Cameroun : l’éditorial qui dénonce un mandat à l’arrêt
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Cameroun : l’éditorial qui dénonce un mandat à l’arrêt

Onze mois après le serment de Paul Biya, Mutations publie un éditorial sans concession sur l’inertie du pouvoir au Cameroun. Analyse d’un cri d’alarme.

Dans un éditorial au vitriol, Georges Alain Boyomo décrit un Cameroun à l’arrêt, onze mois après le début du mandat de Paul Biya.

Onze mois après, le constat d’un pays à l’arrêt

Paul Biya a prêté serment le 6 novembre 2025. Onze mois plus tard, Mutations publie un éditorial signé Georges Alain Boyomo. Le titre de ce mandat ? « La grandeur et l’espérance ». L’auteur, lui, parle d’une « ambiance lunaire » et d’une « inertie reptilienne ».

Le constat est simple. Pas de vice-président de la République. Pas de renouvellement du personnel gouvernemental. Pas de changement à la tête des entreprises et établissements publics. Pas de renouvellement du personnel politique à l’Assemblée nationale et dans les conseils municipaux. Pas de nouveaux gouverneurs. Pas de renouvellement dans le corps civil de la magistrature.

La liste est longue. Elle est surtout vide. C’est ce vide que l’éditorial met en scène.

Aucun renouvellement : la liste qui inquiète

Pour Boyomo, ce ne sont pas les dossiers qui manquent. Eneo devenu Socadel, sans effets mesurables pour les ménages. L’axe lourd Yaoundé-Douala, « maintes fois replâtré ». Des contentieux perdus en série à l’international. Des conclaves interministériels pour rendre Yaoundé respirable. Le pouvoir d’achat qui « se rabougrit ». Des alertes rouges sur les caisses de l’État. Un recensement chaotique. Des clans rivaux qui se déchirent pour le pouvoir suprême.

Aucun de ces sujets ne trouve de solution visible. L’éditorial ne prétend pas apporter de chiffres. Il décrit une impression. Celle d’un pays qui reste à quai.

Le quotidien : violences, vols, accidents

L’humeur nationale, écrit Boyomo, « se fait massacrante ». Il cite pêle-mêle : infanticides, féminicides, viols, vols, accidents de la circulation, éboulements mortels. Le « puzzle de la désespérance » se constitue, dit-il, sous le regard « complaisant ou impuissant » des autorités.

Ces faits ne sont pas détaillés. Aucune statistique n’est avancée. L’éditorial reste sur le terrain de l’observation politique. Il ne prétend pas établir un bilan chiffré. C’est une nuance importante.

Les réseaux sociaux, exutoire d’un mal-être

Dans ce vide, les réseaux sociaux deviennent le défouloir. L’éditorial cite des formules qui circulent : « le pays a traversé les remèdes », « Dans le film des pays, le Cameroun est le chef bandit », « Les plus chanceux finiront fous dans ce pays ».

L’autodérision est poussée à l’extrême. « Nous sommes le continent », reprend l’auteur, en écho à une formule présidentielle. La phrase prend un autre sens. Elle devient ironie.

Les débats audiovisuels, eux, ressemblent à un « mur de lamentations ». L’éditorial ne propose pas de solution. Il constate une saturation.

Paul Biya, l’isolement et la continuité de l’État

Le texte pose une question : où est la lumière ? Puis il vise directement Paul Biya. Le président, écrit Boyomo, « se comporte comme si on l’avait poussé par la nuque à se présenter à la présidentielle 2025 ».

L’auteur rappelle deux citations. Félix Houphouët-Boigny : « Les hommes passent, quels qu’ils soient, mais le pays reste. » Paul Biya lui-même : « Nous passerons, le Cameroun restera. »

La conclusion est abrupte : « Il urge donc de joindre des actes à la parole. Le temps presse ! »

Ce que dit vraiment l’éditorial : opinion, pas enquête

Il faut être clair. Le texte de Georges Alain Boyomo est un éditorial. Il engage son auteur et son journal. Ce n’est pas un rapport d’enquête.

Les affirmations sur l’inertie, l’isolement du président ou la dégradation du quotidien sont des opinions politiques. Elles ne sont pas accompagnées de données vérifiables. Cela ne retire rien à la force du texte. Cela précise seulement sa nature.


Que dénonce l’éditorial de Mutations ?
L’absence de renouvellement au sommet de l’État et une inertie générale, onze mois après le début du mandat de Paul Biya.

Qui est Georges Alain Boyomo ?
Il est directeur de publication du quotidien Mutations. Il signe régulièrement des éditoriaux sur la gouvernance camerounaise.

Paul Biya a-t-il réagi ?
Aucune réaction officielle n’était disponible au moment de publier.

Les chiffres cités sont-ils vérifiés ?
L’éditorial ne donne pas de chiffres. Il s’agit d’observations politiques, pas de statistiques.

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