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© Camer.be : Paul Moutila
- 09 Sep 2026 16:46:57
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Cameroun - Siddiki à Kamto : « Je refuse ta démission »
Aboubakary Siddiki, président du MPSC et ancien codétenu de Maurice Kamto, lui adresse une lettre ouverte pour refuser sa démission et l’appeler à revenir sur sa décision.
Dans une lettre ouverte rendue publique, Aboubakary Siddiki, président du Mouvement Patriotique du Salut Camerounais (MPSC) et ancien compagnon de cellule de Maurice Kamto, refuse la démission de ce dernier de la présidence du MRC et l’appelle à « former les bataillons » plutôt qu’à quitter le navire.
« Je réfute, refuse et recuse ta démission du MRC. » C’est par ces mots qu’Aboubakary Siddiki, président du MPSC et ancien codétenu de Maurice Kamto à la prison de Kondengui, ouvre sa lettre ouverte au leader de l’opposition camerounaise. Une déclaration qui tranche avec le silence ou les commentaires convenus qui ont suivi l’annonce choc du 8 septembre 2026. Siddiki ne cache pas son émotion : il a partagé avec Kamto « les pires moments de » leurs vies en prison. Il lui rappelle les précédents historiques des démissions au Cameroun Ahidjo, Garga Haman Adji, Issa Tchiroma Bakary qui, selon lui, n’ont « apporté que problèmes en lieu et place des solutions ». Et il conclut par un avertissement solennel : « Tu n’as pas le droit de quitter le navire parce qu’il tangue. »
Un refus catégorique de la démission
Aboubakary Siddiki, président national du Mouvement Patriotique du Salut Camerounais (MPSC), a adressé une lettre ouverte à Maurice Kamto dans laquelle il exprime son opposition ferme à la démission de ce dernier de la présidence du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC).
« Je réfute, refuse, et recuse ta démission du MRC », écrit-il d’emblée. Pour lui, la décision de Kamto, annoncée le 8 septembre 2026, est « non motivée », « vague » et « tombe comme un couperet sur les têtes des militants du MRC et ceux qui pensent comme toi ».
Les précédents historiques : une leçon pour Kamto
Siddiki convoque l’histoire politique du Cameroun pour étayer son refus. Il cite d’abord la démission d’Ahmadou Ahidjo en 1982. « Conséquences : nous vivons ce que nous vivons, et traversons ce que nous traversons », écrit-il. Ahidjo, qui avait transmis le pouvoir à Paul Biya le 6 novembre 1982, sera plus tard condamné à mort par contumace après une tentative de coup d’État en avril 1984.
Il évoque ensuite la démission de Garga Haman Adji, alors ministre de la Fonction publique, le 27 août 1992. Celui-ci avait quitté le gouvernement en estimant être « empêché de mener la lutte contre la corruption ». Siddiki affirme que l’Extrême-Nord, région d’origine du démissionnaire, « n’a jamais retrouvé ses traces ni sa place de fille aînée de la fratrie Biya ».
Enfin, il mentionne la démission d’Issa Tchiroma Bakary en juin 2025, qui avait quitté le gouvernement pour se présenter à l’élection présidentielle. Conséquence, selon Siddiki : « Naissance d’un bon diable et dislocation de l’une des plus grandes formations politiques du Cameroun. »
Une amitié née en prison
Le ton de la lettre est celui d’un homme qui a partagé avec Kamto les épreuves les plus difficiles. Siddiki rappelle qu’ils se sont rencontrés en prison, qu’il a « accueilli » Kamto derrière les barreaux et partagé avec lui « les pires moments de » leurs vies.
« L’intimité, la proximité et le désert que nous avons traversés ensemble me donnent le droit et le toupet de te parler comme je veux, quand je veux, avec le ton qui me convient », écrit-il. « C’est les avantages du Ngata (prison). » Il évoque également d’autres figures de l’opposition ayant connu la prison : Paul Eric Kingue, incarcéré pendant sept ans, Christian Penda Ekoka, emprisonné à la prison principale de Yaoundé, Célestin Djamen, blessé par balle et emprisonné, et Michèle Ndoki.
Une critique de l’entourage de Kamto
Siddiki ne cache pas son amertume vis-à-vis de l’entourage du leader du MRC. « Je ne sais pas ce que le père a mis dans ta tête pour que tu te sépares de tous tes vrais amis en ne gardant que les béni Oui-Oui », écrit-il, dans une allusion à un conseiller proche de Kamto.
Il fait également référence à un épisode douloureux : « lorsque j’ai lu ton post sur le comportement de certains proches lors de la ruée vers Tchiroma, j’ai compris. J’ai compris à quel point tu as eu mal. Se faire arracher son butin, le fruit de son labeur et l’accepter fairplay tout en sachant et prédisant la direction des évènements n’est pas chose facile. »
Un appel à la résilience
Siddiki termine sa lettre par un appel vibrant à la résistance. Il évoque deux défis que Kamto devrait encore relever : « Refuser coûte que vaille la succession de GRÉ à GRÉ » et « Prouver que sont plus bêtes ceux qui ont traité l’opposition camerounaise de bête ».
Il lance un avertissement : « Tu n’as pas le droit de quitter le navire parce qu’il tangue. » Et il rappelle à Kamto son identité : « Les hommes de l’Ouest ne démissionnent pas, ils sont connus pour leur résilience, leur résistance et leurs capacités de renaître de leurs cendres. » Il conclut par un proverbe du Sahel : « Dans certaines situations, mieux vaut ta monture habituelle qu’une neuve. » Et il lance un dernier appel : « Kamto, reviens sur ta décision et FORMONS LES BATAILLONS. »
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