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Cameroun :: Le chemin de croix des entreprises locales : Comment une entreprise camerounaise du secteur alimentaire est victime d'abus de l'administration :: CAMEROON
CAMEROUN :: SOCIETE Cameroun :: Le chemin de croix des entreprises locales : Comment une entreprise camerounaise du secteur alimentaire est victime d'abus de l'administration :: CAMEROON
  • Correspondance : Albin Njilo
  • mercredi 20 juin 2018 13:02:02
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Cameroun :: Le chemin de croix des entreprises locales : Comment une entreprise camerounaise du secteur alimentaire est victime d'abus de l'administration :: CAMEROON

Avec un potentiel pour une croissance à deux chiffres, le Cameroun peine à atteindre 4% de taux de croissances. Malgré le classement Doing Business de la banque mondial aussi révélateur sur le climat des affaires, l’administration camerounaise continue de se comporter comme un bourreau auprès des entrepreneurs locaux.

Une nouvelle victime de la mafia administrative, c’est l’entreprise Africa Food Distribution (AFD)

Selon une source proche du dossier ayant choisi de garder l’anonymat, sur la base d’une autorisation du ministre des Finances, en date du 23 juillet 2014, la société Africa Food Distribution (AFD), basée à Douala, a importé et dédouané dix mille (10000) tonnes d’huiles végétales, de 2014 à 2015, à la valeur transactionnelle de deux milliards et demi de francs CFA.

De manière surprenante, cette autorisation a été unilatéralement rapportée par le Premier ministre le 03 juin 2015, avec effet rétroactif sur les dix mille tonnes d’huiles déjà importées. Par la suite, les huiles déjà importées ont été saisies par le ministre du Commerce.

La société AFD va se retrouver dans une situation pour le moins difficile, ce d’autant qu’elle avait monté cette opération avec un crédit d’une banque de la place. Acculée, elle va saisir le Tribunal Administratif, qui ordonnera, le 28 janvier 2016, le sursis à exécution des décisions du Premier ministre.

Malgré ce sursis, la saisie des huiles a persisté de sorte que les produits ont fini par être avariés et détruits. Le seul recours de la société AFD est aujourd’hui l’Etat à qui elle réclame des réparations pour un préjudice grave qui lui est ainsi causé au double plan matériel et d’image.

Au-delà de ce cas isolé, on dénombre de nombreux cas où les entreprises opérant au Cameroun sont régulièrement victimes d’abus de pouvoirs par les représentants d’une administration sans vergogne. Celle-ci se rebelle constamment contre l’interpellation du Chef de l’Etat à « établir un dialogue constructif entre le gouvernement et le secteur privé, de manière à construire une relation de confiance, véritable facteur d’attrait des investissements ». Comment des investisseurs viendraient dans un tel environnement d’incertitude, où une autorisation obtenue régulièrement peut être mise à mal de manière aussi arbitraire ?

Plus grave, dans le cas d’espèce, à supposer même que la décision du Premier ministre qui rapporte l’autorisation du ministre des Finances soit fondée, celle-ci ne pourrait échapper à un certain nombre de questions.

Par exemple, pourquoi son caractère rétroactif sur les huiles déjà importées alors que l’Etat a déjà perçu des droits de douanes par rapport à cette transaction ?

D’autre part, pourquoi avoir saisi et interdit la mise en marché de ces huiles, au point de faire subir une lourde perte financière à l’importateur, alors qu’elles ne présentent pas de dangers pour la santé?

Dans un tel environnement arbitraire, bien en dessous du règne du droit, il sera difficile, comme on l’observe aujourd’hui que le Cameroun attire des investisseurs.

Aux dernières nouvelles, on indique que certains individus approcheraient les responsables de la société AFD pour monnayer un arrangement avec le ministère des finances. Encore une fois, tout cela n’était donc que pour ça. On n’en sort pas. Pauvre Cameroun.

20juin
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