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© Camer.be : Toto Jacques
- 26 Jul 2026 14:08:36
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Cameroun - Nkou Mvondo dénonce « un homme faible » à la tête de l'État
« Nous n'avons que nos yeux pour pleurer. » Sur un plateau télé, Nkou Mvondo dézingue les institutions du Cameroun sans filtre.
Une sortie qui ne passe pas inaperçue
Invité de l'émission Le Grand Oral sur ACTUALITÉ 1, l'universitaire et homme politique Prosper Nkou Mvondo, leader du parti Univers, a livré un constat sans concession sur l'état des institutions camerounaises. Sa formule, aussi brève que tranchante, a été immédiatement reprise sur les réseaux sociaux : « C'est regrettable de le dire, mais au Cameroun, nous avons des institutions faibles et des hommes faibles. Celui qui est absent en ce moment est un homme faible. Nous avons à la tête de l'État du Cameroun un faible face à des institutions faibles. Conclusion : nous n'avons que nos yeux pour pleurer. »
Un contexte qui explique l'écho de ces propos
Cette prise de parole ne surgit pas dans un climat neutre. Elle intervient alors que le président Paul Biya, 93 ans, reste absent du territoire national depuis son départ pour l'Europe le 7 juin 2026, un séjour initialement présenté comme un « court séjour privé » et qui s'étire désormais depuis près de deux mois. Dans ce contexte de silence institutionnel prolongé, la sortie de Prosper Nkou Mvondo trouve une résonance particulière : elle formule tout haut une critique qui circule depuis plusieurs semaines dans les cercles politiques et sur les réseaux sociaux, à savoir l'idée d'un pouvoir présidentiel personnalisé, mal relayé par des mécanismes institutionnels clairs en cas d'absence prolongée du chef de l'État.
Qui est Prosper Nkou Mvondo ?
Universitaire de formation, spécialiste de droit privé et ancien enseignant à l'université de Ngaoundéré, Prosper Nkou Mvondo est une figure connue du paysage politique camerounais. Passé par le RDPC le parti au pouvoir avant de le quitter en 2013 pour fonder le parti Univers, il s'est depuis imposé comme un chroniqueur politique régulier sur les plateaux de télévision camerounais, où ses interventions, souvent frontales, ne manquent jamais de susciter la controverse.
Une critique institutionnelle plus que personnelle
Le propos de Prosper Nkou Mvondo ne vise pas seulement un homme : il pointe un système. En associant « institutions faibles » et « homme faible », l'intervenant établit un lien de cause à effet qui interroge la solidité des contre-pouvoirs camerounais face à la personnalisation extrême du pouvoir exécutif. Une critique qui rejoint, sur le fond, les interrogations soulevées ces dernières semaines par plusieurs formations politiques, dont l'Union démocratique du Cameroun (UDC), sur l'absence de mécanisme constitutionnel clair pour organiser l'intérim en cas d'empêchement prolongé du chef de l'État alors même que la révision constitutionnelle d'avril 2026 a réintroduit un poste de vice-président toujours non pourvu à ce jour.
Une réaction politique attendue
Des propos de cette teneur, tenus sur un plateau de télévision généraliste et non sur un plateau strictement partisan, ne manqueront pas d'alimenter le débat public dans les prochains jours. Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, avait déjà réagi mi-juillet aux critiques sur l'absence présidentielle par la voix de son directeur de la propagande, Christophe Mien Zok, affirmant que « le pouvoir n'est pas vacant ». Reste à savoir si cette nouvelle sortie, plus frontale, appellera une réponse officielle du camp présidentiel.
Ce que cela dit du climat politique actuel
Au-delà de la petite phrase, cette intervention illustre un climat politique camerounais de plus en plus marqué par des prises de parole publiques directes sur des sujets longtemps considérés comme tabous la santé du chef de l'État, la solidité des institutions, la continuité de l'action publique. Un climat qui pourrait encore évoluer dans les prochains jours, à l'approche d'un retour présidentiel désormais annoncé comme imminent par plusieurs sources.
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