Développement de l’Afrique : La diaspora de France pose les bases de l’action
AFRIQUE :: SOCIETE

Développement de l’Afrique : La diaspora de France pose les bases de l’action

Réunis à Marseille le 26 septembre à de la JERC-France, des experts de plusieurs profils, responsables associatifs et représentants institutionnels africains ont réfléchi aux moyens de renforcer la contribution de la diaspora au développement du continent, et où cohésion, engagement citoyen et mobilisation des compétences ont constitué les principaux axes des échanges.

La ville de Marseille a accueilli, le 26 septembre, une rencontre consacrée à la place de la diaspora africaine dans le développement du continent. Organisée par la JERC-France, avec le concours des associations Nouvelles Racines et Terre de Rebond, sous le parrainage du Consulat général du Cameroun à Marseille, elle visait à réfléchir à de nouvelles formes d’engagement de la diaspora.

Coordonnée par Thérèse Chartier et Ninard Tchoubi, la rencontre a réuni des acteurs du monde associatif, de la recherche, de l’entrepreneuriat et des institutions. À l’ouverture des travaux sur le « rayonnement de la diaspora camerounaise », le président de la JERC-France, Dieudonné Mbeleg, a présenté celle-ci comme une importante réserve de compétences, mais encore trop dispersée.

« La diaspora camerounaise est une force vive », a-t-il déclaré, évoquant les professionnels présents dans « la vie associative, la recherche, l’entrepreneuriat, la culture et bien d’autres domaines ». L’objectif était, selon lui, de dépasser les rencontres ponctuelles pour parvenir à des actions concrètes et durables. Trois priorités ont été fixées : formuler « des propositions réalistes et opérationnelles », consolider les liens entre les participants et inscrire la réflexion dans la durée.

La première table ronde a porté sur la cohésion, l’isolement et le vivre-ensemble au sein de la diaspora. Les échanges ont abordé l’insertion, l’accès aux soins, l’accompagnement psychologique, les relations intergénérationnelles ainsi que le rôle de la culture et des médias.

Le consul général du Cameroun à Marseille, Bertin Bidima, représentant également l’ambassadeur du Cameroun en France, a appelé à une meilleure coordination des forces disponibles. Il a évoqué « une dispersion associative considérable », mais aussi « un isolement social qui est assorti d’un isolement familial et intergénérationnel ».

Au-delà des difficultés sociales, les participants ont insisté sur les compétences disponibles dans des secteurs tels que la santé, l’urbanisme, l’énergie, le numérique, la diplomatie et l’entrepreneuriat. Pour Bertin Bidima, leur mise en réseau permettrait d’obtenir « des résultats beaucoup plus parlants ». D’où la nécessité de créer des cadres de collaboration entre les différents acteurs.

Accompagnement et mise en réseau

L’engagement de la jeunesse a également été au centre des débats. Le vice-président du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Sylvain Di Giovanni, a souligné la nécessité d’accompagner une jeunesse porteuse de projets. Il a également mis en avant le rôle de Nouvelles Racines et de Terre de Rebond dans les domaines de l’identité, de la résilience et de l’adaptation.

« Savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va », a-t-il résumé, tout en indiquant sa disponibilité à examiner les possibilités d’un accompagnement institutionnel.

La deuxième table ronde a porté sur l’engagement citoyen et le développement du Cameroun. Les participants ont réfléchi aux moyens de transformer les compétences individuelles en projets structurants, notamment dans l’urbanisme, l’énergie, le numérique, l’industrie, la diplomatie et l’entrepreneuriat. Une approche qui dépasse le simple transfert financier pour intégrer compétences, innovation, accompagnement et mise en réseau.

Une force collective

La présence du ministre d’État libérien, Cheikh Al-Moustapha Kouyateh, a élargi les débats à une dimension panafricaine. Il a appelé les Africains à dépasser les clivages politiques, ethniques et religieux et à renforcer leurs capacités collectives. « La diaspora est une lumière qui doit éclairer l’Afrique », a-t-il déclaré.

Il a également insisté sur l’unité et l’appropriation de l’histoire africaine : « L’Afrique n’est pas une race, l’Afrique est une famille. » Cette vision invite à considérer la diaspora comme une composante du développement du continent, au-delà des seuls rapports entre pays d’origine et ressortissants établis à l’étranger.

Au terme des échanges, une préoccupation centrale s’est dégagée : comment transformer une diaspora riche en compétences mais souvent fragmentée en une force collective capable de produire des résultats concrets ?

La rencontre de Marseille a posé trois axes : renforcer la cohésion, mieux organiser les compétences et créer des passerelles entre professionnels, associations, institutions et entrepreneurs. La JERC-France entend poursuivre cette dynamique afin de faire de la diaspora un réseau de compétences susceptible de contribuer de manière structurée au développement du Cameroun et, plus largement, de l’Afrique.

Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp 

Lire aussi dans la rubrique SOCIETE

Les + récents

partenaire

canal de vie

Vidéo de la semaine

évènement

Vidéo


L'actualité en vidéo