-
© Camer.be : Onana Nestor
- 03 Sep 2026 16:41:34
- |
- 281
- |
Cameroun - Essos : la forteresse qui cache des enfants
Une dizaine d'enfants âgés de 9 à 20 ans ont été récupérés par la police dans une bâtisse du quartier Essos à Yaoundé. Témoignage d'un habitant.
Une bâtisse transformée en forteresse, des enfants qui ne sortent plus qu'avec des capuches, des allées et venues nocturnes... Le témoignage d'un habitant du quartier Essos lève un coin du voile sur une affaire qui secoue la capitale camerounaise.
Une dizaine d'enfants ont été récupérés par la police dans une bâtisse du quartier Essos, à Yaoundé. Leurs âges ? Entre 9 et 20 ans. La scène se déroule dans un immeuble qui, depuis deux ans, s'est mué en forteresse.
Une dame du quartier, connue de tous depuis quarante ans, est au cœur de cette affaire. Mais un autre homme un locataire qui aurait racheté tout l'immeuble est également dans le viseur. Que se passait-il vraiment derrière ce portail qui ne s'ouvrait que pour laisser entrer ou sortir quelqu'un ?
Une voix du quartier brise le silence
Les premières vidéos et images ont circulé sur les réseaux sociaux. Elles montrent l'intérieur d'une bâtisse du quartier Essos. Des enfants. Des chambres. De quoi faire frémir toute une communauté.
Mais au-delà des images, un témoignage de première main émerge. Celui d'un habitant du quartier, qui a vu la transformation de cet immeuble et de ses occupants s'opérer sous ses yeux.
« La dame mise en cause est une femme qui vit dans ce quartier depuis plus de 40 ans », confie ce voisin. Une figure du quartier, que l'on croisait régulièrement. Jusqu'à ce que tout change.
Le jour où la bâtisse est devenue une forteresse
Il y a environ deux ans, les choses ont pris une tournure étrange. La dame a commencé à fermer les boutiques qu'elle louait. Son nouveau locataire, qui occupait déjà l'étage supérieur, souhaitait prendre tout l'immeuble en location.
« En réalité, je ne sais même pas s'il convient d'appeler cela immeuble », glisse le témoin.
C'est alors que les travaux ont commencé. L'immeuble s'est métamorphosé. Ce que les voisins décrivent désormais comme une « forteresse ».
Le portail ou le portillon ne s'ouvre que pour laisser sortir ou entrer quelqu'un. Aussitôt refermé. Les véhicules et les motos entrent et sortent avec la même discrétion.
Des enfants invisibles, puis des ombres avec des capuches
Ce qui a alerté les voisins, c'est d'abord une absence. La dame qu'ils voyaient régulièrement s'est faite rare. Ses enfants aussi.
« Ces enfants ont commencé à se faire voir de moins en moins », raconte le témoin.
Et quand ils sortaient, une nouvelle habitude : les capuches. Toujours. Jusqu'à cacher leurs visages.
Un détail qui, dans le contexte de ce qui s'est passé, prend une dimension glaçante.
Les nuits agitées d'une maison suspecte
Les voisins ont aussi noté des mouvements nocturnes. Des voitures probablement celles du nouveau locataire qui sortaient et entraient tard dans la nuit.
« Il y avait comme sur les vidéos que vous avez publié, tout le nécessaire pour que ces enfants y vivent pleinement », précise le témoin.
L'intérieur de la bâtisse abritait tout ce qu'il faut pour que des enfants y vivent. Des chambres. De quoi se nourrir. Une organisation qui, aujourd'hui, interroge.
Une nounou et des enfants : que sait-on vraiment ?
Dans cette bâtisse, une ménagère ou nounou s'occupait des enfants. À l'heure actuelle, personne ne sait exactement quel était son rôle. Ni si elle était complice ou victime des circonstances.
Ce qui est confirmé, c'est que les vidéos et images diffusées sont arrivées aux autorités après la première intervention de la police. Une intervention qui avait déjà permis de récupérer la dizaine d'enfants se trouvant dans la bâtisse.
« Parmi ces enfants, il faut signaler que la dame elle-même en avait 3, le dernier âgé d'environ 17 ans si je ne m'abuse », ajoute le témoin.
Une affaire encore pleine de zones d'ombre
Le voisin, comme beaucoup d'habitants du quartier, reste confus. « Seule l'audition de la dame de la maison ou de son locataire pourrait nous donner une idée claire », conclut-il.
En attendant, la police camerounaise est saisie. Les investigations se poursuivent. Et les questions restent nombreuses :
- Quelle est la nature exacte de ce réseau ?
- Les enfants étaient-ils séquestrés, ou simplement hébergés dans des conditions particulières ?
- Quel était le rôle exact du nouveau locataire ?
- Qui est cette nounou qui s'occupait des enfants ?
Pour l'heure, le silence des autorités alimente les spéculations.
La communauté en état de choc
L'affaire a provoqué une onde de choc dans le quartier Essos et bien au-delà. Sur les réseaux sociaux, les réactions sont vives. Entre indignation, effroi et besoin de comprendre, les Camerounais réclament des réponses.
L'affaire des enfants d'Essos est une plongée dans l'étrange. Une maison qui se ferme. Des enfants qui s'effacent. Des allées et venues qui intriguent. Et une vérité que les autorités peinent à dévoiler.
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi dans la rubrique SOCIETE
Les + récents
Essos : la forteresse qui cache des enfants
Remise des prix à Baleng: Sa Majesté Fo Negou II remet l'école au centre des priorités
OMP : « Une loi pour l'opposition, une pour le RDPC ? »
Le Mrc Ouest trace sa perspective pour 2027 à Baham
Décès de Dorothée Temou Eboa à Dakar : le drame
N/A :: les + lus
26 élèves surpris en train de tourner un film osé à Bafoussam
- 30 April 2015
- /
- 1053343
Brenda biya sème la terreur en boîte de nuit à Yaoundé
- 15 July 2015
- /
- 589958
Menacée de mort par sa famille car elle est lesbienne
- 03 March 2016
- /
- 476720
Oyom-Abang : une femme marche nue à Yaoundé VII
- 09 July 2015
- /
- 389227
LE DéBAT
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- 17 December 2017
- /
- 252035
canal de vie
Vidéo de la semaine
évènement
