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Cameroun, Livre : POURQUOI ECHOUONS-NOUS SOUVENT DANS NOTRE VIE OU COMMENT CONSTRUIRE SA VIE ?  :: CAMEROON
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  • Correspondance : FOTSING NZODJOU, Ecrivain, Entrepreneur, Homme De Culture Et Coordonnateur Du CLUB AFRIQUE VISION
  • lundi 04 juin 2018 08:00:54
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Cameroun, Livre : POURQUOI ECHOUONS-NOUS SOUVENT DANS NOTRE VIE OU COMMENT CONSTRUIRE SA VIE ? :: CAMEROON

Conseil à la jeunesse, je partage mon expérience. Extrait du Chapitre 8 de mon futur livre. Par Nzodjou Fotsing. Tout petit déjà, chacun de nous fut animé de très grands rêves. Mais au fur à mesure que nous grandissions, nous nous rendîmes compte que la vie était complexe que ce que nous eûmes imaginé.

L’école qui était censée être, pour nous, la clé du succès, nous apparaissait de plus en plus intitule ce d’autant plus que nos aînés qui sont passés, pour la majorité n’y avaient pas tiré grand profit pour la majorité d’entre eux. Ils vivaient dans la rue, entre débrouillardise et incertitude quotidienne. Demain était un rêve inaccessible et inimaginable sinon impensable pour eux. Cependant, même à un avance dit avancé, pour peu que l’on soit conscient que la vie n’est point facile, le rêve est permis tout en ayant de grands projets pour la vie.

AVOIR UN PROJET SUFFIT-IL POUR REUSSIR SA VIE ?

Si l’on interrogeait l’humanité pour savoir les porteurs de projets, l’on se rendrait compte que du plus lucide au plus sot, du plus jeune au plus âgé des hommes, chacun est porteur d’un projet. Mais comme je l’affirme très souvent au cours de nos formations en entreprenariat, avoir une idée ne fera pas de quiconque un porteur de projet car ce dernier est bien au-delà de l’idée. Ceci est donc pour dire que généralement, nous n’avons que des idées et non des projets. Et quand bien même nous avons un projet ou une idée, puisque que chacun de nous en a toujours au moins un ou une, le plus difficile, le facteur le plus ardu qui fera de nous des devanciers est de cultiver en nous la capacité de réaliser ce projet tout en acceptant d’en payer le fort prix que sont les sacrifices à consentir, les obstacles à surmonter et autres dysfonctionnements liés aux imprévus.

Ceux qui se démarquent immanquablement dans la vie ne sont pas des personnes qui ont des idées et des projets, mais plutôt celles qui les réalisent de façon concrète. Ce sont celles-là qui marquent et entrent dans l’histoire par la grande porte. Un penseur en économie n’est jamais plus valeureux qu’un économiste qui possède des industries. Alors, avoir un projet n’est pas une réussite, mais c’est plutôt son implémentation qui en est une.

LE TEMPS DU SACRIFICE, CE QUI NOUS MANQUE LE PLUS

Un village connut cinq années d’une terrible sécheresse. Il ne restait qu’un seul sac de maïs dans le grenier communautaire. Lorsque vint la première plus, le chef du village, en toute sagesse recommanda que ce sac de maïs fut semé afin qu’il produisit des tonnes pour les années à venir et que jamais le village ne souffrit de famine. Belle illustration de la sagesse mais de la vision économique du vrai meneur d’hommes ! A l’inverse, un chef insensé aurait immédiatement distribué le contenu du sac aux populations de peur qu’elles ne meurent de faim ou alors d’éviter un soulèvement de celles-ci mais alors le grenier communautaire s’en trouverait vide à jamais ! Toutefois, si cet unique sac de maïs est semé, les gens mourront certes dans le village comme ils l’auraient été s’il était consommé. Mais la sagesse a prévalu en optant pour la culture du maïs car la population mis au parfum de l’acte de sagesse du chef du village, auraient trouvé des substituts en se nourrissant d’arbres, de fourmis et autres menus bêtes. Les plus faibles mourront mais les plus robustes résisteront certainement en attendant les quatre mois de germination et de récolte du maïs. Chacun pourra alors s’en nourrir sans criante du lendemain et le grenier communautaire s’en trouverait à nouveau bien fourni.

Quels enseignements tirer de cette histoire ?

Ce dernier sac de maïs corresponde à vos petits revenus, la semence correspond à votre investissement, la nutrition par les plantes correspond à l’endurance, le courage, la témérité et les morts correspondent à vos amis, vos frères, votre famille qui vous lâcheront ou se moqueront de vous durant cette période de sacrifice. Mais une fois la période traversée, et que votre affaire devienne fleurissante, le sourire reviendra chez vous. Un seul jour de bonheur fait oublier dix ans de galère. Nous devons choisir entre consommer un repars par jour durant toute notre vie, ou prendre un temps pour consommer un repas tous les deux jours pour par la suite consommer 3 repas par jours et durant le reste de notre vie.

Ce temps est très capital dans la vie d'un jeune, et c'est le refus d'avoir pris ce temps dans le passé qui nous montre ce spectacle pathétique d’hommes âgés dormant dans nos rues. Ce temps peut durer un mois, un an, dix ans voire plus en fonction des objectifs que l’on s’est fixés dès la base, dès le départ.

On ne peut réussir perpétuellement sa vie sans connaître de périodes de pénitence. Celles-ci peuvent émaner des contraintes sociales ou programmées personnellement après une véritable prise de conscience.

Beaucoup ne se donnent pas ce temps sous prétexte qu'on ne sait pas quand on va mourir et qu'il faut profiter du présent. Une raison aveuglée par la misère et l'incertitude d'une vie abandonnée parfois entre les mains d'un Dieu ou d'un ses multiples « serviteurs » que sont les pasteurs, prêtres, apôtres, prophètes, iman, guides religieux, gourous, et que sais-je d’autres !

LA REUSSITE ARRIVE TOUJOURS UNE FOIS L'ETAPE DE L'IGNORANCE FRANCHIE.

La véritable cause de l'échec de notre vie réside dans notre ignorance. Dans le refus de sacrifier un temps, même après une prise de conscience, beaucoup continuent de vivre pour satisfaire le regard d'autrui oubliant que le meilleur bonheur reste et demeure la satisfaction que nous avons de nous-même. Plusieurs personnes vivent dans le mensonge contre eux-mêmes. Certains vivent en couple avec des partenaires que l’on n’aime. D’autres ont des problèmes de santé qu’ils cachent, font semblant de bien vivre alors que la vérité est qu’ils n’ont même pas où se loger. Certains se présentent sur des réseaux sociaux comme des bourgeois avec des photos prises dans des salons chics ou des balcons luxueux alors que son dortoir est à l’image des cellules de la prison de Douala. Ces vices qui nous coûtent très chers sont souvent à l’origine de notre incapacité de tout recommencer lorsqu’on s’en rend compte qu’on a échoué. Nous avons peur du « qu’en dira-t-on » surtout lorsque nous prenons de l’âge sans véritablement être en harmonie avec nous-mêmes.

Lorsque l’on a pris conscience de son échec, l’on doit remettre de l’ordre dans sa vie. Pour ce fait, il faudra être capable de se décider, de fixer des objectifs et de savoir s’y prendre pour

les réaliser. Les luxes superflus, les dépenses inutiles, les actes et actions sans bénéfices réels doivent disparaitre de notre vie pour laisser place à une organisation méticuleuse de notre quotidien.

L’addiction à la bière, au sexe, aux boîtes de nuits, restaurants, logements de luxe, longues nuits de prières, football, salariat pour le plaisir de goûter à la fraicheur d’une climatisation poussée à l’extrême, le shopping démesuré, doivent être fortement réduit ou disparaitre totalement de notre vie pour y dégager du temps jusqu’à la réussite complète, pleine et entière de notre projet.

Nous devons exploiter pleinement notre temps. Il sera question ici de ne plus mettre son temps et son énergie dans les passifs, mais plutôt dans les actifs. Tout doit être calculé. Aussi pourrait-on aisément abandonné sans regrets un appartement moderne dont le loyer coûte 80 000 CFA/mois pour un modeste studio de 25 000 CF mensuels. De même on peut abandonner un salariat de 80 000 CFA mensuels pour braver la pluie et le soleil dans la rue afin d’y chercher un capital pour son projet, tout comme quitter l’Europe pour son pays, la ville pour le village, à condition toutefois de savoir ce que l’on veut, ce que l’on recherche désormais ardemment et avec détermination. Quand on désire goûter du miel, il faut se préparer à affronter l’essaim d’abeilles !

Mais si nous continuons de rêver, de croire que les choses changeront seules ou que Dieu viendra nous aider, on finira notre vie demain comme ces octogénaires qui arpentent nos rues condamnés à vendre des aiguilles pour s’acheter leur pitance quotidienne. Lorsqu’il vous arrive de les approcher, ils vous racontent sans honte leurs exploits d’antan. Preuve qu’ils n’ont nullement pris conscience de leur situation malgré leur âge !

Chers frères et sœurs, rien n'est plus pénible qu'une vieillesse dans la misère et c'est à chacun de comprendre et de se donner à fond pour préparer l’avenir.

A QUEL AGE DEVONS-NOUS CONSTRUIRE NOTRE VIE ?

Lorsque je vins à Douala en 2006, j’y tins un petit commerce car je pris toujours la peine de mener en parallèle école et commerce. Mon frère aîné me demanda un jour de lui remettre 1 000 CFA chaque soir en guise d’épargne. Je trouvai cette demande tellement absurde que je refusai, calculant que trois ans d’épargne devraient me rapporter 1 000 000 CFA ! Je me dis qu’en trois ans d’épargne, je pourrai m’offrir sans coup férir un terrain. Naïvement, je cru qu’en trois ans, je serai millionnaire car pressé que j’étais d’être aussi un « grand » parmi les « grands » d’alors ! En 2009, soit trois années après cette fameuse demande de mon aîné, je fus dans l’incapacité totale de trouver 350 000 CFA pour m’acquitter des frais de scolarité à l’ISP. N’eût été la bourse du PAD (Programme d’Assistance aux Démunis), je n’aurai jamais goûté aux joies d’une scolarité cette année-là ! Aujourd’hui, douze ans ont passé, et les multiples voyages hors du Cameroun à la recherche d’une vie prétendument meilleure, m’ont ramené au point de départ c’est-à-dire à l’instant zéro.

J’en suis réduit à recommencer à épargner un peu d’argent chaque jour pour préparer un avenir que j’ai refusé de voir à travers la demande de mon frère aîné il y’a 12 ans. Ah si j’avais eu la patience et l’intelligence d’écouter mon aîné, nul doute que j’aurai accompli de grandes choses à ce jour !

En effet, il n’y a point d’âge défini pour bâtir sa vie ou se bâtir soi-même. Celle-ci peut être construit à tout âge 15, 20, 30, 50 ans voire même plus à la seule condition de prendre conscience et d’accepter les principes de réussite. La vision, le travail, la patience.

Quand on a déjà atteint un certain âge et qu’on n’a pas toujours réussi à réaliser ses rêves, il est très difficile d’y croire encore. D’abord, les responsabilités ont augmentées au fil du temps, mais surtout on se dit que rien n’est plus possible car on est déjà vieux pour tout recommencer à l’image d’un jeune qui embrasse la vie active. C’est une grossière erreur que de céder à de telles pensées. En effet, il est plus facile pour un adulte qui a pris conscience de réussir que pour un jeune qui vient de se lancer. Lorsque nous avons trop longtemps œuvré sans résultats, et qu‘un matin nous décidions de faire une trêve pour bien réfléchir afin de mieux nous relancer, si nous nous relançons vraiment, quelque soit l’âge, on réussira très vite parce que l’expérience du passé nous accompagne. Nous aurons la capacité d’éviter les erreurs qui ont contribué à l’échec dans notre ancienne vie.

Plusieurs de nos frères et sœurs sont restés improductifs en Europe après 5, 10, 20 ou même 30 ans de vie. Ils manquent ainsi de courage pour rentrer au pays et s’y relancer paralysés par la peur du « qu’en dira-t-on », la honte bue des nombreux regards interrogateurs de leur entourage et de ceux qui ayant échoués localement, trouvent nettement leur condition meilleure que ceux de ces « ratés européens ». Or, si ces frères prennent leur courage et retournent au pays, ils ont seulement 3 ans pour retrouver le sourire perdu depuis des années en Europe. Alors l’âge pour bâtir sa vie n’existe pas. Il suffit juste de traverser l’étape de l’ignorance et de prendre conscience.

La misère n’est pas une fatalité, c’est à chacun de bâtir son paradis.

EPILOGUE

Naître dans la souffrance peut être la faute de mes parents ou de la société, mais, mourir dans la souffrance sera de ma faute. Les personnes qui réussissent dans leur vie sont généralement celles-là qui ayant pris pleinement conscience de leurs origines sociales, ont choisi de réussir et travaillent au quotidien pour y arriver. Mais si vous décidez de vivre au jour le jour sous prétexte que la mort va nous prendre, et que ‘’Dieu ne laisse pas mourir les oiseaux du ciel combien de fois les hommes’’ il arrivera un jour ou vous ne serez même pas capable de mourir à cause de la souffrance. Nous donnons chaque mois à Douala et Yaoundé, et bientôt en ligne des formations en entrepreneuriat pour permettre à chaque participant d’entrer dans le panier de ceux qui voient le monde autrement.

Dès aujourd’hui, prends ta vie en main et reconstruis la car il est encore temps !!!

Par FOTSING NZODJOU, Ecrivain, entrepreneur, homme de culture et coordonnateur du CLUB AFRIQUE VISION. Tel/WhatsApp : 00237 653291248 Email fotsingnzodjou@gmail.com.

Aucune vérité n’est supérieure à celle sortie des sous-bois sacrés de nepeh mem’bi’i à Balatsit, Bamendjou.

04juin
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