CAMEROUN :: Paris-Yaoundé : L’époque du « meilleur élève » avec François Mitterrand :: CAMEROON
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  • Mutations : Michel Ferdinand
  • jeudi 27 février 2020 00:22:00
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Juin 1990. Au sortir d’un entretien avec François Mitterrand qui vient de définir les nouveaux contours de la coopération avec l’Afrique francophone, au sommet de la Baule, Paul Biya veut se démarquer de ses pairs africains. « Je ne crois pas démentir la pensée du président (François Mitterrand) qui pense que je suis le meilleur élève », déclare le président camerounais aux journalistes qui l’approchent sur le perron de l’Elysée.

Une réponse aux exigences de son homologue français, qui conclut son discours solennel d’ouverture des travaux de ce sommet, en indiquant que la France « liera son effort de contribution aux efforts qui seront accomplis pour aller vers plus de liberté ». Paul Biya croit avoir pris une longueur d’avance en la matière.

Le vent de libéralisation de la vie sociale et de la démocratisation de la vie politique souffle sur l’Afrique et ailleurs, depuis la chute du mur de Berlin en novembre 1989. Paul Biya a de l’admiration pour François Mitterrand. L’homme d’Etat d’obédience socialiste - décédé plus tard le 8 janvier 1996 - qui a séjourné à l’Elysée pendant deux mandats (1981-1995).

Cet homme politique énigmatique pèse de tout son poids pour rétablir les relations entre Paul Biya et son prédécesseur. Au moment où le bicéphalisme né de la démission d’Ahmadou Ahidjo plombe la marche des institutions. C’est ainsi que Paul Biya effectue un voyage officiel en France, le 10 mai 1983 ; avant de recevoir M. Mitterrand les 20 et 21 juin du mois suivant. Le successeur constitutionnel d’Ahidjo vient d’être adoubé. Il bénéficiera par ailleurs de la protection de Paris au lendemain de la tentative du coup d’Etat du 6 avril 1984 visant à renverser le régime de Yaoundé.

Reste qu’en septembre 1986, Paul Biya, en visite en Allemagne, se montre révolutionnaire, en tendant la main à ses hommes d’affaires. « Le Cameroun n’est la chasse gardée de personne, ni d’aucune puissance », rassure-t-il. Cependant, il ignore que les caisses de l’Etat vont rapidement se vider du fait de la récession économique.

Le Cameroun est alors obligé de « se prosterner » devant François Mitterrand, pour qu’il soutienne son dossier devant les institutions de Bretton Woods, quant à la mise sur pied d’un programme d’ajustement structurel entré en vigueur en 1988.

27févr.
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