CAMEROUN :: Crise anglophone : Lettre ouverte à tous mes compatriotes :: CAMEROON

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Mes chers compatriotes,
C'est en tant que citoyen, comme chacune et chacun d'entre vous, et exclusivement à ce titre, que je vous adresse cette lettre ouverte. La situation de guerre dans les Régions Sud-Ouest et Nord-Ouest -dont il faudra bien sortir par un Dialogue National Inclusif- est une occasion, tragique, de lancer un processus inédit. Le but ultime de ma démarche est de contribuer à enclencher un processus qui conduise le Cameroun à se doter des capacités fondamentales propres de détermination, politique et économique, c'est à dire des moyens de base de la souveraineté pour tout peuple, pour toute nation, pour tout pays. Ce processus peut s'enclencher dès aujourd'hui par l'arrêt sans délai et sans conditions de l'effusion de sang dans les Régions Sud- Ouest et Nord-Ouest et la fin des atrocités et tragédies de toutes natures qui sont intrinsèques à toute guerre.

Mettre fin à l'effusion de sang, sans délai et sans conditions.
En ordonnant le déclenchement de la guerre contre une partie de ses propres compatriotes coupables de manifestations pour l'égalité de traitement entre citoyens et entre régions d'un même pays, le Président Paul Biya a commis une faute. Il est du devoir et de la responsabilité de tout citoyen Camerounais de se dresser pour peser afin d'amener le Président de la République à se convaincre que la seule option acceptable qui lui reste est d'ordonner la fin de cette guerre, sans délai et sans conditions. Arrêter l'effusion de sang dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest honorerait sa fonction et le grandira. Persister dans la faute n'est pas une option.

Pour un régime au service de la cohésion sociale, de l'unité et de la souveraineté nationales.
L'année 2018 est une année chargée en scrutins électoraux dans notre pays. L'élection du prochain Président de la République en est un. Je n'ai pas de raison de douter de la capacité d'aucun des prétendants à la magistrature suprême de succéder à l'actuel Chef de l’État, ni de la volonté de ce dernier de se maintenir. En revanche, tout semble indiquer que la logique de "l'alternance sans alternative" continue de prévaloir dans l'"opposition". A mes yeux, la situation intérieure et l'environnement général international exigent que notre peuple soit capable de se retrouver et se nommer lui-même, condition numéro un de la stabilité d'une communauté politique, constitutive de la souveraineté nationale et creuset des affects de la cohésion sociale nationale. Sans cette dernière, tout discours sur l'unité relève de la manipulation, ou, au mieux, de l'incantation. Un Dialogue National Inclusif (DNI) est indispensable pour une grande respiration qui permettra à notre peuple de se retrouver pour construire les bases institutionnelles de l'unité et de la souveraineté nationales.

A titre d'illustration, la souveraineté monétaire. Celle-ci est la maîtrise par un pays de sa propre monnaie, ce qui permet de décider souverainement de l'orientation, de la qualité et du volume de la production économique, c'est à dire du mode de développement auquel le pays aspire. Nous devons bien reconnaître l'impact nocif et régressif sur le développement de notre pays, de ce que feu Tchundjang Pouémi nommait "la répression monétaire", l'axe structurant de notre soumission par le biais d'accords et traités à vrai dire unilatéraux signés avec des puissances étrangères. Aucune entité étrangère ne défendra à notre place les intérêts de notre peuple et de notre pays. Nous devons changer le régime de soumission aux intérêts de puissances étrangères qui a cours au Cameroun depuis soixante ans. Changer de régime signifie sortir du régime UNC-RDPC et, dans le même mouvement, mettre en échec la logique "alternance sans alternative" qui prévaut dans l'"opposition".

Comment procéder ?
La logique d'"alternance sans alternative" a pour finalité d'entretenir en permanence dans les esprits l'idée fausse selon laquelle, pour un pays comme le nôtre, il n'y a pas d'autre régime politique possible que celui d'une caste au service des intérêts de puissances étrangères et des siens propres. Elle a pour résultats, notamment : les capacités créatives de la société tout entière bridées; des Institutions rendues incapables de penser leur action autrement que les yeux fixés sur l'extérieur (l'"aide au développement", les "bailleurs de fonds internationaux"), et bien sûr, la corruption et l'impunité généralisées qui gangrènent la société tout entière à partir du plus haut niveau de l’État. L'ouverture d'un Dialogue National Inclusif -y compris des forces qui militent pour une "Ambazonie" indépendanteest le premier acte collectif d'un changement de régime sans heurts ni tragédies supplémentaires pour aucune famille. En effet, les Institutions et le système en place seront toujours plus puissants qu'un individu, quel qu'il soit. Par conséquent, venant d'un prétendant au fauteuil présidentiel, quel qu'il soit, l'"ouverture d'un Dialogue National Inclusif" comme ligne de son "programme électoral" ne peut pas être un engagement crédible dans le cadre du statu quo institutionnel.

Notre pays compte d'éminentes personnalités, femmes et hommes, de grande qualité. Certaines de ces personnalités d'une grande probité réunissent des qualités humaines, des compétences techniques et administratives affirmées, une riche expérience de Haut Fonctionnaire et/ou gouvernementale, et un sens de l’État reconnu. Certaines parmi elles font consensus aussi bien dans les Régions Sud-Ouest et Nord-Ouest que dans le reste du pays. Dans le contexte actuel, une puissante mobilisation citoyenne est de nature à imposer l'ouverture d'un Dialogue National Inclusif ouvert, y compris aux forces qui militent pour une "Ambazonie" indépendante. Dans ce cas de figure, la mobilisation d'ampleur sera aussi capable de solliciter avec succès des personnalités telles que décrites ci-dessus, les unes pour encadrer et assurer les travaux d'un Dialogue National Inclusif serein de grande qualité, productive et utile, d'autres pour assurer la continuité de l’État pour une période de transition de deux à trois ans. Le Dialogue National Inclusif aurait ainsi pour missions centrales :

  • 1/La nomination d'un Gouvernement de transition chargé de la continuité de l’État jusqu'à l'entrée en vigueur des nouvelles Institutions.
  • 2/La définition des modalités d'organisation et la convocation d'une Assemblée Constituante qui aura mission de préparer un projet de nouvelle Loi Fondamentale (Constitution).
  • 3/La définition des bases institutionnelles fondamentales indispensables à la construction des moyens de la cohésion sociale, de l'unité et de la souveraineté nationales.

Notre responsabilité consiste à faire naître un puissant mouvement citoyen convergent sur deux objectifs qui sont de nature à rassembler toutes les bonnes volontés de la communauté nationale dans son ensemble : mettre fin sans délai et sans conditions à l'effusion de sang dans les Régions Sud-Ouest et Nord-Ouest, et ouvrir sans délai un Dialogue National Inclusif. Les bonnes volontés sont présentes partout, notamment au sein du régime et parmi ses soutiens, au sein de l'"opposition" et parmi ses soutiens, au sein des innombrables autres entités nationales de toutes natures. Avec une totale liberté d'initiative et d'action, chacune et chacun d'entre nous pouvons faire naître et grandir ce mouvement en échangeant et débattant avec nos relations et nos réseaux d'amitié. Nous pouvons changer de régime, sans heurts ni tragédies supplémentaires. Nous le devons en particulier aux plus jeunes générations et aux générations futures. Cette lettre a été rédigée avec la volonté de me faire comprendre, et non pas celle de convaincre. Avec respect, je vous remercie de l'attention que vous aurez accordée à mon propos.

© Correspondance De : Abbo A Beyeck

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