Effoudou accuse Fouda de « général bandit »
CAMEROUN :: SéRAIL

Cameroun - Effoudou accuse Fouda de « général bandit »

Le capitaine Effoudou accuse le vice-amiral Joseph Fouda, conseiller spécial de Paul Biya, de « général bandit ». Des accusations similaires à celles de Parfait Mbapou. Cabale ou vérité ?

Le répit aura été de courte durée pour le vice-amiral Joseph Fouda. Après avoir été éclaboussé par l'affaire Parfait Mbapou, le conseiller spécial du président Paul Biya est de nouveau sous les projecteurs. Cette fois, c'est le capitaine Kenneth Effoudou qui le vise.

Devant les caméras de Morgan Palmer, l'ancien chef du renseignement de l'État-major particulier a qualifié Fouda de « général bandit » et a détaillé une liste de personnes prétendument escroquées par le vice-amiral. Des accusations qui, selon LCC, reprennent « pratiquement les mêmes » que celles formulées quelques mois plus tôt par Parfait Mbapou.

Cabale ? Information ? Intox ? La question demeure.

LE CAPITAINE EFFOUDOU, L'ACCUSATEUR EN EXIL

Le capitaine Kenneth Romuald Effoudou Awussi n'est pas un inconnu. Ancien chef du bureau de renseignement de l'État-major particulier du président Paul Biya, il a eu accès aux notes, écoutes et rapports classés « très secret ». Radié des cadres de l'armée le 25 juin 2026 pour « inconduite habituelle ».

Depuis le 25 juillet 2026, il multiplie les interviews choc. Il a déjà accusé le ministre d'État Ferdinand Ngoh Ngoh de préparer un coup d'État, le colonel Didier Badjeck de tentative de viol, et évoqué l'existence d'un « escadron de la mort » à la gendarmerie.

Sa dernière cible : le vice-amiral Joseph Fouda.

JOSEPH FOUDA, L'HOMME DE L'OMBRE

Le vice-amiral Joseph Fouda est l'un des hommes les plus influents du Cameroun. Conseiller spécial du président Paul Biya pour les stratégies de défense et de sécurité, il est un proche collaborateur du chef de l'État depuis les années 1990.

Originaire de la Mefou et Akono, cet officier général de marine a gravi tous les échelons. Il est décrit comme un « gardien du palais », partageant le cercle très fermé des proches de Paul Biya. En juillet 2025, il a été nommé vice-amiral et confirmé à son poste de conseiller spécial.

Mais son parcours est aussi marqué par la controverse. En novembre 2024, son bureau à la présidence aurait été vidé, avant qu'il ne soit réhabilité et promu. Il est aujourd'hui au cœur d'une guerre des clans qui agite le sommet de l'État.

LES ACCUSATIONS : « GÉNÉRAL BANDIT »

Sur le plateau de Morgan Palmer, dans l'émission « Masterclass », le capitaine Kenneth Effoudou a qualifié le vice-amiral Joseph Fouda de « général bandit » et a énuméré les personnes qu'il accuse d'avoir été escroquées par ce dernier.

Les accusations portent sur des faits graves : escroquerie, corruption, abus de pouvoir et intervention dans des affaires douteuses. Selon les informations qui circulent, l'affaire trouve son origine dans l'arrestation, le 21 août 2023, de l'homme d'affaires Patrick Tchumamo, dit « Pat Diamant », soupçonné de blanchiment de fonds et de financement du terrorisme.

D'après la plainte déposée par le vice-amiral Joseph Fouda lui-même, le capitaine Effoudou aurait réclamé 50 millions de francs CFA à Tchumamo pour que Fouda intercède en sa faveur auprès des autorités. Effoudou aurait agi au nom et pour le compte de l'amiral Joseph Fouda, conseiller spécial du président Paul Biya.

Effoudou conteste farouchement ces accusations. Il affirme : « J'étais en service à l'état-major et mon supérieur hiérarchique était le général Amougou. Comment pouvais-je demander de l'argent pour le compte de quelqu'un qui n'était même pas de mon service ? »

De son côté, Joseph Fouda assure que son nom a été utilisé par un réseau d'escrocs et qu'il a immédiatement saisi la hiérarchie. Il a d'ailleurs porté plainte pour usurpation d'identité.

Il lui est également reproché d'être intervenu dans l'affaire Patrick Tchumamo au nom et pour le compte de l'amiral Joseph Fouda. Effoudou a été reversé dans son administration d'origine, la gendarmerie, puis révoqué en mars 2024 pour « désertion en temps de paix ».

LE PARALLÈLE TROUBLANT AVEC PARFAIT MBAPOU

Les accusations du capitaine Effoudou contre Joseph Fouda sont « pratiquement les mêmes » que celles formulées quelques mois plus tôt par un certain Parfait Mbapou.

Hervé Parfait Mbapou est un personnage sulfureux. Arrêté le 20 juin 2024, accusé d'avoir orchestré un réseau d'escroquerie étendant ses racines jusque dans l'entourage du président Paul Biya et de son conseiller Joseph Fouda. Il a été remis en liberté, mais l'affaire n'est pas close.

Mbapou est décrit comme un « complice » du contre-amiral Joseph Fouda. Il a lui-même accusé Fouda d'avoir oublié qu'« une guerre des clans fait rage au Cameroun ».

En juillet 2026, un enregistrement audio explosif a mis en lumière une conversation entre Joseph Fouda et Parfait Mbapou, évoquant des accusations d'envoûtement visant le président Paul Biya. La conversation décrivait un climat de rivalités internes et une guerre de clans pour la succession présidentielle.

CABALE, INFO OU INTOX ? LA QUESTION QUI DIVISE

S'agit-il d'une cabale, d'une information vérifiée ou d'une intox ?

D'un côté, les accusations du capitaine Effoudou sont précises et documentées. Il a eu accès aux secrets les plus sensibles du régime. Ses déclarations, reprises par des médias  ont un écho considérable.

De l'autre côté, Effoudou est un homme en fuite, radié de l'armée et recherché par la justice. La Chambre nationale des experts criminels du Cameroun (CNECC) a jugé ses accusations « non fondées » et a menacé d'engager des poursuites. L'institution a souligné que l'ancien officier a « produit publiquement le moindre élément de preuve ».

Le parallèle avec Parfait Mbapou ajoute une couche de complexité. Mbapou, accusé d'escroquerie, a lui-même des antécédents judiciaires. Ses accusations contre Fouda pourraient être une tentative de se disculper.

CE QUE L'AFFAIRE RÉVÈLE

Au-delà des protagonistes, cette affaire met en lumière plusieurs réalités :

Premièrement, l'impunité des officiers supérieurs. Les accusations contre Fouda, si elles sont avérées, révèlent un système où les proches du pouvoir peuvent agir en toute liberté.

Deuxièmement, la porosité entre les affaires judiciaires et les luttes politiques. L'affaire Mbapou, l'affaire Effoudou, l'affaire Badjeck : toutes sont connectées.

Troisièmement, la difficulté de distinguer le vrai du faux. Dans un contexte de guerre des clans, les accusations sont aussi des armes politiques.

QUELLE SUITE POUR L'AFFAIRE ?

Le capitaine Effoudou a promis de nouvelles révélations. Le vice-amiral Fouda, lui, a déjà nié les accusations, affirmant que son nom a été utilisé par un réseau d'escrocs.

En attendant, l'affaire s'annonce comme un nouveau feuilleton judiciaire et politique dans un Cameroun déjà marqué par de nombreuses tensions.

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp 

Lire aussi dans la rubrique SéRAIL

Les + récents

partenaire

canal de vie

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo


L'actualité en vidéo