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© Camer.be : Toto Jacques
- 27 Aug 2026 02:32:55
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Rentrée scolaire 2026 : l'armée camerounaise en alerte maximale
À l'approche de la rentrée scolaire 2026, Joseph Beti Assomo a réuni l'état-major pour renforcer la sécurité. Villes mortes, terrorisme, enlèvements : les défis à relever.
Alors que la rentrée scolaire est fixée au 7 septembre 2026 et la rentrée universitaire en octobre, le ministre de la Défense Joseph Beti Assomo a présidé une réunion stratégique pour passer au crible les menaces qui pèsent sur l'année académique des villes mortes du Nord-Ouest aux incursions terroristes de l'Extrême-Nord, en passant par une criminalité urbaine en hausse.
Le 26 août 2026, dans la salle des actes du ministère de la Défense à Yaoundé, Joseph Beti Assomo a réuni le haut commandement militaire et les responsables des forces de sécurité pour une évaluation sécuritaire exceptionnelle en prélude aux rentrées scolaire et universitaire 2026-2027. La rentrée scolaire est fixée au lundi 7 septembre 2026, et celle de l'université au mois d'octobre.
Mais derrière ce calendrier apparemment ordinaire se cache une réalité beaucoup plus complexe. Car si le ministre affirme que la situation sécuritaire reste « globalement maîtrisée », les zones d'ombre sont nombreuses : des mots d'ordre de « villes mortes » persistent dans certaines localités du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, l'Extrême-Nord subit encore des incursions terroristes, le Septentrion est secoué par des enlèvements contre rançon, et les grandes villes voient augmenter les infanticides et les féminicides. Comment le gouvernement compte-t-il garantir une rentrée paisible sur l'ensemble du territoire ? Plongée dans les coulisses d'une réunion qui en dit long sur l'état du Cameroun.
Un dispositif sécuritaire renforcé pour l'année académique
La réunion du 26 août 2026, présidée par Joseph Beti Assomo, ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, a rassemblé un parterre de hauts responsables : le ministre de l'Administration territoriale Paul Atanga Nji, le délégué général à la Sûreté nationale, le secrétaire d'État auprès du ministre de la Défense chargé de la Gendarmerie nationale, le directeur général de la Recherche extérieure, ainsi que le haut commandement militaire conduit par le chef d'état-major des armées.
L'objectif affiché : « garantir un environnement serein aux apprenants, aux enseignants et à la communauté universitaire ». Pour y parvenir, les forces de défense et de sécurité ont reçu pour instruction d'intensifier les opérations de sécurisation en synergie avec les autorités administratives.
Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest : la menace persistante des « villes mortes »
Près de dix ans après le début de la crise anglophone, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO) restent le principal point de vigilance. Entre janvier et mars 2026, au moins 33 contraintes d'accès humanitaire ont été documentées dans ces deux régions. Les activités humanitaires continuent d'être perturbées les lundis, journées largement observées comme des « villes mortes » des journées où les activités économiques et scolaires sont paralysées sur ordre des groupes armés non étatiques.
Selon un rapport de l'ONU, 19 incidents liés à des engins explosifs improvisés ont été enregistrés dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest au premier trimestre 2026, ainsi que huit incidents affectant directement l'éducation. La fermeture de 105 écoles a d'ailleurs été ordonnée par le ministère des Enseignements secondaires à quelques semaines de la rentrée.
« Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les forces de défense et de sécurité poursuivent leurs actions visant à préserver l'intégrité territoriale afin d'assurer la sécurité des personnes et des biens », a rappelé Joseph Beti Assomo lors d'une précédente évaluation.
L'Extrême-Nord : la menace terroriste toujours présente
Dans l'Extrême-Nord, la menace n'a pas disparu. La réunion du 26 août a évoqué la « persistance de quelques incursions de prédation terroriste ». Cette région, qui borde le lac Tchad, est régulièrement la cible d'attaques de groupes jihadistes, notamment Boko Haram. Les autorités conseillent d'ailleurs d'éviter tout déplacement dans cette zone, classée comme la région « à plus haut risque du Cameroun ».
Le Septentrion et les enlèvements contre rançon
Autre point noir évoqué lors de la réunion : les « prises d'otages avec demande de rançon signalées dans le Septentrion ». Le nord du Cameroun est confronté à une crise sécuritaire marquée par des enlèvements contre rançon, un phénomène qui générerait environ 1 milliard de FCFA par an selon certaines estimations. En 2023, près de 450 enlèvements avaient été recensés dans les seules régions anglophones.
Les frontières, la piraterie et les crimes urbains
L'attention s'est également portée sur la sécurisation des frontières de l'Est et du Sud, zones marquées par une insécurité transfrontalière croissante. La régulation des activités minières et la surveillance de la façade maritime contre la piraterie étaient également à l'ordre du jour.
Enfin, les crimes urbains ont fait l'objet d'une attention particulière, avec la mention des « infanticides et féminicides » récurrents. Le Cameroun fait face à une aggravation documentée de ces violences, avec une hausse de 54 % des meurtres de femmes au premier trimestre 2026. Le système des Nations Unies au Cameroun s'est dit « profondément préoccupé » par cette recrudescence.
Une rentrée sous haute surveillance
La réunion s'est achevée sur une note de fermeté, réaffirmant « le plein engagement des Forces de défense et de sécurité à garantir une rentrée paisible sur toute l'étendue du territoire national ». Des instructions ont été données pour une intensification des opérations.
Reste à savoir si ce dispositif suffira à garantir une année académique sereine dans un pays où les défis sécuritaires sont multiples et souvent interconnectés. La communauté éducative, les parents et les élèves attendent désormais des actes concrets.
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