MRC riposte : le MINAT ne nous arrêtera pas
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Cameroun - MRC riposte : le MINAT ne nous arrêtera pas

Le MRC réagit officiellement au refus du MINAT de reconnaître sa Convention. Roger Justin Noah accuse le régime de vouloir déstabiliser l'opposition avant les élections.

Dans un communiqué du 26 août 2026, le MRC dénonce une « tentative de déstabilisation » du régime RDPC et affirme sa détermination à poursuivre sa préparation électorale.

Un communiqué. Une riposte. Et une détermination affichée.

Ce mercredi 26 août 2026, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a officiellement réagi à la décision du ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, de refuser de prendre acte des travaux de la Convention extraordinaire du parti du 21 décembre 2025.

Par la voix de Roger Justin Noah, secrétaire général adjoint chargé de la communication par intérim, le MRC a dénoncé une tentative de déstabilisation orchestrée par le régime en place. Une accusation grave, qui relance le bras de fer entre le pouvoir et le principal parti d'opposition.

Mais que dit exactement le MRC ? Et quelles sont les conséquences de cette riposte sur la scène politique camerounaise ?

La riposte du MRC : « Nous ne laisserons pas faire »

Le MRC a pris connaissance de la correspondance du MINAT datée du 19 août 2026, adressée à Joseph Thierry Okala Ebode, ancien militant exclu du parti plusieurs mois auparavant pour haute trahison.

Dans son communiqué, Roger Justin Noah affirme que le parti conteste fermement la démarche administrative du ministre. Pour le MRC, la contestation portée par un ancien membre, déjà exclu du parti au moment de sa démarche, constitue une « tentative de déstabilisation ».

« Le MRC ne laissera pas le pouvoir continuer impunément à provoquer les Camerounais », peut-on lire dans le communiqué.

Une déclaration ferme qui marque la détermination du parti à ne pas se laisser intimider par les manœuvres administratives du pouvoir.

Pourquoi le MRC accuse-t-il le régime de vouloir le déstabiliser ?

Le MRC estime que cette situation intervient alors que le parti se prépare activement aux prochaines élections législatives et municipales. Une coïncidence qui, pour la formation politique, n'en est pas une.

Les accusations du MRC :
- Le régime RDPC cherche à affaiblir l'organisation du parti.
- Le pouvoir veut installer dans l'opinion l'idée d'une victoire électorale acquise d'avance pour le parti au pouvoir.
- La contestation d'Okala Ebode est instrumentalisée pour diviser le MRC.

« Cette manœuvre s'inscrit dans un contexte où le MRC est en pleine expansion », explique un analyste politique basé à Yaoundé. « 230 nouvelles unités créées depuis janvier 2026 et 2 300 nouveaux militants recrutés en six mois. Le régime a peur de cette montée en puissance et utilise tous les moyens pour freiner l'élan de l'opposition. »

Le MRC maintient son cap électoral

Malgré les obstacles administratifs, le MRC affirme sa détermination à poursuivre sa préparation pour les prochaines échéances électorales.

Dans son communiqué, Roger Justin Noah appelle toutes les structures du parti, au Cameroun comme dans la diaspora, à « poursuivre sereinement la préparation des prochaines élections ».

« Nous ne laisserons pas le pouvoir nous distraire de notre objectif principal : offrir aux Camerounais une alternative crédible », a déclaré un proche de Maurice Kamto.

Le parti maintient ainsi sa ligne : poursuivre son organisation et sa préparation électorale, tout en dénonçant ce qu'il considère comme des manœuvres destinées à le déstabiliser.

Le contexte : une Convention contestée, une exclusion controversée

La Convention extraordinaire du 21 décembre 2025, organisée en visioconférence après l'interdiction par les autorités de la convention prévue le 29 novembre, avait permis de réélire Maurice Kamto à la présidence du MRC.

Mais cette Convention a été contestée par Okala Ebode Joseph Thierry, ancien trésorier adjoint du parti, qui en remettait en cause la régularité juridique. Okala Ebode a depuis été exclu du MRC pour « haute trahison », une décision qu'il conteste vivement.

C'est dans ce contexte de crise interne que le MINAT a choisi de ne pas reconnaître les travaux de la Convention, en s'appuyant sur la contestation d'Okala Ebode.

Pour le MRC, cette démarche du MINAT est une « ingérence » dans les affaires internes du parti et une tentative de déstabilisation orchestrée par le régime.

Une riposte qui interpelle le pouvoir

Le communiqué du MRC du 26 août 2026 est une réponse cinglante à la décision de Paul Atanga Nji. En accusant le régime de vouloir le déstabiliser, le parti d'opposition met le pouvoir face à ses contradictions.

Deux questions se posent :
- Le MINAT a-t-il vraiment agi dans le seul cadre de la loi, ou a-t-il cédé à des pressions politiques ?
- Le pouvoir est-il prêt à assumer les conséquences de ce refus sur la crédibilité du processus électoral ?

Pour l'instant, le gouvernement n'a pas réagi officiellement aux accusations du MRC. Un silence qui en dit long sur la nature de ce bras de fer.

Un test pour la démocratie camerounaise

Cette affaire est un test pour la démocratie camerounaise. À un an des élections locales, le traitement réservé par le pouvoir au principal parti d'opposition sera scruté de près par les observateurs nationaux et internationaux.

La manière dont le gouvernement gérera cette crise déterminera en partie la crédibilité du processus électoral à venir. Si le MRC est empêché de participer aux élections, la légitimité des scrutins sera sérieusement compromise.

« La démocratie ne se limite pas à l'organisation d'élections », rappelle un observateur de la société civile. « Elle implique aussi le respect des droits de l'opposition et la reconnaissance de sa légitimité. »

Ce que l'on peut affirmer et ce que l'on ignore

On peut affirmer que :
- Le MRC a réagi officiellement le 26 août 2026 au refus du MINAT de reconnaître sa Convention extraordinaire.
- Roger Justin Noah, porte-parole du MRC, a dénoncé une « tentative de déstabilisation » du régime RDPC.
- Le MRC appelle ses structures à poursuivre leur préparation électorale.
- Okala Ebode, à l'origine de la contestation de la Convention, a été exclu du MRC pour haute trahison.

On ignore encore :
- Si le MINAT répondra aux accusations du MRC.
- Si la direction du MRC saisira la justice pour contester la décision du MINAT.
- Quelles seront les conséquences de cette affaire sur la participation du MRC aux prochaines élections.

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