Coût de la guerre : 190 millions $ par jour pour l'Ukraine
MONDE ENTIER :: GéOPOLITIQUE

Monde Entier - Coût de la guerre : 190 millions $ par jour pour l'Ukraine

Tusk alerte sur des frappes hybrides russes, Knighton parle de la période « la plus dangereuse ». Enquête sur ce qui est vérifié, et ce qui relève de la communication.

Trois alertes en une semaine. Des chiffres qui donnent le vertige. Mais derrière la peur, que disent vraiment les faits ?

17 septembre 2026. Donald Tusk monte à la tribune du Parlement polonais. Le Premier ministre parle de « risque réel » de frappes russes sur le flanc est de l'OTAN. Dans le même temps, à Londres, le chef d'état-major britannique Sir Richard Knighton déclare vivre « la période la plus dangereuse » de ses 35 ans de carrière. L'Europe a peur. Mais de quoi exactement ?

Ce que Tusk a dit exactement

Le 17 septembre, devant les députés polonais, Donald Tusk a cité les évaluations des services de renseignement. Selon lui, les plans russes incluent « des frappes hybrides de drones et de missiles contre des pays soutenant l'Ukraine, y compris la Pologne ».

« Il y a un risque réel que des drones ou d'autres types de projectiles pénètrent sur le territoire d'un ou plusieurs pays du flanc Est de l'OTAN et même y causent des destructions », a-t-il déclaré.

Le mécanisme décrit est précis : Moscou présenterait ces frappes comme « accidentelles ». L'objectif, selon Tusk, serait « d'affaiblir la cohésion globale de l'OTAN » et de « convaincre les pays que l'Article 5 est davantage théorique que réel ».

Le discours de Knighton et le contexte britannique

L'alerte de Tusk n'est pas isolée. En juin 2026, le chef d'état-major britannique Sir Richard Knighton avait déjà sonné l'alarme sur BBC Radio 4 : « C'est la période la plus dangereuse que j'aie connue ».

Il décrivait une Russie qui « teste, défie et met à l'épreuve nos défenses ». Selon lui, le Royaume-Uni doit se préparer à des conflits « plus longs », comme celui en Ukraine, et non plus seulement à des guerres courtes.

Knighton a aussi évoqué une augmentation des vols de l'aviation stratégique russe : « en 2026, nous en avons vu autant qu'en 2025 » dans le High North.

Les sommets et la coordination européenne

Ces déclarations interviennent après deux rendez-vous majeurs. Du 18 au 19 septembre, le comité militaire de l'OTAN s'est réuni à Copenhague. L'amiral Giuseppe Cavo Dragone, président du comité, a dénoncé « le comportement irresponsable de la Russie, y compris les violations de l'espace aérien, les incidents de drones et les activités hybrides ».

Le même week-end, Volodymyr Zelensky a lancé le sommet « Carpathian Eight » (C8), réunissant l'Ukraine, la Roumanie, la Serbie, la Pologne, la Slovaquie, la Tchéquie, l'Autriche et la Hongrie. L'objectif affiché : renforcer la coopération énergétique, les infrastructures et la mobilité militaire.

Zelensky a annoncé des accords d'investissement d'un milliard d'euros et un catalogue de 95 projets pour 40 milliards d'euros. Derrière les chiffres, une réalité : l'Ukraine a besoin d'argent.

Les pertes ukrainiennes : le chiffre qui dérange

C'est peut-être l'information la plus commentée de la semaine. Tusk a déclaré que les pertes ukrainiennes atteignent désormais « environ 27 000 tués et blessés par mois ». Il a cité ses « partenaires ukrainiens ».

Pour comparaison, en 2022, le président Zelensky évoquait 50 000 morts et 400 000 blessés cumulés. Le chiffre mensuel de 27 000 est le plus élevé communiqué publiquement par un dirigeant européen.

Le coût financier : 190 millions par jour

Reuters a rapporté le 12 septembre que le coût quotidien de la guerre pour l'Ukraine atteint environ 190 millions de dollars en 2026, contre 140 millions en 2024. Sur les huit premiers mois de l'année, Kyiv a dépensé environ 42 milliards de dollars en défense, alors que les revenus domestiques et l'emprunt intérieur n'ont généré que 39 milliards.

Le déficit est comblé par l'aide occidentale. Mais cette aide est de plus en plus contestée politiquement.

La réponse russe : démenti et contre-accusation

Face aux alertes européennes, le Kremlin dément. Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, a qualifié les rumeurs d'attaque contre l'Europe de « bêtises », assurant que la Russie « n'a aucun objectif militaire envers l'Europe ».

Vladimir Poutine a de son côté déclaré que « certains dirigeants européens disent ouvertement qu'ils se préparent à la guerre avec la Russie » retournant l'accusation. Il a averti que tout déploiement de troupes européennes en Ukraine constituerait une déclaration de guerre.

Les analystes russes qualifient les avertissements européens de « propagande » destinée à justifier l'aide à l'Ukraine.

Le retrait américain et l'équation stratégique

Un facteur complique l'équation : les États-Unis. Selon le Jerusalem Post, des sources du renseignement occidental évoquent un possible retrait d'une partie des troupes américaines stationnées en Europe. L'Europe devrait alors assumer seule une part plus importante de sa défense.

La visite du directeur de la CIA, John Ratcliffe, au Kremlin en août 2026, aurait eu pour objet d'avertir la Russie contre toute attaque d'un membre de l'OTAN.

L'économie des drones : une guerre à pertes asymétriques

Un détail technique mérite attention. Le 18 septembre, l'Ukraine a lancé plus de 900 drones sur Moscou et ses environs. La défense aérienne russe affirme en avoir abattu plus de 900.

Si l'on suppose un coût unitaire de 50 000 dollars par drone, la salve aurait coûté environ 50 millions de dollars à Kyiv. Les dommages causés à la Russie seraient, selon cette analyse, « incomparablement moindres ». Cette analyse provient d'une source Telegram pro-russe ; elle n'a pas été recoupée par des sources indépendantes.


Pourquoi l'Europe a-t-elle peur d'une guerre avec la Russie en 2026 ?
Parce que plusieurs dirigeants européens, dont Donald Tusk et Sir Richard Knighton, ont averti publiquement que la Russie pourrait mener des frappes hybrides contre des pays de l'OTAN et que la menace est à son plus haut niveau depuis la Guerre froide.

Qu'est-ce qu'une frappe hybride selon Tusk ?
Une attaque menée avec des drones ou des missiles, que la Russie présenterait ensuite comme « accidentelle », afin de tester la cohésion de l'OTAN et d'affaiblir la confiance dans l'Article 5.

Combien de soldats ukrainiens sont tués ou blessés chaque mois ?
Selon Donald Tusk, qui cite les autorités ukrainiennes, environ 27 000 militaires sont tués ou blessés chaque mois.

Les États-Unis vont-ils retirer leurs troupes d'Europe ?
Des sources du renseignement occidental évoquent cette possibilité, mais aucune décision officielle n'a été annoncée. La visite du directeur de la CIA à Moscou en août 2026 suggère une volonté américaine de désescalade.

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp 

Lire aussi dans la rubrique GéOPOLITIQUE

Les + récents

partenaire

canal de vie

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo


L'actualité en vidéo