Le caporal-chef Mfoula Évariste Junior, ancien du BIR et ex-garde de Ferdinand Ngoh Ngoh, a été interpellé à Cotonou avant de rejoindre l'Europe. 

Cotonou, octobre 2026. Le caporal-chef Mfoula Évariste Junior, 28 ans, ancien du Bataillon d'intervention rapide (BIR) et ex-agent de la sécurité rapprochée de Ferdinand Ngoh Ngoh, est interpellé par la brigade criminelle de la police judiciaire béninoise. Il était en transit, selon le récit fourni, avant de rejoindre l'Europe.

L'homme n'est pas un inconnu. Depuis début octobre, sa voix circule sur les réseaux sociaux. Il accuse l'épouse du secrétaire général de la présidence, Céline Ngoh Ngoh, de harcèlement sexuel. Il dit avoir fui le Cameroun en avril 2026. Il dit aussi avoir été qualifié de déserteur et accusé d'un vol de quatre millions de francs CFA qu'il nie.

Aujourd'hui, il est sous les verrous au Bénin. Et les questions se bousculent : qui l'a localisé ? Pourquoi maintenant ? Et que va-t-il advenir de son témoignage ?

Ce que dit le récit de l'arrestation

Selon les informations fournies, Mfoula Évariste Junior a été interpellé à Cotonou alors qu'il effectuait « un court séjour de transit » avant de rejoindre l'Europe. Le mode opératoire est décrit avec une précision qui interroge : ce sont « les multiples coups de fil passés par ce déserteur aux membres de sa famille » qui auraient permis de le localiser.

Autrement dit, c'est en communiquant avec les siens qu'il aurait été trahi. Une géolocalisation par recoupement d'appels, un suivi téléphonique, ou une simple indiscrétion familiale : le récit ne tranche pas. Il dit seulement que la trace du fuyard passait par son téléphone.

La brigade criminelle de Cotonou, unité d'élite de la Direction de la police judiciaire (DPJ) béninoise, est habituée aux affaires sensibles. Elle a déjà été saisie de dossiers de terrorisme, de criminalité transfrontalière et d'affaires politiquement sensibles. L'interpellation de Mfoula pourrait entrer dans l'une de ces catégories. Ou dans aucune. Aucune source officielle n'a précisé le cadre juridique de l'arrestation.

Le contexte : un homme qui a parlé

Pour comprendre l'arrestation, il faut revenir à ce que Mfoula a dit. Et à ce qu'il a fait.

Ancien du BIR, l'unité d'élite de l'armée camerounaise, il affirme avoir été affecté en 2021 à la garde rapprochée de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence de la République, et de son épouse Céline. Pendant cinq ans, il a fait partie de ce cercle très fermé qui voit, entend et sait.

En avril 2026, il fuit. Il dit avoir été contraint à une relation sexuelle par Céline Ngoh Ngoh, une nuit à Bastos, dans des circonstances qu'il décrit avec précision : téléphones confisqués, gardes renvoyés, isolement au quatrième étage, menace à peine voilée (« Tu sais qui est mon mari »). Il dit avoir obéi sous la contrainte, puis avoir fui le lendemain.

En octobre 2026, il parle. Son témoignage, diffusé sur Le Fauteuil Rouge TV , fait l'effet d'une bombe. Il ne s'arrête pas à l'épouse du SGPR : il évoque aussi des « pratiques terrifiantes », des « accusations d'enlèvements et de traite d'êtres humains », un « couple inhumain ». Il cite l'affaire Martinez Zogo, dans laquelle le nom de Céline Ngoh Ngoh avait déjà circulé.

Le pouvoir ne répond pas. Ferdinand Ngoh Ngoh ne s'exprime pas. Son entourage non plus. C'est la règle d'un système qui ne répond jamais.

La fuite, le silence, et l'arrestation

Mfoula a fui en avril. Il a parlé en octobre. Il a été arrêté à Cotonou, probablement fin octobre. Entre-temps, il y a eu six mois de silence, puis une déflagration médiatique, puis une traque.

Ceux qui l'ont localisé ne sont pas nécessairement ceux que l'on croit. Le Bénin n'est pas un refuge historique pour les opposants ou les témoins gênants. Cotonou entretient des relations sécuritaires étroites avec Yaoundé, notamment dans le cadre de la coopération policière régionale. Une notice rouge d'Interpol, un mandat d'arrêt international, ou une simple demande d'extradition peuvent suffire. Mais aucune de ces hypothèses n'a été confirmée.

Ce qui est certain, c'est que Mfoula était en transit. Il ne comptait pas rester au Bénin. Il voulait rejoindre l'Europe. L'arrestation a interrompu ce projet. Et avec lui, peut-être, la possibilité pour lui de continuer à parler depuis un lieu sûr.

Ce que l'arrestation change

Jusqu'ici, Mfoula était un témoin en fuite. Il parlait depuis un ailleurs indéterminé, protégé par la distance. Son récit était contesté, mais il circulait. Sa parole était libre, même si elle était fragile.

Aujourd'hui, il est entre les mains de la police d'un pays dont les relations avec le Cameroun sont étroites. Son témoignage ne disparaît pas. Mais sa capacité à le porter, à le détailler, à répondre aux questions des journalistes, à fournir des preuves, est considérablement réduite.

C'est peut-être là le véritable enjeu de l'arrestation. Pas la capture d'un homme. La mise sous contrôle d'une parole.


Qui est Mfoula Évariste Junior ?
Un caporal-chef camerounais, ancien du Bataillon d'intervention rapide (BIR), affecté pendant cinq ans à la sécurité rapprochée de Ferdinand Ngoh Ngoh et de son épouse. Il a fui le Cameroun en avril 2026 et a accusé publiquement Céline Ngoh Ngoh de harcèlement sexuel.

Pourquoi a-t-il été arrêté à Cotonou ?
Le récit fourni indique qu'il a été localisé grâce aux appels passés à sa famille. Le cadre juridique de l'arrestation (mandat, notice rouge, demande d'extradition) n'a pas été confirmé par une source officielle.

Où est-il détenu ?
Selon les informations disponibles, il a été interpellé par la brigade criminelle de la police judiciaire béninoise, à Cotonou. Son lieu de détention exact et les conditions de sa garde à vue n'ont pas été précisés.

Son témoignage peut-il encore être utilisé ?
Sur le plan juridique, un témoignage recueilli hors du contrôle d'un juge peut être contesté. Sur le plan médiatique, sa parole reste disponible, mais sa capacité à la porter est réduite par la détention.