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© Camer.be : Toto Jacques
- 07 Sep 2026 16:20:33
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Cameroun - Un médecin tué à l'huile bouillante par sa femme
Le Dr Penda Augustin a été tué par sa femme qui lui a versé de l'huile bouillante pendant son sommeil. Un drame qui interroge sur la violence conjugale dont les hommes sont aussi victimes. (
Il a choisi la paix. Elle a choisi la mort. Il y a deux semaines, le Dr Penda Augustin, médecin, rentre chez lui après une dispute avec son épouse. Pour éviter l'escalade, il ne répond pas, ne s'énerve pas, ne se défend pas. Il se couche et s'endort.
Pendant qu'il dort, sa femme prend une casserole d'huile bouillante et la lui verse sur le corps. Brûlures graves. Hospitalisation d'urgence. Après des jours de lutte, le docteur succombe à ses blessures. La femme, arrêtée, invoque le diable.
Un homme qui refuse de se battre. Un homme qui choisit de ne pas abuser de sa femme. Un homme qui meurt parce qu'il s'est endormi.
UNE DISPUTE, UN SOMMEIL, UN DRAME
Tout commence par une dispute conjugale, comme il en existe des milliers chaque jour. Selon des informations recueillies par la presse locale, le couple se serait querellé sur une question privée il y a environ deux semaines.
Mais le Dr Penda Augustin n'est pas un homme de confrontation. Face à l'orage, il choisit le silence. Pour éviter que la situation ne dégénère, il préfère se retirer. Il va se coucher. L'ultime geste d'un homme qui ne veut pas se battre avec celle qu'il aime.
C'est pendant son sommeil que le drame survient. Son épouse aurait alors pris une casserole d'huile de cuisson bouillante et l'aurait versée sur son corps endormi. Le choc est brutal. La douleur, indescriptible. Le médecin est grièvement brûlé.
Transporté d'urgence à l'hôpital, le Dr Penda Augustin est pris en charge par les services médicaux. Les médecins se battent pour sauver leur confrère. Mais les brûlures sont trop graves, trop étendues.
Après plusieurs jours de lutte, il succombe à ses blessures. Un dimanche. Le repos éternel pour celui qui n'avait cherché que la paix.
« C'EST LE DIABLE » : LA DÉFENSE DE L'ACCUSÉE
Arrêtée par les forces de l'ordre, l'épouse du Dr Penda Augustin a été placée en garde à vue. Les enquêteurs tentent d'établir les circonstances exactes du drame et les responsabilités de chacun.
Face aux enquêteurs, la femme aurait avancé une défense pour le moins surprenante : elle affirme que c'est « le diable » qui l'a poussée à commettre cet acte.
Cette déclaration, rapportée par les médias, suscite à la fois l'incompréhension et l'indignation. Comment un différend conjugal, aussi grave soit-il, peut-il justifier un acte d'une telle violence ? Et pourquoi invoquer une force surnaturelle pour expliquer un geste qui relève d'abord d'une responsabilité humaine ?
Les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour déterminer les motifs précis de ce crime et la part de responsabilité de l'accusée.
UNE RÉALITÉ TROP SOUVENT IGNORÉE : LES HOMMES AUSSI SONT VICTIMES
Le drame du Dr Penda Augustin soulève une question profonde, souvent occultée dans les débats sur les violences conjugales : les hommes peuvent aussi être victimes.
Les chiffres sont pourtant éloquents. Une étude publiée en 2023 dans le Journal of Interpersonal Violence révèle qu'au Cameroun, 26,5 % des hommes déclarent avoir subi des violences psychologiques, 24,4 % des violences physiques et 2,3 % des violences sexuelles au cours de l'année précédant l'enquête.
Les hommes sont majoritairement victimes de violences psychologiques et physiques de la part de leur partenaire intime, un phénomène souvent minimisé en raison des stéréotypes de genre. Dans les sociétés patriarcales comme celle du Cameroun, la victimisation masculine est particulièrement sous-documentée.
« Une étude publiée en 2023 dans le Journal of Interpersonal Violence révèle qu'au Cameroun, 26,5 % des hommes déclarent avoir subi des violences psychologiques, 24,4 % des violences physiques et 2,3 % des violences sexuelles. »
Le drame du Dr Penda Augustin illustre tragiquement cette réalité. Un homme qui, pour éviter le conflit, a choisi de se retirer. Un homme qui n'a pas frappé, n'a pas insulté, n'a pas riposté. Et qui a perdu la vie pour cela.
« Un homme a choisi de ne pas se battre, de ne pas riposter, et a essayé d'éviter d'autres conflits et pourtant il a perdu la vie pendant son sommeil », résume un observateur.
UNE SOCIÉTÉ QUI DOIT CHANGER DE REGARD
Ce drame interroge notre regard sur les violences conjugales. Trop souvent, on imagine l'homme comme unique agresseur et la femme comme unique victime. La réalité est plus complexe.
La violence domestique n'a pas de genre. Elle touche hommes et femmes, dans des proportions différentes, mais avec des conséquences tout aussi tragiques.
La mort du Dr Penda Augustin nous rappelle que la prévention des violences conjugales doit s'adresser à tous. Que les victimes, qu'elles soient hommes ou femmes, doivent pouvoir parler, être entendues, être protégées.
Et que personne jamais ne mérite de mourir parce qu'il a choisi la paix.
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