Mangwa Boy suspendue après le tragique accident
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Cameroun - Mangwa Boy suspendue après le tragique accident

Accident mortel du bus Mangwa Boy sur l'axe Yaoundé–Bafoussam : 16 morts, 42 blessés. La compagnie suspendue, le conducteur sanctionné. Le drame qui relance le débat sur la sécurité routière au Cameroun.

Dans la nuit du 14 août 2026, un bus de la compagnie Mangwa Boy s'est pulvérisé contre un camion mal stationné à Nomalé, sur l'axe Yaoundé–Bafoussam. Le bilan est lourd : 16 morts, 42 blessés. Le ministre des Transports a immédiatement suspendu l'activité de la compagnie et ordonné un audit de conformité.

Un bus de l'agence Mangwa Boy, chargé de passagers pressés de retrouver leurs familles, a percuté de plein fouet un camion immobilisé depuis plusieurs jours sur le bas-côté. L'impact a déchiqueté les cinq premiers rangs du véhicule. Le chauffeur et les passagers installés à l'avant sont décédés sur place.

Parmi les victimes, sept membres d'une même famille qui se rendaient à des funérailles. Une tragédie dans la tragédie.

4 heures du matin : le choc qui a pulvérisé le bus

La scène est d'une violence rare. Le pare-brise a complètement disparu. Les sièges des cinq ou six premières rangées sont déchiquetés. Des corps disposés en bordure de route, du sang un peu partout.

C'est l'image qu'a laissée l'accident survenu au lieudit Nomalé, dans l'arrondissement de Ndikiniméki. Le bus gros porteur de la compagnie Mangwa Boy, venant de la région de l'Ouest, a percuté un camion stationné transportant des planches. Le camion, selon SECUROUTE, était immobilisé depuis plusieurs jours sans signalisation adéquate.

La violence du choc a été particulièrement importante. Le bus s'est écrasé contre la cargaison de planches, dont certaines ont traversé l'habitacle. Les cinq premières rangées ont été complètement détruites sous l'impact.

Le bilan officiel : 16 morts et 42 blessés, dont 12 pris en charge sur place et 4 hospitalisés à l'hôpital de district de Bafia. Un bilan qui pourrait encore s'alourdir.

Les causes : vitesse, fatigue et stationnement dangereux

Selon les premières constatations du ministère des Transports, plusieurs facteurs sont en cause :

- Vitesse excessive : le bus roulait à une allure incompatible avec les conditions de la route
- Somnolence du conducteur : le choc a eu lieu à 4 heures du matin, heure critique où la fatigue est maximale
- Absence de dispositifs de sécurité : le véhicule ne disposait pas des équipements homologués
- Stationnement dangereux : le camion était immobilisé sur la chaussée sans signalisation

L'enquête officielle, confiée à la police locale, est en cours pour déterminer les responsabilités exactes.

Un axe tristement célèbre : « la route de la mort »

La nationale N°4, qui relie Yaoundé à Bafoussam, est l'une des routes les plus meurtrières du Cameroun.

Un passé tragique :
- Décembre 2020 : 37 morts dans une collision entre un bus Avenir Voyage et un camion, au même endroit : le pont de Nomalé
- Février 2024 : 6 morts et 10 blessés à Ombessa, dans le même département, configuration similaire
- Février 2023 : un bus Mangwa Boy avait déjà fait 3 morts après un tonneau à la falaise de Dschang

« La même agence, trois ans plus tard, frappée à nouveau par la tragédie », constate amèrement Camer.be.

Les sanctions immédiates du ministère des Transports

Face à ce nouveau drame, le ministre des Transports a pris des mesures radicales :

- Suspension de l'activité de transport de Mangwa Boy et immobilisation de ses véhicules
- Audit de conformité de la compagnie
- Retrait de la licence de transport de M. Tata Emmanuel
- Suspension d'un an du permis de conduire du conducteur concerné
- Amende de 5 millions FCFA pour exercice illégal de la profession de transporteur routier

Ces sanctions visent à envoyer un signal fort aux transporteurs : la sécurité des passagers n'est pas négociable.

Contrôles renforcés sur les routes

Du 17 août au 30 septembre 2026, les opérations de contrôle et d'enlèvement des véhicules dangereusement stationnés seront intensifiées.

Le ministère indique avoir recensé 35 accidents liés à ce phénomène depuis le 1er juin et identifié 61 véhicules présentant des dangers potentiels sur les axes Yaoundé–Douala, Yaoundé–Bafoussam et Yaoundé–Bertoua.

Des chiffres qui donnent la mesure de l'ampleur du problème.

1 500 morts par an : le fléau de la route au Cameroun

Les accidents de la route sont un fléau national au Cameroun. Selon les données du ministère des Transports, environ 1 500 personnes meurent chaque année sur les routes du pays.

Une hécatombe silencieuse qui, contrairement aux grandes catastrophes, s'installe dans la routine. Chaque accident comme celui de Nomalé est un rappel brutal de l'urgence d'agir.

Le message du ministère : vigilance et responsabilité

Dans son communiqué, le ministère des Transports lance un appel aux usagers :

« Vigilance, respect du code de la route et responsabilité de tous sont indispensables pour éviter de nouvelles tragédies. »

Un message qui résonne comme un avertissement. Mais qui, pour être entendu, devra s'accompagner de mesures concrètes : contrôles renforcés, sanctions dissuasives, et une véritable culture de la sécurité routière.

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