-
© Camer.be : Paul Moutila
- 12 Sep 2026 17:24:28
- |
- 339
- |
Ukraine - Coupures d'électricité : Zelensky menace de riposter sur Moscou
Zelensky avertit la Russie : toute campagne massive contre le réseau électrique ukrainien entraînera une riposte visant le secteur énergétique russe. Ce que l'on sait.
Lors du sommet YES à Kyiv, Zelensky a averti la Russie qu'une campagne massive contre le réseau électrique ukrainien déclencherait une riposte ukrainienne visant le secteur énergétique russe.
Volodymyr Zelensky a adressé un avertissement direct à Moscou. Le 11 septembre 2026, lors du sommet Yalta European Strategy (YES) à Kyiv, le président ukrainien a prévenu que toute nouvelle campagne russe contre le réseau électrique ukrainien entraînerait une riposte visant à son tour les infrastructures énergétiques russes.
« La Russie sait que, si elle frappe et elle se prépare à frapper notre système énergétique cet hiver , elle recevra exactement la même chose », a-t-il déclaré, dans un entretien accordé au journaliste américain Fareed Zakaria et lors de son discours au forum.
Il a ajouté une formule qui résume tout : « S'ils nous provoquent des pannes de courant, nous tenterons de leur répondre de la même manière. »
Zelensky a aussi tendu une perche. Il a proposé un « armistice énergétique » entre les deux pays. Reste une question : l'Ukraine a-t-elle réellement les moyens de couper le courant à Moscou ? La réponse se trouve peut-être du côté de Fire Point, une entreprise ukrainienne qui affirme préparer le déploiement de ses premiers missiles balistiques.
Ce qu'a dit Zelensky exactement
Vendredi 11 septembre 2026, Kyiv. Le sommet Yalta European Strategy (YES) bat son plein. Devant le journaliste américain Fareed Zakaria, puis dans son discours officiel, Volodymyr Zelensky hausse le ton.
« L'Ukraine est capable de répondre à la Russie pour n'importe laquelle de ses opérations », a-t-il déclaré, selon le Kyiv Post.
Puis vient la phrase qui a fait le tour des agences de presse.
« La Russie sait que, si elle frappe, et elle se prépare à frapper notre système énergétique pendant l'hiver, elle recevra exactement la même chose. S'ils nous provoquent des pannes de courant, nous tenterons de leur répondre de la même manière. »
Zelensky a nuancé son propos. Il a précisé que l'Ukraine ne copierait pas la manière dont la Russie traite les populations civiles. « Je ne compare pas cela aux catastrophes humanitaires qu'ils provoquent aujourd'hui. L'Ukraine ne fait pas ça. » Mais il a maintenu le principe : les attaques contre les infrastructures stratégiques ne resteront pas sans réponse.
L'armistice énergétique : une porte ouverte
Zelensky n'a pas seulement menacé. Il a aussi proposé. Un « armistice énergétique », qu'il a présenté comme une solution possible pour éviter l'escalade.
« Le processus de négociation doit viser la fin de la guerre », a-t-il expliqué. « Et si la Russie ne veut pas y mettre fin, alors les partenaires doivent trouver une approche pour l'y contraindre. Si c'est difficile à trouver, alors aujourd'hui, au moins, nous devons avancer pas à pas. Débloquer la mer Noire et trouver un chemin vers un armistice énergétique si on peut utiliser cette expression où le secteur énergétique des deux pays est protégé. »
La logique est simple. Si les Russes ne frappent pas le système énergétique ukrainien, l'Ukraine s'abstiendra de riposter. Une forme de dissuasion mutuelle, appliquée à l'énergie.
Les frappes ukrainiennes en profondeur : les faits récents
Cette menace n'est pas lancée dans le vide. L'Ukraine a déjà démontré sa capacité à frapper loin.
Le 9 septembre 2026, un drone ukrainien a atteint deux installations gazières russes situées à plus de 3 000 kilomètres de la frontière, dans la région de Iamalo-Nénétsie, en Arctique. La région concentre environ 80 % de la production de gaz naturel russe, selon l'agence Interfax.
Les forces spéciales ukrainiennes ont revendiqué « la frappe la plus profonde en territoire russe depuis le début de la guerre ». L'opération a été menée avec un drone FP-1 de l'entreprise Fire Point.
Le même jour, Zelensky a évoqué d'autres frappes : une raffinerie de pétrole dans le district autonome de Iamalo-Nénétsie et un port commercial dans la république russe du Daghestan.
Fin août, le ministère russe de la Défense avait annoncé préparer des « frappes massives » contre les installations énergétiques ukrainiennes, présentées comme une riposte aux attaques ukrainiennes sur le secteur énergétique russe.
Fire Point et les missiles qui pourraient changer la donne
C'est ici que l'équation militaire devient intéressante. Fire Point, l'entreprise ukrainienne qui a produit le drone utilisé pour la frappe record de septembre, développe des missiles balistiques.
Iryna Terekh, sa directrice, a annoncé le 10 septembre 2026 que le missile FP-7 entrerait en service « dans quelques semaines, pas dans quelques mois ». Le FP-7 a une portée de 200 kilomètres et peut emporter une ogive de 150 kilogrammes. Sa vitesse maximale atteint 1 500 mètres par seconde. Son fondateur, Denys Shtilerman, l'a comparé au système américain ATACMS.
Mais c'est le FP-9 qui pourrait changer la donne. Ce missile, dont la portée atteindrait 850 kilomètres, est en phase d'essais en vol. Selon Terekh, les tests ne peuvent pas être menés sur le territoire ukrainien en raison de la portée. « Par conséquent, l'étape suivante pourrait effectivement impliquer des frappes de combat contre des cibles à l'intérieur de la Russie. »
Un missile de 850 kilomètres de portée, lancé depuis le territoire ukrainien, peut atteindre Moscou. La distance entre la frontière ukrainienne et la capitale russe est d'environ 450 kilomètres.
En juin 2026, Shtilerman avait déjà évoqué la possibilité de « vols vers le territoire russe » après les tests. « Les militaires détermineront les cibles, mais je pense qu'elles seront significatives dès le début », avait-il déclaré.
L'Ukraine peut-elle vraiment plonger Moscou dans le noir ?
La question mérite d'être posée. Les faits connus ne permettent pas d'y répondre avec certitude.
Ce que l'on sait :
- L'Ukraine a déjà frappé des infrastructures énergétiques russes à 3 000 kilomètres de sa frontière, avec des drones.
- Fire Point développe des missiles balistiques de 200 km (FP-7) et 850 km (FP-9) de portée.
- Le FP-9 est en essais. Sa portée théorique lui permettrait d'atteindre Moscou.
- Le réseau électrique de Moscou est un système complexe, avec de multiples points de production et de distribution.
Ce que l'on ne sait pas :
- Le nombre de missiles FP-9 qui pourraient être produits et déployés.
- Leur précision réelle et leur capacité à pénétrer les défenses aériennes russes.
- L'ampleur des dégâts qu'un nombre limité de missiles pourrait causer sur un réseau maillé comme celui de Moscou.
L'affirmation de Zelensky selon laquelle l'Ukraine peut « répondre de la même manière » est donc, à ce stade, une intention stratégique plus qu'une capacité démontrée. Une frappe de drone sur une installation gazière en Arctique n'est pas la même chose qu'une panne d'électricité généralisée dans une capitale de 13 millions d'habitants.
Pourquoi cette déclaration maintenant
Le calendrier n'est pas anodin. L'hiver approche. En Ukraine, les hivers sont rigoureux. Le réseau électrique est déjà fragilisé par deux ans et demi de guerre. La Russie, selon Zelensky, prépare une nouvelle campagne de frappes massives contre ce réseau.
En 2022-2023 et 2023-2024, la Russie a déjà mené des campagnes de ce type, plongeant des millions d'Ukrainiens dans le noir et le froid pendant des semaines. L'objectif était double : détruire la capacité de résistance ukrainienne et briser le moral de la population.
La menace de Zelensky vise à dissuader Moscou de répéter cette stratégie. En menaçant de riposter sur le réseau russe, il envoie un message : le coût d'une campagne hivernale contre l'électricité ukrainienne serait désormais partagé.
Le contexte plus large : la mer Noire et la guerre d'usure
Zelensky a lié l'armistice énergétique à une autre question : le déblocage du corridor alimentaire de la mer Noire. Les deux sujets sont liés dans son esprit.
Le corridor céréalier, qui a permis à l'Ukraine d'exporter des millions de tonnes de grains, est perturbé par les frappes russes sur les navires commerciaux et les infrastructures portuaires. Zelensky a averti que le blocage naval posait des risques « catastrophiques » pour le Sud global, comparant la situation aux goulets d'étranglement maritimes du Moyen-Orient.
« Les Ukrainiens ne seront pas laissés sans nourriture », a-t-il déclaré. « Les prix des céréales baisseront [au niveau national] parce que... » La phrase, telle que rapportée par le Kyiv Post, s'interrompt là. Mais le message est clair : la sécurité alimentaire mondiale est en jeu, et l'Ukraine veut lier la réouverture du corridor à l'armistice énergétique.
Ce que Moscou n'a pas dit
À l'heure où nous écrivons ces lignes, le Kremlin n'a pas répondu publiquement aux déclarations de Zelensky. Aucun communiqué officiel du ministère russe de la Défense ou de la présidence n'a été publié.
Le ministère russe de la Défense avait annoncé, fin août, préparer des « frappes massives » contre les installations énergétiques ukrainiennes. Cette annonce constitue, en soi, une forme de réponse anticipée.
Nous n'avons pas pu joindre le ministère russe des Affaires étrangères ni l'ambassade de Russie à Paris avant publication.
Dissuasion ou escalade ?
Deux lectures sont possibles.
La première, celle de Zelensky : il s'agit de dissuasion. En menaçant de riposter sur le réseau électrique russe, il cherche à empêcher Moscou de lancer une nouvelle campagne hivernale. La logique est celle de la « destruction mutuelle assurée » appliquée aux infrastructures civiles. Si les deux pays peuvent se plonger mutuellement dans le noir, aucun n'a intérêt à déclencher les hostilités.
La seconde : il s'agit d'escalade. En menaçant de frapper le réseau électrique russe, l'Ukraine franchit un seuil rhétorique. Jusqu'à présent, Kyiv avait évité de revendiquer explicitement des frappes visant à provoquer des pannes d'électricité de masse en Russie. La déclaration de Zelensky pourrait être interprétée par Moscou comme une justification pour intensifier ses propres frappes.
La réalité se situe probablement entre les deux. Zelensky propose un armistice énergétique tout en menaçant de riposter. Il offre une porte de sortie tout en posant un ultimatum. C'est une posture classique de négociation : créer un coût pour l'adversaire tout en lui laissant une alternative.
Reste une question, essentielle et non résolue : l'Ukraine dispose-t-elle réellement des capacités nécessaires pour provoquer une coupure d'électricité de grande ampleur dans la capitale russe ? Les missiles FP-9 pourraient, à terme, fournir cette capacité. Mais « à terme » n'est pas « maintenant ». Et l'hiver, lui, arrive.
Qu'a dit Zelensky exactement sur les coupures d'électricité ?
Lors du sommet YES à Kyiv, le 11 septembre 2026, Zelensky a déclaré : « La Russie sait que, si elle frappe, et elle se prépare à frapper notre système énergétique pendant l'hiver, elle recevra exactement la même chose. S'ils nous provoquent des pannes de courant, nous tenterons de leur répondre de la même manière. »
Qu'est-ce qu'un « armistice énergétique » ?
C'est une proposition de Zelensky : si la Russie cesse de frapper le réseau électrique ukrainien, l'Ukraine cessera de frapper le réseau russe. Une forme de cessez-le-feu limité au secteur énergétique.
L'Ukraine a-t-elle les moyens de couper le courant à Moscou ?
Pas de manière démontrée à ce stade. L'Ukraine a frappé des infrastructures russes à 3 000 km avec des drones. Fire Point développe le missile FP-9, d'une portée de 850 km, qui pourrait atteindre Moscou. Mais les essais ne sont pas terminés et le nombre de missiles disponibles n'est pas connu.
Qu'est-ce que le missile FP-7 ?
Le FP-7 est un missile balistique tactique développé par l'entreprise ukrainienne Fire Point. Il a une portée de 200 km, peut emporter une ogive de 150 kg et atteint une vitesse de 1 500 m/s. Sa mise en service est annoncée pour « quelques semaines ».
Pour plus d'informations sur l'actualité, abonnez vous sur : notre chaîne WhatsApp
Lire aussi dans la rubrique GéOPOLITIQUE
Les + récents
Fausse annonce : un « nouveau parti » attribué à Kamto circule
SURESNES – DJ HANS ET RÉGINE : QUAND L’AMOUR CHOISIT LA SOBRIÉTÉ
Coupures d'électricité : Zelensky menace de riposter sur Moscou
« La France a tout organisé » : la sortie explosive d'Ali Bongo
Edito de Alain Ndanga : Maurice Kamto, pape du droit, pape de la politique
N/A :: les + lus
Ukraine : Zelensky réclame 27 milliards, l'Europe s'interroge
- 11 September 2026
- /
- 1
LE DéBAT
Afrique : Quel droit à l'image pour les défunts au Cameroun ?
- 17 December 2017
- /
- 253475
canal de vie
Vidéo de la semaine
évènement
