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© Camer.be : Paul Moutila
- 07 Sep 2026 01:47:12
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Cameroun - Jules Domche : « Ils voulaient Kamto hors course à tout prix »
Jules Domche analyse le rejet de la candidature de Maurice Kamto à la présidentielle 2025 : une décision prise longtemps à l'avance, même une investiture RDPC n'aurait pas suffi.
Le journaliste Jules Domche, invité du programme « L'Invité de la clinique » du général Valsero, estime que l'élimination de Maurice Kamto de la course à la présidentielle 2025 ne relevait d'aucune surprise une décision arrêtée en amont, que le candidat se soit présenté sous la bannière du MRC, du Manidem ou même du RDPC.
« Même s'il était allé avec le RDPC, sa candidature aurait été rejetée. » La phrase de Jules Domche a glacé les observateurs de la scène politique camerounaise. Le journaliste, invité du général Valsero, affirme que l'exclusion de Maurice Kamto de la présidentielle 2025 était une décision prise « depuis longtemps » et que rien, pas même une investiture par le parti au pouvoir, n'aurait pu y changer quoi que ce soit.
Cette analyse jette une lumière crue sur un processus électoral dont la régularité est déjà contestée. Si même une candidature sous la bannière du RDPC n'aurait pas sauvé Kamto, c'est l'ensemble du système électoral camerounais qui est mis en cause.
Une interview qui fait date
Jules Domche, figure reconnue du journalisme d'investigation camerounais, s'est exprimé dans le cadre du programme « L'Invité de la clinique » animé par le général Valsero. Son analyse de l'élection présidentielle 2025 est sans appel : la candidature de Maurice Kamto était vouée à l'échec avant même le dépôt des dossiers.
Le président du MRC avait pourtant reçu mandat de son conseil national pour choisir la manière la plus correcte de se présenter. Il s'était alors tourné vers le Manidem, le parti historique de l'opposition, emmené par feu Georges Anicet Ekane.
L'analyse juridique de Domche
Domche estime que Maurice Kamto aurait pu déposer sa candidature sous la bannière de son propre parti, le MRC. « Sur le plan juridique, il n'y avait rien à dire », affirme-t-il.
Mais le journaliste ajoute une nuance cruciale : « Encore, il faut être sûr que ceux qui vont interpréter vont dire le droit. » Cette mise en garde souligne une réalité politique camerounaise : la lettre des textes importe moins que l'interprétation qu'en font les institutions, souvent inféodées au pouvoir en place.
Le choix stratégique du Manidem
Kamto a donc choisi le Manidem. Une stratégie pour contourner les obstacles et bénéficier du prestige d'un parti historique de l'opposition, fondé en 1991.
Mais le régime a trouvé une parade. Selon les informations recueillies, le MINAT aurait présenté Dieudonné Yebga comme le président du Manidem une nomination contestée, voire fabriquée de toutes pièces.
Piratage du site du MINAT : le coup de force numérique
Pour renforcer cette manœuvre, le régime aurait procédé à des manipulations électroniques. Le site officiel du MINAT aurait été piraté pour changer les données concernant le Manidem, la veille du contentieux post-électoral.
Ces modifications, opérées en catimini, ont permis de semer la confusion sur la direction légitime du parti. Dieudonné Yebga, présenté comme le président du Manidem par le MINAT, a pu contester l'investiture de Kamto, créant un flou juridique suffisant pour justifier le rejet.
Une décision prise « depuis longtemps »
Mais le plus frappant dans l'analyse de Domche est l'affirmation selon laquelle même une candidature RDPC n'aurait pas échappé au rejet.
« Même s'il était allé avec le RDPC, sa candidature aurait été rejetée. Ça veut dire que c'est quelque chose qui avait été décidé depuis longtemps », déclare-t-il.
Cette hypothèse, si elle est vérifiée, transforme la nature du contentieux électoral : ce n'est plus une question d'interprétation juridique, mais une élimination politique prédéterminée.
Les implications démocratiques
Les accusations de Domche, si elles sont confirmées, dessinent le portrait d'une démocratie vidée de sa substance. Si un candidat peut être éliminé quelles que soient les règles qu'il respecte, alors les élections ne sont plus qu'un théâtre.
Le piratage du site du MINAT, la présentation d'un faux président du Manidem, la décision arrêtée en amont ces éléments convergent pour accréditer la thèse d'un système électoral verrouillé.
Kamto, victime d'une « gymnastique » juridique
Selon l'analyse de Domche, le régime en place a trouvé une « gymnastique » pour exclure Kamto. Cette gymnastique s'est appuyée sur l'utilisation de Dieudonné Yebga comme président fantoche du Manidem, la manipulation des données du MINAT, et l'instrumentalisation des procédures juridiques.
Une instrumentalisation qui, selon Domche, aurait eu lieu même si Kamto s'était présenté sous une autre bannière.
Que retenir de cette analyse ?
L'analyse de Jules Domche, aussi controversée soit-elle, soulève des questions fondamentales sur l'état de la démocratie camerounaise :
- Quel est le rôle des institutions (MINAT, ELECAM, tribunaux) dans la validation des candidatures ?
- Les décisions juridiques sont-elles indépendantes ou obéissent-elles à une logique politique ?
- Que vaut un processus électoral quand l'issue est décidée avant même le début ?
Autant de questions qui appellent des réponses, dans un pays où la confiance dans le système électoral est au plus bas.
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