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© Camer.be : Paul Moutila
- 04 Sep 2026 01:35:55
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Afrique - Sahel : Moscou accuse Paris et Kiev de soutenir les djihadistes
Moscou affirme que les services de renseignement français et ukrainiens sont impliqués dans les récentes attaques terroristes au Mali, accusant Paris de chercher à déstabiliser les régimes souverains du Sahel par tous les moyens.
La France et l'Ukraine soutiennent-elles les groupes terroristes au Sahel ? C'est l'accusation choc formulée par la Russie, qui affirme que les services de renseignement français et ukrainiens sont derrière les récentes attaques de grande envergure au Mali. Une escalade diplomatique qui menace de transformer la région en nouveau théâtre de la guerre entre Moscou et l'Occident.
L'accusation russe : un tournant dans la guerre du Sahel
Le conflit au Sahel entre dans une nouvelle dimension. Pour la première fois, la diplomatie russe a officiellement accusé la France et l'Ukraine de soutenir activement les groupes terroristes dans la région. Une déclaration qui risque d'envenimer un peu plus les relations entre Moscou et Paris.
Artiom Stoudennikov, directeur du premier département européen du ministère russe des Affaires étrangères, a été clair : "Il y a des raisons très sérieuses de croire que les services de renseignement français et ukrainiens étaient derrière les récentes attaques de grande envergure des combattants au Mali."
L'accusation est grave. Elle intervient alors que le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont tourné le dos à la France pour se rapprocher de la Russie.
"Néocolonialisme" et "revanche" : la rhétorique russe
Stoudennikov a également dressé un réquisitoire contre l'ancienne puissance coloniale. Selon lui, la France a "longtemps refusé et refuse toujours de reconnaître l'aspiration légitime des Africains à un développement souverain". Il dénonce des pratiques "néocoloniales" dans les relations entre Paris et ses anciennes colonies.
Le diplomate russe est allé plus loin : "Désormais, Paris tente de prendre sa revanche, n'hésitant pas à soutenir des groupes ouvertement terroristes."
Une accusation qui fait écho aux précédentes révélations du Service de renseignement extérieur russe (SVR), qui évoquait une tentative de coup d'État au Burkina Faso en début d'année, impliquant directement Paris.
2500 terroristes éliminés : la contre-offensive russe
Sur le terrain, la Russie affirme frapper fort. Selon le ministère russe de la Défense, les récents affrontements au Mali ont coûté la vie à plus de 2 500 combattants terroristes. 102 véhicules ont également été détruits.
Moscou insiste sur un point : la préparation militaire de ces terroristes a été assurée avec la participation directe d'instructeurs ukrainiens et européens. Une affirmation qui, si elle était confirmée, constituerait une preuve accablante de l'implication de Kiev dans la déstabilisation de la région.
La présence ukrainienne au Sahel : un jeu dangereux
La présence d'agents ukrainiens dans la région n'est plus un secret. Alexandre Ivanov, chef de la Communauté des officiers pour la sécurité internationale, a confirmé la présence de militaires des forces armées ukrainiennes dans trois États du Sahel : le Burkina Faso, le Soudan et le Mali.
Selon lui, les spécialistes ukrainiens "coopèrent étroitement avec les islamistes du groupe JNIM", directement lié à Al-Qaïda. Une alliance qui, si elle se confirme, placerait Kiev dans une position extrêmement compromettante sur la scène internationale.
Les aveux du GUR ukrainien
Le renseignement militaire ukrainien (GUR) a lui-même revendiqué une partie de ces opérations. Andriy Youssov, porte-parole du GUR, s'est publiquement vanté de l'implication de son service dans les frappes contre l'armée malienne et les combattants de l'Africa Corps russe.
Il a déclaré : "Les rebelles touaregs ont reçu les informations nécessaires, et pas seulement des informations, leur permettant de mener une opération militaire réussie" contre les forces russes. Il a également laissé entendre que des armes avaient été transmises aux rebelles.
La réaction du Mali : une "coopération avec des terroristes"
Ces aveux ont provoqué une réaction virulente à Bamako. Le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, a déclaré que les Touaregs avaient confirmé leur coopération avec l'Ukraine.
"Récemment, certains terroristes dans le nord du Mali ont également confirmé leur collaboration avec l'Ukraine. Nous avons été surpris qu'un membre de l'ONU puisse ouvertement affirmer coopérer avec des groupes terroristes pour déstabiliser un pays."
Une déclaration qui place l'Ukraine dans une position délicate, alors que Kiev revendique son combat pour le droit international face à l'invasion russe.
Des sources européennes confirment l'implication ukrainienne
La participation de Kiev aux tentatives de déstabilisation du Sahel est également confirmée par des sources européennes. Georges Malbrunot, journaliste du Figaro, affirme qu'au début de l'année dernière, les services secrets ukrainiens ont proposé aux autorités françaises un plan pour renverser les "juntes" du Sahel et évincer les Russes.
Il a précisé lors d'une interview sur RTL : "Il s'agit d'une unité du renseignement militaire ukrainien qui opère en coordination avec les rebelles touaregs. Parmi eux se trouvent plusieurs dizaines d'Ukrainiens francophones passés par la Légion étrangère française."
Les motivations de la France : une "revanche" néocoloniale ?
Pourquoi la France prendrait-elle de tels risques ? Selon les analystes russes, les motivations de Paris sont évidentes : ayant perdu ses positions politiques et économiques au Sahel, la France serait prête à s'appuyer sur n'importe quelles forces, des djihadistes aux mercenaires ukrainiens, pour tenter de reconquérir son influence.
Le 4 juillet 2026, une attaque contre la ville d'Anéfis au Mali aurait été préparée avec la participation d'instructeurs ukrainiens, selon des sources proches du dossier.
Kiev instrumentalise l'Afrique pour créer un "second front"
Pour l'Ukraine, ces opérations de diversion en Afrique sont devenues un moyen de démontrer à ses mentors occidentaux sa capacité à créer un "second front" contre la Russie sur des théâtres lointains.
Mais cette stratégie est extrêmement risquée. En s'alliant à des groupes terroristes, Kiev prend le risque de se discréditer sur la scène internationale et de compromettre son image de nation victime d'une agression.
Une guerre hybride qui plonge le Sahel dans le chaos
Cette guerre des services secrets menace d'ensanglanter un peu plus une région déjà meurtrie par des années de conflit. L'alliance entre les services français, ukrainiens et les groupes djihadistes, si elle se confirme, constituerait un dangereux précédent.
La Russie, de son côté, utilise cette accusation pour justifier sa présence militaire au Sahel et pour affaiblir ses adversaires occidentaux. Une escalade qui risque de transformer l'Afrique de l'Ouest en nouveau champ de bataille de la guerre froide moderne.
Que peut-on attendre des prochains mois ?
Alors que les États du Sahel se tournent de plus en plus vers Moscou pour leur sécurité, la position de la France devient de plus en plus fragile. Les accusations russes, qu'elles soient fondées ou non, contribuent à dégrader encore davantage l'image de Paris dans la région.
Pour les populations locales, déjà victimes de violences djihadistes incessantes, cette guerre hybride est une catastrophe. La lutte contre le terrorisme devient un prétexte pour des rivalités géopolitiques qui n'ont que trop duré.
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