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© Camer.be : Onana Nestor
- 04 Sep 2026 12:57:34
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Succession dynastique au Cameroun : le scénario secret
Après la présidentielle du 12 octobre 2025, Paul Biya est au plus haut de son impopularité. La succession se heurte à un blocage institutionnel total au Cameroun. Analyse des enjeux.
Alors que le président Paul Biya, 93 ans, est à un niveau historique d'impopularité, le Cameroun s'enfonce dans une paralysie institutionnelle qui alimente toutes les spéculations sur sa succession entre rumeurs dynastiques, blocage du remaniement et désinformation d'État.
Le 12 octobre 2025, le Cameroun a voté. Huit mois plus tard, le pays attend toujours son Vice-président. Son gouvernement aussi. Et dans les couloirs du pouvoir à Yaoundé, une question hante les esprits : qui succédera à Paul Biya ?
À 93 ans, le plus vieux président en exercice au monde, au pouvoir depuis 1982, n'a jamais été aussi impopulaire. L'occultation de la liste électorale nationale en violation flagrante de la loi a ouvert la porte à toutes les fraudes. Le remaniement ministériel annoncé par Biya lui-même est bloqué depuis 246 jours. Les communicants du régime multiplient les déclarations contradictoires.
Et dans ce vide politique, une rumeur persistante : et si Franck Biya, le fils du président, héritait du trône ?
Paul Biya, 44 ans de pouvoir et une impopularité historique
Paul Biya est président du Cameroun depuis le 6 novembre 1982. Quarante-quatre ans. Aucun autre chef d'État en exercice dans le monde ne détient ce record.
Mais le temps n'épargne personne. L'élection présidentielle du 12 octobre 2025, dont les résultats officiels n'ont jamais été pleinement transparents en raison de l'occultation de la liste électorale nationale par Elecam a marqué un tournant.
Selon des sources proches du dossier, l'impopularité du régime n'a jamais été aussi élevée. Les communicants du pouvoir de Yaoundé peinent à masquer cette réalité, multipliant les déclarations contradictoires sur un remaniement ministériel annoncé mais jamais concrétisé.
Le blocage du remaniement ministériel : 246 jours d'attente
Le président Paul Biya a lui-même annoncé un remaniement ministériel. Cela fait 246 jours. Pourtant, aucun décret n'est signé.
« Le président Paul Biya a déjà choisi le Vice-président de la République », affirment certains communicants du régime. « Les Camerounais connaîtront bientôt le Vice-président », promettent d'autres. « Une short list de trois personnalités est à l'étude », ajoutent les plus optimistes.
Mais les jours passent. Les semaines. Les mois. Et le Cameroun tourne au ralenti, avec un appareil d'État en état de paralysie partielle.
Succession dynastique : le scénario Franck Biya
Depuis la fin des années 1990, une campagne de désinformation s'emploie à instiller dans la conscience collective une idée : Franck Biya, le fils du président, va succéder à son père.
Le pic de cette stratégie a été atteint les 25 et 26 juillet 2022, lors de la visite officielle d'Emmanuel Macron à Yaoundé. Les communicants du régime ont alors laissé entendre que la France apportait sa caution à la succession dynastique.
Cette thèse, jamais confirmée par l'Élysée, a pourtant été largement relayée sur les réseaux sociaux et dans certains médias proches du pouvoir.
Désinformation d'État : quand le régime s'empêtre
Les contradictions s'accumulent. « Le vice-président est déjà choisi », affirmait-on il y a encore quelques semaines. « Il est actuellement à l'étranger », a-t-on ensuite précisé. Puis : « Une short list est à l'étude ».
Ces déclarations, parfois tenues par des membres de la majorité présidentielle, témoignent d'une fébrilité inhabituelle.
L'occultation de la liste électorale nationale en violation de la loi camerounaise ouvre la porte à toutes les spéculations. La fraude électorale, si elle était avérée, pourrait bien être l'arme du régime pour tenter de se maintenir.
Le vide politique : quelles conséquences pour les Camerounais ?
Au-delà des spéculations, ce sont les Camerounais qui paient le prix de cette paralysie.
Le système de santé est en crise. L'éducation est sous-financée. L'insécurité sévit dans plusieurs régions. Et pendant ce temps, les communicants du régime s'épuisent à justifier l'injustifiable.
« Nous expliquons depuis des lustres quelque chose que les soutiens indéfectibles de l'ordre de Yaoundé n'arrivent manifestement pas à comprendre », confie un analyste politique sous couvert d'anonymat.
L'après-Biya : un horizon encore flou
Une certitude : Paul Biya ne sera pas éternel. Mais personne ne sait quand, ni comment, ni par qui il sera remplacé.
La Constitution camerounaise prévoit un vice-président. Mais le poste est vacant. Un vide institutionnel qui accentue l'incertitude.
L'armée, comme toujours dans les transitions incertaines, observe. Les chefs traditionnels et religieux appellent au calme. La société civile s'organise.
Et les Camerounais, lassés des promesses non tenues, attendent. Ils attendent un remaniement qui ne vient pas. Un vice-président qui n'arrive pas. Une transition qui n'est pas programmée. Une démocratie qui peine à s'installer.
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