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© Camer.be : Paul Moutila
- 28 Jul 2026 12:39:22
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Cameroun - Mvondo Ayolo : « Ceux qui attendent la mort de Biya partiront avant lui »
Samuel Mvondo Ayolo, directeur du cabinet civil, assure que Paul Biya est en bonne santé et met en garde ceux qui espèrent sa mort : « Ils partiront peut-être avant lui ».
Le directeur du cabinet civil de la présidence camerounaise confirme l'existence de « taupes » dans l'entourage de Paul Biya et lance un avertissement sans équivoque à ceux qui patientent pour la succession.
Ils attendent. Ils guettent. Ils espèrent. Mais Samuel Mvondo Ayolo, le directeur du cabinet civil de la présidence, a un message pour eux : « Ceux qui attendent la mort de Paul Biya partiront peut-être avant lui ».
Une phrase glaçante. Un avertissement délibéré. Une plongée dans les arcanes d'un pouvoir qui se sent attaqué et qui répond avec les armes qu'il connaît le mieux : l'intimidation.
Dans une interview exclusive accordée à Jeune Afrique, l'homme de l'ombre de Paul Biya a brisé le silence sur l'état de santé du président, mais aussi et surtout sur l'état d'esprit d'un système en état d'alerte. Derrière les assurances officielles se glissent des formules comminatoires qui en disent long sur la nervosité du régime.
« Taupes » au sein du sérail : l'alerte de Mvondo Ayolo
Le directeur du cabinet civil de la présidence camerounaise, Samuel Mvondo Ayolo, a accordé une interview exclusive à Jeune Afrique dans le cadre de l'enquête du magazine sur les cinquante jours d'absence de Paul Biya. Et ses propos ont fait l'effet d'une bombe dans les couloirs du pouvoir à Yaoundé.
Interrogé sur les rumeurs les plus extrêmes certains évoquant la mort du chef de l'État Mvondo Ayolo a d'abord tenté de rassurer. Il a affirmé que Paul Biya est en « très bonne santé », qu'il « n'a jamais été hospitalisé » en Suisse et qu'il travaille actuellement sur plusieurs dossiers. Le président aurait même invité ses proches « à déjeuner dans un restaurant d'Évian » et aurait signé, le 22 juillet, plusieurs décrets.
Mais c'est la suite qui a retenu l'attention. Car derrière les assurances, Mvondo Ayolo a glissé un avertissement sans équivoque :
> « Ceux qui souhaitent la mort du chef de l'État et alimentent les rumeurs pourraient partir avant lui. »
> « Certains, au sein du sérail, attendent ce départ, mais ils partiront peut-être avant lui. »
« La formule n'est pas une maladresse »
Ces phrases ne sont pas des maladresses de communication. Ce sont des avertissements délibérés, adressés simultanément à deux publics distincts :
1. À l'opinion publique et aux médias : continuer d'alimenter les rumeurs sur l'état de santé du président comporte des risques.
2. Aux acteurs du sérail politique ceux qui se positionnent déjà pour l'après-Biya, qui tissent des alliances, qui préparent des candidatures : votre impatience est connue, et elle vous expose.
Dans la grammaire du pouvoir camerounais, « partir avant » n'est pas une métaphore anodine. C'est une référence limpide à la disgrâce, à l'arrestation, à la prison de Kondengui. Mvondo Ayolo, ancien ambassadeur rompu aux codes de la diplomatie, sait exactement ce qu'il dit et à qui il le dit.
Des « taupes » dans l'entourage de Biya ?
Les déclarations de Mvondo Ayolo confirment l'existence de « taupes » au sein de l'entourage présidentiel.
Cette révélation est d'autant plus explosive qu'elle émane de l'un des hommes les plus proches du président. Nommé directeur du cabinet civil en 2018, Samuel Mvondo Ayolo est considéré comme l'un des deux pôles de pouvoir les plus influents du régime, aux côtés de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence.
Un porte-voix pris en étau
Ce que révèle en creux l'enquête de Jeune Afrique, c'est la position inconfortable dans laquelle se trouve Samuel Mvondo Ayolo. Il est chargé de défendre une position intenable : assurer que tout va bien sans pouvoir le prouver, démentir des informations sans pouvoir les réfuter par des éléments factuels vérifiables.
Face à cette équation impossible, il a choisi la seule arme que le système camerounais maîtrise réellement : la dissuasion. Rassurer d'un côté, menacer de l'autre. Offrir des garanties verbales à ceux qui s'inquiètent sincèrement, et des avertissements à peine voilés à ceux dont l'inquiétude cache une impatience politique.
La guerre des clans au sommet de l'État
Les déclarations de Mvondo Ayolo interviennent dans un contexte de guerre des influences au sommet de l'État camerounais. Selon Jeune Afrique, Ferdinand Ngoh Ngoh « envisage le départ » de Samuel Mvondo Ayolo. Une manœuvre que le directeur du cabinet civil perçoit comme une menace directe.
Les deux hommes se livrent une bataille feutrée pour le contrôle de l'appareil d'État. Mvondo Ayolo a la confiance absolue de Paul Biya. Ngoh Ngoh, lui, contrôle les rouages de l'administration. Leur rivalité, longtemps restée dans l'ombre, s'expose désormais au grand jour.
Une accumulation d'assurances non vérifiables
L'hebdomadaire Jeune Afrique souligne que les déclarations de Mvondo Ayolo, bien que rassurantes en apparence, soulèvent plus de questions qu'elles n'apportent de réponses. Un déjeuner à Évian, attesté par qui ? Des décrets signés, mais rédigés et préparés par qui, dans quelles conditions ? Des audiences accordées, mais dont aucune image n'a été rendue publique.
« L'accumulation d'assurances non vérifiables finit paradoxalement par renforcer le doute qu'elle prétend dissiper ».
« Nous ne cacherions pas la mort du président »
Parmi toutes les déclarations de Mvondo Ayolo, celle-ci mérite une attention particulière. En réponse aux rumeurs les plus extrêmes certains évoquant la mort de Paul Biya le directeur du cabinet civil a rétorqué : « Vous pensez que nous serions irresponsables au point de cacher le décès du chef de l'État ? »
La formule est rhétoriquement habile : elle transforme l'accusation en absurdité, en la poussant à son extrême logique. Mais elle révèle aussi, involontairement, l'étendue des rumeurs que la présidence doit combattre. « Car on ne nie pas ce dont personne ne parle ».
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