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© obosso.net : Sergeobee
- 04 May 2015 15:22:48
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Offre d’emploi au Cameroun : « qui t’a envoyé? »
Lorsque vous voulez accéder à un emploi, tout dépend de la mentalité de votre recruteur (analyse avec une bonne dose de clichés quand même):
- le Français posera la question: « quels sont tes diplômes? »
- l’Américain posera la question: « what can you do? » (que peux-tu faire concrètement?)
- le Chinois posera la question: « es-tu ingénieur? » (désolé, mon chinois se résume à « deng xiao ping »)
- etc.
Au Cameroun, la question primordiale est « qui t’a envoyé? » . Bon nombre de Camerounais pourraient vous raconter leurs déboires lors des résultats d’entretien. Ils ont l’impression, au-delà de l’insatisfaction de n’avoir pas été recrutés, que cela ne sert à rien de démontrer ses compétences si on n’appartient pas à un réseau d’initiés. Même si cette question n’est pas posée directement par le recruteur, les rapports entretenus entre offreur d’emploi et candidat donnent des indicateurs sur ce qui est attendu chez le candidat, ç-à-dire, de fournir le nom d’un parrain.
Evidemment, cette réalité est à peu présente dans tous les pays, mais au Cameroun, elle est affirmée et assumée. La conception de la valeur ajoutée qu’apporterait un emploi dans la productivité et la performance d’une entreprise n’est que très peu considérée. Il s’est établi au-delà du raisonnable, une forte propension au relationnisme, dans les affaires en général, mais surtout dans le milieu de l’emploi.
Ce qui était le fait d’une exception se revendique insidieusement désormais comme la norme. Pour plusieurs responsables de ressources humaines, il ne s’agit plus vraiment de rechercher le meilleur profil, surtout en termes de compétences ou de savoir-faire pour un poste afin de doper le chiffre d’affaires de l’organisation requérante. L’objectif est ailleurs. Il consiste à privilégier les siens, voire dans certains cas, des conquêtes sentimentales. C’est l’idée même de performance qui est mal assimilée – parfois même pas comprise du tout – qui prévaut face à toute décision d’embauche.
Il sera très difficile au Cameroun de sortir de sa pauvreté, s’il n’intègre pas l’énergie et les atouts professionnels de ses enfants méritants, en tirant les sélections vers le haut. La recommandation devrait servir à marquer les valeurs sûres et hautement compétentes, pas à faire passer le bougre pour l’expert.
Au final, personne n’en sort gagnant:
- ni l’organisation qui recrute car elle aura affaire à une personne improductive
- ni la personne elle-même, car à terme, elle sera découverte et elle n’aura rien appris du métier
- ni la nation du Cameroun, qui aura un manque à gagner énorme et verrait ses plus dignes fils s’expatrier
Un vieux proverbe dit: “the right man at the right place“.
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