Diplomatie culturelle : Jean-Marc Châtaigner, plus loin, plus proche de Bangoulap
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Cameroun - Diplomatie culturelle : Jean-Marc Châtaigner, plus loin, plus proche de Bangoulap

L’ambassadeur de l’Union européenne au Cameroun et pour la Guinée équatoriale, Jean-Marc Châtaigner quitte le Cameroun, mais laisse derrière lui un lien désormais indélébile avec le peuple Bangoulap, logé dans le département du Ndé. Arrivé au terme de sa mission diplomatique, il a été reçu, le 15 août dernier, par le guide de groupement, Sa Majesté Yonkeu Jean-Marie, au cours d’une cérémonie d’au revoir hautement symbolique et prospective.

Jean-Marc Châtaigner ne quitte pas le Cameroun comme il y est arrivé. Le diplomate emporte avec lui le prestigieux titre de Menkam de la cour royale du groupement Bangoulap, signe d’une relation qui a largement dépassé le cadre protocolaire. Selon la tradition, celui qui achève une mission vient saluer ses pairs, aussi bien dans le monde phénoménal que dans le monde non phénoménal.

À Bangoulap, l’au revoir a pris les allures d’une promesse de retrouvailles. Organisée par Sa Majesté Yonkeu Jean-Marie, la cérémonie a été chargée d’émotion. Conscient de la profondeur des liens tissés avec le royaume, l’ambassadeur a tenu à préciser qu’il s’agissait d’un « au revoir, et non d’un adieu ». « Car lorsque des liens ont été créés, lorsque des amitiés se sont nouées et lorsque l’on a été accueilli comme je l’ai été ici, on ne dit pas adieu. On dit : à bientôt », a-t-il déclaré.

Je suis de Bangoulap

Un souvenir semble déjà résister au départ : celui du Bangoulap Tour. Jean-Marc Châtaigner n’a pas oublié sa première immersion dans le groupement ni cette randonnée de 18 kilomètres à travers Bangoulap et les villages voisins. « Comment oublier ma première venue à l’occasion du Bangoulap Tour ? Et comment oublier cette fameuse randonnée de 18 kilomètres ? », s’est-il interrogé.

Derrière les kilomètres parcourus, c’est surtout une vision du développement local qui s’est dessinée. Organisée du 29 au 30 novembre 2025 sous le thème « Le numérique et l’intelligence artificielle, au cœur de la valorisation du patrimoine local », la 11e édition de cette randonnée a permis au diplomate de découvrir plusieurs projets structurants susceptibles de contribuer au développement du groupement.

Mais au fil de ses visites, Jean-Marc Châtaigner est allé plus loin : il s’est revendiqué Bangoulap. Pour traduire cet attachement, il a lancé en langue medumba : « Me mba men Bangoulap », littéralement : « Je suis de Bangoulap ». Une formule devenue le symbole d’une proximité construite au-delà des fonctions diplomatiques.

Cette proximité s’est surtout nourrie de projets où culture et innovation se rencontrent. L’ambassadeur s’est notamment intéressé à la Cité Internationale de la Musique et de la Danse (CIMUDA), ainsi qu’aux initiatives consacrées au numérique et à la valorisation du patrimoine culturel local. Il s’est dit admiratif de cette volonté de faire dialoguer « culture et digital, traditions et modernité ».

Une randonnée en passerelle

Pour Jean-Marc Châtaigner, préserver le patrimoine ne signifie pas le figer. Il estime au contraire que les outils numériques peuvent contribuer à mieux transmettre l’identité de Bangoulap, à la faire connaître et à la partager au-delà des frontières. Une démarche qui, selon lui, permet de conjuguer mémoire, innovation et ouverture au monde.

Le véritable enjeu est désormais de transformer le patrimoine en levier de développement. L’ambassadeur considère que la mobilisation de plusieurs acteurs permettra de mieux valoriser « l’extraordinaire richesse du patrimoine culturel local camerounais », mais aussi de faire de cette richesse une source d’opportunités pour les territoires et les nouvelles générations.

Entre Bangoulap, le Cameroun et l’Europe, Jean-Marc Châtaigner voit désormais se dessiner des ponts durables. Il plaide pour un dialogue permanent entre tradition et modernité, entre générations et entre espaces culturels. Il a également rassuré ses interlocuteurs : sa successeure à la tête de la Délégation de l’Union européenne « poursuivra, avec nos partenaires camerounais, le travail engagé et continuera à construire ces ponts ».

Son dernier hommage est allé à celui qui l’a fait entrer dans l’histoire de Bangoulap. Jean-Marc Châtaigner a renouvelé sa reconnaissance à Sa Majesté Yonkeu Jean-Marie, qui l’a officiellement anobli le 7 février 2026 à la cour d’apparat de Bangoulap. Il a également salué Jean-Guy Wandji Nkuimy, président du Bangoulap Tour, pour sa vision et son engagement à faire de Bangoulap une plaque tournante de l’art et de la culture africaine.

À Bangoulap, le départ du diplomate est donc moins une rupture qu’une nouvelle étape. Sa Majesté Yonkeu Jean-Marie et Jean-Guy Wandji Nkuimy ont, à leur tour, salué l’action de Jean-Marc Châtaigner et de la Délégation de l’Union européenne, estimant que celle-ci avait contribué à semer une dynamique nouvelle dans le groupement et à accroître la visibilité internationale du Bangoulap Tour.

Plus loin du Cameroun par la fonction, Jean-Marc Châtaigner entend désormais rester proche de Bangoulap par les liens qu’il y a noués. Une diplomatie culturelle qui, au-delà des protocoles, aura transformé une mission en rencontre, une randonnée en passerelle et un séjour diplomatique en attachement durable.

Bangoulap a eu show. Le lien qui se tisse entre la délégation de l’Union européenne et ce village a été arrosé par la chanteuse Chantal Ayissi. L’artiste a livré une prestation digne d’une cérémonie portant une telle vision.

Photo légende : Quand une amitié se construit sur la durée.

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