ce dernier manque de justesse, de réaliser le « coup -KO » au premier tour en obtenant plus de 48% des suffrages !!

Après la réélection de Issoufou avec plus de 82% de voix au second tour, tout le monde à Niamey voit Mohamed Bazoum à la Primature, en tant que Président du PNDS et artisan de la réélection du Président. Dans le gouvernement d’Avril 2016, Bazoum atterrit plutôt au poste de numéro 2 du gouvernement, Ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, de la Sécurité Publique, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières et Religieuses ; un super ministère en fait. Les bruits courent à Niamey que « Bazoum est fâché avec Issoufou», mais c’est mal connaitre l’Homme Bazoum, pour qui l’intérêt personnel a toujours été placé très loin derrière les intérêts du Niger et les intérêts de son parti, le PNDS !

- Un Homme politique aux mains propres…

Mohamed Bazoum totalise une expérience ministérielle de plus de 10 années cumulées entre 1993 et 2020. Il est plutôt rare dans nos pays, qu’une telle longévité ministérielle ne soit accompagnée de diverses casseroles. Quelques personnes malveillantes avaient essayé de l’impliquer, il y a quelques années, dans une lugubre affaire de « trafics de passeports diplomatiques nigériens ». Il n’en était rien et « l’affaire » se révéla très vite être un pétard mouillé.

Mohamed Bazoum est un homme propre dont le nom n’est jamais apparu dans les affaires sales de la République. Ne pouvant s’attaquer à la moralité de cet homme intègre, une certaine opposition à Niamey, en manque de programme et cherchant des raccourcis pour revenir au pouvoir, n’a rien trouvé d’autre que de s’attaquer à la Nationalité du Président du PNSD. Bien évidemment, c’était encore un pétard mouillé dans le fleuve Niger, puisqu’ils ont été débouté par la Cour constitutionnelle du Niger.

- Un Homme de Dialogue, franc, ouvert et convivial.  

Il est d’une courtoisie extraordinaire, dialogue volontiers et ne passe jamais par quatre chemins pour donner son opinion lorsqu’il n’est pas d’accord. Ce dernier trait ne plait évidemment pas à tout le monde à Niamey ou certains le trouve « trop direct ».  Mohamed Bazoum n’élude aucun sujet, même ceux qui peuvent fâcher, comme l’emprisonnement de quelques membres de la société civile. Je l’ai contacté il y a quelques années pour m’inquiéter de l’arrestation de quelques membres de la société civile à Niamey. Nous avons longuement échangé sur la question avec le franc parler qu’on lui connait. Nous n’étions pas sur la même longueur d’onde. Il aurait pu m’envoyer balader, comme ces amis qui prennent la grosse tête une fois arrivé au pouvoir avec des déclarations du genre « nous n’avons pas de comptes à te rendre », mais nous avons discuté cordialement. Il avait ses arguments, contre lesquels j’opinais que les « membres de la société civile sont plus nuisibles en prison qu’en liberté ». C’était une bonne discussion !

Ce texte que je voulais court est déjà assez long. Je voudrais continuer à disserter sur les qualités de Mohamed Bazoum que ce petit témoignage prendrait des dizaines de pages.

Pour le progressiste Africain que je suis, la trajectoire politique de Mohammed Bazoum force le respect et l’admiration. Bazoum est la preuve que dans la lutte pour la conquête du pouvoir la ruse, la transhumance et les trahisons ne sont pas les passages obligés vers la quête du pouvoir. Mohamed Bazoum nous montre que la conquête du pouvoir est une preuve de patience, de sacrifices, de don de soi, de fidélité à ses idéaux et à son organisation. Il doit son ascension à la sincérité de son engagement et à la solidité de ses convictions politiques. Et c’est une belle leçon pour toute la gauche Africaine.

Je pense qu’un Homme qui a toutes ces qualités que je viens de décrire, sera un bon Président de la République.

Ce dimanche 21 février, Je voterais pour Bazoum…!

Comme je le disais déjà en 2016 lors de l’opposition Mahamadou Issoufou-Hama Amadou au second tour, il s’agit, cette année encore, de choisir entre les forces du passé et les forces du futur, entre les passéistes nostalgiques et les forces du progrès !

 

Tene SOP

Militant Panafricaniste

Secrétaire General du Conseil national pour la Résistance- Mouvement Umnyobiste

Membre du Réseau des organisations de la Gauche Africaine (ALNEF)

 

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