Les opposants « pro-régime » démasqués par Christian Ntimbane Bomo
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Cameroun - Les opposants « pro-régime » démasqués par Christian Ntimbane Bomo

Alors que certains opposants politiques proches du pouvoir affirment qu'aucun vide juridique ne permet de constater la vacance, Christian Ntimbane Bomo, président exécutif du parti Héritage, démontre que l'article 1(8) de la Constitution rend l'absence prolongée de Paul Biya incompatible avec l'exercice de la fonction présidentielle.

« L'absence de Paul Biya depuis 63 jours viole-t-elle la Constitution ? Christian Ntimbane Bomo répond par l'article 1(8) : le siège des institutions est à Yaoundé. »

Soixante-trois jours. C'est le temps qui s'est écoulé depuis que Paul Biya a quitté Yaoundé pour un « court séjour privé en Europe ». Soixante-trois jours pendant lesquels le président de la République, 93 ans, n'est ni visible ni audible. Soixante-trois jours de rumeurs, de spéculations et d'interrogations sur l'exercice effectif du pouvoir. Et pendant ce temps, une frange de l'opposition politique, qualifiée par certains de « proche du régime », soutient mordicus qu'aucun vide juridique ne permet de caractériser la vacance du pouvoir. Leur argument ? La Constitution ne fixe aucun délai limitatif pour les séjours à l'étranger du président.

Christian Ntimbane Bomo, président exécutif du parti Héritage, ne l'entend pas de cette oreille. Dans une analyse qui secoue le débat politique camerounais, il dénonce une « défaillance dans la compréhension des concepts constitutionnels » et rappelle un article fondamental que les défenseurs du régime semblent avoir oublié : l'article 1(8) de la Constitution, qui dispose que « le siège des institutions est à Yaoundé ».

L'article 1(8) : le fondement oublié du débat

La Constitution camerounaise est claire. Son article 1, alinéa 8, dispose : « Le siège des institutions est à Yaoundé ». Une disposition qui, pour Christian Ntimbane Bomo, est la clé de voûte du débat sur la vacance du pouvoir.

En droit constitutionnel, le siège des institutions est le lieu géographique officiel où les institutions de l'État exercent leurs pouvoirs et travaillent. Le président de la République est une institution. Il doit donc, en vertu de cet article, vivre en permanence à Yaoundé et exercer ses fonctions depuis la capitale camerounaise.

« Le Président Paul Biya n'est pas au siège de l'institution présidentielle à Yaoundé, sans motif juridiquement protégé depuis plus de deux mois », écrit Ntimbane Bomo. La raison officielle ? Un « court séjour privé en Europe ». Une formulation suffisamment vague pour ne constituer aucun motif juridiquement valable de prolongation.

L'argument fallacieux des opposants « proches du régime »

Dans les médias, certains opposants politiques factuellement proches du pouvoir pérorent en affirmant que l'absence de délai limitatif dans la Constitution autoriserait le président à séjourner à l'étranger aussi longtemps qu'il le souhaite, y compris pendant toute la durée de son mandat.

« Soutenir une telle thèse relève d'une défaillance dans la compréhension des concepts constitutionnels », martèle Ntimbane Bomo. Et d'ajouter : « Ils ne maîtrisent visiblement pas le sens et la portée juridique de l'article 1(8) de la Constitution. »

Pour le président exécutif du parti Héritage, cet argument est un sophisme. L'absence de délai limitatif n'est pas une autorisation d'absence perpétuelle. C'est comme si, dans une entreprise, l'absence de durée maximale de congé autorisait un employé à ne jamais revenir à son poste.

Vacance : l'absence injustifiée comme cause de démission implicite

Christian Ntimbane Bomo pousse le raisonnement plus loin. En droit, la démission peut résulter d'un comportement, comme l'abandon de poste de travail sans raison légitime. C'est une tradition administrative bien établie : l'agent qui abandonne son poste est rappelé à le reprendre, faute de quoi il est considéré comme démissionnaire.

« En ce qui concerne le cas du Président de la République du Cameroun, il a abandonné depuis 50 jours son poste de travail qui est Yaoundé », affirme Ntimbane Bomo. La nation camerounaise ne sait pas officiellement où se trouve le président ni pour quelle raison légitime et légale il est hors de Yaoundé.

Le raisonnement est implacable : l'institution présidentielle qu'il incarne n'est plus à Yaoundé, constituant une violation de l'article 1(8) de la Constitution. Conséquence : il y a purement et simplement vacance.

Le gouvernement camerounais en défense

Face à cette analyse, le gouvernement camerounais a rompu le silence. Le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a affirmé sur RFI que le président est « en vie », qu'il « n'a pas démissionné » et qu'« aucune vacance du pouvoir n'a été constatée ».

Le porte-parole du gouvernement rappelle que seule une décision du Conseil constitutionnel pourrait établir une telle situation. Il a également indiqué que le retour de Paul Biya au Cameroun était attendu « prochainement », sans avancer de date précise.

Mais cette communication suscite son lot d'interrogations. Le 3 août 2026, des décrets ont été publiés avec la mention « Yaoundé » comme lieu de signature. Une situation qui a alimenté les doutes sur les réseaux sociaux, certains internautes mettant en question l'authenticité des documents diffusés.

Le débat constitutionnel est lancé

L'absence prolongée du président intervient dans un contexte marqué par une récente révision constitutionnelle. En avril 2026, le Cameroun a rétabli la fonction de vice-président de la République. Cette réforme, qui devait sécuriser la succession, a créé un nouveau questionnement : sans vice-président nommé, qui peut saisir le Conseil constitutionnel ?

Mais pour Christian Ntimbane Bomo, le débat ne se situe pas là. Il se situe à un niveau plus fondamental : celui du respect de la Constitution elle-même. « Le siège des institutions est à Yaoundé » n'est pas une suggestion, c'est une obligation constitutionnelle. Et le président de la République, en tant qu'institution, y est tenu.

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