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© Camer.be : Onana Nestor
- 26 Aug 2026 13:05:45
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Cameroun - Hôtel Salvador : un suspect, 2 identités, 1 cadavre
Meurtre à l’hôtel Salvador : un suspect de 22 ans arrêté avec deux cartes d’identité et une corde. Le préfet du Mfoundi évoque un « prédateur ».
Mardi 25 août 2026, un drame secoue le quartier Fouda à Yaoundé. Une femme de 44 ans est retrouvée morte, poignardée et égorgée, dans une chambre de l’hôtel Salvador VIP. Quelques minutes plus tard, un jeune homme de 22 ans est rattrapé par les habitants alors qu’il tente de fuir en sautant par-dessus la clôture de l’établissement.
Mais ce qui devait être une simple affaire de meurtre passionnel prend soudain une tout autre tournure. Dans les affaires du suspect, les gendarmes découvrent deux cartes d’identité de femmes, une corde neuve de deux mètres et diverses tenues.
Le préfet du Mfoundi, Emmanuel Djikdent, n’a pas mâché ses mots : « Toute chose qui porte à conclure que c’est quelqu’un qui n’était pas correct ».
Les faits : un rendez-vous mortel
Le drame s’est produit le mardi 25 août 2026 en fin de matinée, à l’hôtel Salvador VIP situé rue Fouda, dans l’arrondissement de Yaoundé V. Beguel Crescence Merline, une quadragénaire née en 1984, était venue de Douala pour rencontrer un jeune homme avec lequel elle avait fait connaissance sur Internet.
Selon les informations recueillies, le suspect aurait transféré 30 000 FCFA à la victime avant leur rencontre, en deux opérations (25 000 FCFA puis 5 000 FCFA). C’est sur place, face à Beguel Crescence Merline, qu’il aurait découvert que son âge ne correspondait pas à ce qu’il avait imaginé lors de leurs échanges en ligne.
Le suspect, âgé de 22 ans, aurait alors exigé le remboursement des 30 000 FCFA. La victime aurait refusé. Une violente altercation a éclaté dans la chambre, au cours de laquelle Beguel Crescence Merline a été mortellement agressée à l’arme blanche.
Le suspect : un prédateur aux multiples identités ?
Ce qui distingue cette affaire des nombreux féminicides qui frappent le Cameroun, c’est le profil du suspect et les éléments découverts lors de son arrestation.
Descendu sur les lieux du drame, le préfet du Mfoundi, Emmanuel Djikdent, a révélé que les gendarmes avaient retrouvé dans les affaires du suspect :
- deux cartes d’identité de femmes ;
- une corde neuve de deux mètres ;
- diverses tenues.
« Toute chose qui porte à conclure que c’est quelqu’un qui n’était pas correct », a déclaré l’autorité administrative.
Selon les rapports, le suspect avait passé trois jours à l’hôtel Salvador avant de commettre le crime. Il aurait donc préparé son coup, ce qui écarte la thèse d’un acte impulsif.
La présence de deux cartes d’identité féminines dans ses affaires suggère que la victime pourrait ne pas être la première. S’agit-il d’un prédateur multirécidiviste qui change d’identité pour attirer ses proies ? L’enquête devra le déterminer.
La fuite et l’arrestation
Après avoir poignardé sa victime, le suspect a tenté de prendre la fuite en sautant par-dessus la clôture de l’hôtel Salvador. Mais il a été rattrapé par les jeunes gens du quartier Fouda, qui l’ont maîtrisé avant de le remettre aux forces de l’ordre.
La Brigade de gendarmerie de Ngousso a été immédiatement dépêchée sur les lieux pour procéder aux premières constatations. Une enquête a été ouverte afin d’établir les circonstances exactes du drame et de déterminer si le suspect est impliqué dans d’autres affaires similaires.
L’hôtel Salvador VIP fermé par le sous-préfet
Le sous-préfet de Yaoundé V, Mabaya Essomba François, a signé une décision le 25 août 2026 ordonnant la fermeture à titre conservatoire de l’hôtel Salvador VIP.
Deux motifs sont invoqués :
- « refuge de malfaiteurs » ;
- l’assassinat de Beguel Crescence Merline.
L’établissement a été placé sous scellés, et la Brigade de gendarmerie de Ngousso est chargée de l’exécution de la mesure. La décision précise qu’il s’agit d’une mesure conservatoire, dans l’attente des suites judiciaires.
Cette fermeture s’inscrit dans un contexte sécuritaire plus large : les autorités administratives renforcent leur vigilance à l’égard des établissements d’hébergement susceptibles d’être utilisés à des fins contraires à la loi.
Un nouveau féminicide dans un contexte alarmant
Ce drame s’inscrit dans une tendance tragique que dénoncent les associations de défense des droits des femmes.
Les chiffres sont éloquents :
- 2023 : 50 femmes tuées
- 2024 : 67 femmes tuées
- 2025 : 77 femmes tuées
Soit une augmentation de 54 % en deux ans. L’année 2026 confirme cette aggravation avec de nouveaux cas recensés chaque mois.
La majorité de ces crimes sont commis au sein du couple par des conjoints ou ex-conjoints, souvent dans le silence ou l’indifférence générale. Des personnalités publiques, comme la footballeuse Ajara Nchout Njoya, ainsi que des acteurs de la société civile, haussent le ton pour exiger une justice plus ferme.
Les associations (comme l’ALVF) déplorent l’absence d’un cadre juridique spécifique criminalisant le féminicide au Cameroun, ce qui conduit parfois à des peines jugées trop clémentes pour les agresseurs.
Ce que l’on peut affirmer et ce que l’on ignore
On peut affirmer que :
- Beguel Crescence Merline a été poignardée à mort le 25 août 2026 à l’hôtel Salvador VIP.
- Un suspect de 22 ans a été arrêté alors qu’il tentait de fuir.
- Il détenait deux cartes d’identité de femmes, une corde de deux mètres et diverses tenues.
- L’hôtel a été fermé par le sous-préfet pour « refuge de malfaiteurs ».
On ne peut pas encore affirmer que :
- Le suspect est un tueur en série même si les éléments découverts sont troublants.
- Il a commis d’autres crimes l’enquête est en cours.
- Le mobile exact est établi les motivations précises restent à confirmer.
Le véritable enjeu : protéger les femmes
Au-delà de cette affaire, c’est un problème de société qui est posé. Chaque féminicide est une tragédie individuelle, mais aussi un échec collectif.
Le profil du suspect, avec ses multiples identités et sa corde, interroge : combien d’autres femmes auraient-elles pu être victimes de ce prédateur présumé ? Et combien d’autres prédateurs rôdent-ils, invisibles, protégés par le silence et l’impunité ?
Le préfet du Mfoundi a parlé d’un homme « pas correct ». Mais ce n’est pas une question de moralité individuelle. C’est une question de système. Un système qui ne protège pas assez les femmes. Un système qui ne punit pas assez les agresseurs. Un système qui, trop souvent, ferme les yeux.
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