Emmanuel Macron sous le feu des accusations de l'AES
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Niger - Emmanuel Macron sous le feu des accusations de l'AES

Tentative de putsch au Niger dans la nuit du 28 au 29 août 2026. Des soldats mutins attaquent le palais présidentiel et la base 101 de Niamey. L'AES accuse des "forces extérieures". Le calme est revenu. 

Des échanges de tirs ont secoué Niamey dans la nuit du 28 au 29 août. Des soldats mutins ont tenté de prendre le contrôle du palais présidentiel, de l'aéroport et de la télévision nationale. Le régime du général Tiani, appuyé par les forces russes, a repris la main.

Cette tentative de putsch a été déjouée en quelques heures, mais elle met en lumière les fragilités d'un régime militaire qui, trois ans après avoir pris le pouvoir, peine à stabiliser un pays en proie à une insurrection djihadiste de longue date.

Une nuit de chaos à Niamey

Les premiers coups de feu ont retenti aux alentours de 1 heure du matin, dans la nuit du 28 au 29 août. Les affrontements ont rapidement gagné plusieurs quartiers de Niamey, en particulier autour du palais présidentiel, de l'aéroport international Diori-Hamani et de la base aérienne 101.

Les mutins ont également pris pour cible la télévision nationale, Télé Sahel, qui a cessé d'émettre pendant un peu plus d'une heure. Des tirs à l'arme lourde ont été entendus dans plusieurs quartiers de la capitale, plongeant la population dans la psychose.

Selon le ministre de la Défense, le général Salifou Mody, un groupe de soldats "en rupture avec le règlement militaire" a "entrepris de séquestrer certains de leurs camarades dans la caserne de la base 101 de Niamey et d'effectuer des tirs sur certains sites sensibles de la ville de Niamey".

L'intervention décisive de la Russie

Les forces loyalistes au général Tiani ont rapidement réagi. La garde présidentielle, appuyée par des unités du groupe paramilitaire russe Africa Corps, a mené la contre-offensive. L'ambassadeur de Russie à Niamey, Viktor Voropayev, a confirmé que le Niger avait sollicité l'aide d'Africa Corps "pour réprimer une mutinerie".

Les soldats russes, dont le quartier général est situé au sein même de la base 101, ont déployé des drones et participé aux combats. La base a été reprise en début de soirée, avec plusieurs morts dans les rangs des mutins.

Le rôle des Russes a été déterminant pour renverser le cours des événements. Selon une source diplomatique citée par l'AFP, "la garde présidentielle a repris le contrôle de la base aérienne avec l'aide des Russes".

La réaction de l'AES

L'Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Niger, le Burkina Faso et le Mali, a immédiatement réagi. Dans un communiqué, la confédération a déclaré avoir "fait l'objet de trahison par un groupe de soldats impliqués dans une entreprise de déstabilisation".

Gilbert Ouédraogo, ministre de la communication du Burkina Faso et porte-parole de l'AES, a salué la "bravoure et le professionnalisme" des forces loyalistes, qui ont permis de "contenir et mettre en échec" cette tentative.

La France au cœur des accusations

Dès le rétablissement de l'ordre, la télévision nationale nigérienne a accusé la France de déstabiliser le pays. Une accusation récurrente depuis le coup d'État de juillet 2023, qui a vu le régime de Tiani tourner le dos à l'ancienne puissance coloniale pour se rapprocher de la Russie.

L'ambassadeur de Russie à Niamey, Viktor Voropayev, a lui aussi évoqué une possible implication extérieure. Sans accuser directement la France, il a noté que celle-ci était "très mécontente des développements au Sahel et de la perte de son influence dans la région".

En février 2026, les services de renseignement russes (SVR) avaient déjà accusé la France de préparer des opérations de déstabilisation et "d'éliminer physiquement les dirigeants indésirables" en Afrique. Des accusations que Paris a toujours démenties.

Une mutinerie aux causes obscures

Les revendications des mutins restent pour l'instant inconnues. S'agit-il d'une tentative de coup d'État, d'un simple "mouvement d'humeur", ou d'une opération de déstabilisation orchestrée de l'extérieur ? Les autorités nigériennes n'ont pas encore fourni de bilan officiel.

Selon l'analyste, les mutins pourraient être des officiers mécontents des conditions de travail, de la guerre contre les djihadistes, ou de l'alliance avec la Russie. D'autres voix, proches du régime, y voient la main de la France ou de ses alliés régionaux (Bénin, Côte d'Ivoire).

Le Sahel, nouveau théâtre de la guerre froide

Cet épisode illustre la rivalité croissante entre la France et la Russie au Sahel. Depuis 2023, les juntes de l'AES ont tourné le dos à Paris et se sont rapprochées de Moscou, qui fournit un soutien militaire et diplomatique. La France a fermé son ambassade à Niamey en décembre 2023 et a été contrainte de retirer ses troupes.

En juin 2026, le Burkina Faso a rompu ses relations diplomatiques avec la France. L'AES, qui assure la présidence tournante du Burkina Faso, est devenue un acteur géopolitique majeur, défiant l'influence occidentale et renforçant ses liens avec la Russie et la Turquie.

Un calme précaire

Dimanche 30 août, le calme est revenu à Niamey. Des opérations de contrôle sont menées aux entrées de la capitale pour retrouver d'éventuels mutins en fuite. Des dizaines d'arrestations ont eu lieu.

Cependant, la psychose demeure. "C'est difficile parce que nous avons passé une nuit terrible (...) Il y a eu des balles perdues, c'est la psychose. Nous sommes inquiets", confie un habitant de Niamey. La menace d'une reprise des combats dans les heures ou les jours à venir demeure.

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