Dimitri Lipoff : l'homme de l'ombre du sacre
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Cameroun - Dimitri Lipoff : l'homme de l'ombre du sacre

Dimitri Lipoff, coordonnateur des Lionnes indomptables, raconte les coulisses du sacre historique à la CAN 2026. Un travail d'orfèvre, une préparation express et un exploit que personne n'attendait.

Arrivé le 21 juin, le coordinateur français Dimitri Lipoff raconte comment un staff recomposé en urgence a mené les Lionnes indomptables à leur premier titre continental un « travail d'orfèvre » salué par toute une nation.

Le 12 juin 2026, personne ne donnait cher des Lionnes indomptables. Valentine Nguele était nommée sélectionneuse, Dimitri Lipoff coordonnateur. Neuf jours plus tard, Lipoff posait ses valises au Cameroun. Il n'y avait pas de sélection établie, pas de préparation, pas de certitudes. Deux mois plus tard, les Lionnes sont championnes d'Afrique. « C'est un exploit que personne n'attendait », confie Lipoff. Mais pour ceux qui ont vécu cette aventure de l'intérieur, ce n'était pas une surprise. Plongée dans les coulisses d'un sacre historique.

Un staff reconstitué en urgence

Le 12 juin 2026 restera une date charnière pour le football féminin camerounais. Ce jour-là, Samuel Eto'o, président de la FECAFOOT, a procédé à une refonte complète du staff technique des Lionnes indomptables. Valentine Nguele, jusqu'alors coach d'Ebolowa FC en Guinness Super League, était nommée sélectionneure. À ses côtés, un visage inconnu du grand public : Dimitri Lipoff, entraîneur français, était nommé coordonnateur de la sélection.

Ancien préparateur physique et adjoint de Farid Benstiti au Paris SG féminin, en Chine et avec la sélection de Russie, Lipoff était un pari. Un pari qui allait s'avérer payant.

« Je suis arrivé le 21 juin, il n'y avait pas de sélection établie »

Dans une interview accordée au Progrès avant la demi-finale, Lipoff raconte sans fard les conditions de son arrivée :

> « C'est un exploit que personne n'attendait. On a travaillé dans l'ombre, un travail d'orfèvre, chaque instant, chaque minute. Je suis arrivé le 21 juin, il n'y avait pas de sélection établie. Il a fallu que j'identifie les meilleures joueuses locales et celles de la diaspora en quelques semaines, puis travailler jour et nuit avec le staff pour rattraper le retard sur des équipes qui se préparaient depuis des mois, parfois des années. »

Neuf jours. C'est tout ce dont disposait Lipoff pour identifier les talents, établir une liste, et lancer la machine. Une mission quasi impossible.

Valentine Nguele, la « Warrior Mind-set »

Pendant que Lipoff supervisait le volet sportif et logistique, Valentine Nguele insufflait une nouvelle dynamique à l'équipe. Sa philosophie de jeu, qu'elle qualifie de « Warrior Mind-set », a rapidement trouvé écho auprès des joueuses. Intensité, discipline, solidarité : Nguele a trouvé un équilibre entre l'expérience des cadres et l'enthousiasme d'une jeune génération.

« Les joueuses expérimentées ont facilité l'intégration des plus jeunes en leur expliquant les exigences du niveau international, la discipline du groupe et les valeurs du maillot », soulignait la sélectionneuse.

Un parcours parfait, match après match

Le Cameroun, repêché grâce à l'élargissement de la CAN à 16 équipes, a saisi sa chance. Dans le Groupe D, les Lionnes ont battu le Mali (2-1) puis le Ghana (1-0), devenant les premières à valider leur billet pour les quarts de finale.

En quarts, le Nigeria, champion d'Afrique en titre et détenteur du record de dix victoires dans la compétition. Portées par un coup franc magnifique de Myriam Maéva Nyadjou et une prestation monumentale de la gardienne Michaely Bihina (neuf arrêts), les Lionnes ont fait tomber les Super Falcons (1-0).

En demi-finale, face au Maroc, pays hôte, le scénario fut encore plus rocambolesque. 0-0 après 120 minutes. Bihina arrêta quatre tirs au but, propulsant les Lionnes en finale.

Sur la route de la finale, le Cameroun a éliminé les trois dernières équipes à avoir occupé le podium de la précédente édition : le Nigeria (champion), le Maroc (finaliste) et le Ghana (troisième).

La finale : une maîtrise totale

Dimanche 16 août, au stade Moulay-El-Hassan de Rabat, le Cameroun a dominé le Malawi 3-0. Marie Gisèle Ngah Manga a inscrit un doublé, Naomi Ndjoah Eto a ajouté un troisième but. Une prestation maîtrisée de bout en bout.

Pour Lipoff, ce titre n'est pas une surprise : « Pour nous dans le groupe, ce n'est vraiment pas une surprise. » Une déclaration qui en dit long sur la confiance qui animait ce staff malgré les délais impossibles.

Le collectif comme ligne directrice

Pour Nguele, cette aventure repose autant sur la force du collectif que sur les exploits individuels. « C'est un sentiment de joie et de fierté pour le travail accompli. Le sentiment de rendre toute une nation heureuse », confiait-elle.

Une histoire qui s'écrit

Avec ce titre, le Cameroun devient la troisième nation à avoir remporté à la fois la CAN masculine et la CAN féminine, après le Nigeria et l'Afrique du Sud. Une page d'histoire écrite en deux mois par un staff que personne n'attendait.

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