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© Correspondance : Dr Erick Achille Omar Nko'o
- 03 Sep 2026 08:27:39
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FÉMINICIDES AU CAMEROUN : LE NON-DIT SUR LA RESPONSABILITÉ FÉMININE ET L'IMPÉRATIF D'UNE RÉÉDUCATION
Le discours dominant sur les féminicides au Cameroun est aujourd'hui un discours à sens unique. On parle de l'homme monstre, de l'homme bourreau, de l'homme prédateur.
On ne parle jamais de la femme actrice, de la femme provocatrice, de la femme stratège qui a mis en place les conditions de son propre drame.
Pourtant, si nous voulons être honnêtes et stopper ces morts, il faut avoir le courage de dire ce que personne ne veut dire : au Cameroun, une grande partie des féminicides trouve son origine dans un comportement féminin dévoyé qui a transformé l'homme en simple distributeur automatique de billets et de services.
Mon propos n'est pas de justifier le meurtre. Le meurtre reste un crime. Mon propos est de comprendre le mécanisme qui y mène. On ne peut pas lutter contre un incendie en accusant seulement le feu, il faut comprendre qui a versé l'essence.
1. Le mythe de l'homme pourvoyeur : la prostitution déguisée en relation amoureuse
Au Cameroun, l'amour n'existe plus. Il a été remplacé par le parrainage. Pour une frange très importante de femmes, particulièrement en milieu urbain à Yaoundé, Douala, Bafoussam, l'homme n'est pas un partenaire. C'est un projet. C'est un portefeuille. C'est celui qui résout les problèmes.
On entend partout la même phrase : "Il me gère". Que signifie "il me gère" ? Il paie le loyer, il paie la coiffure, il paie le iPhone, il paie la pension de l'enfant d'un autre homme, il paie la tontine de la mère. En échange de quoi ? De rien. Ou d'une présence physique intermittente. On appelle cela relation amoureuse. C'est de la prostitution qui ne dit pas son nom.
Le principe est simple et il est enseigné de mère en fille : ne prends pas les présents d'un homme si tu n'es pas capable d'aller loin avec lui. C'est une règle morale fondamentale dans nos traditions. Chez les Bamilékés, chez les Beti, chez les Peuls, on ne mange pas l'argent d'un homme qu'on ne compte pas épouser. Aujourd'hui cette règle est bafouée.
Les femmes camerounaises prennent l'argent, prennent la voiture, prennent le terrain, prennent le voyage à Kribi, prennent même le capital pour ouvrir leur commerce. Et quand l'homme, après avoir investi des millions, demande une contrepartie d'engagement, de fidélité, de mariage, on lui répond : "Mon corps m'appartient, je ne t'ai rien promis."
C'est cette escroquerie sentimentale qui crée la frustration meurtrière. L'homme se sent volé, humilié, utilisé. Il a vendu un terrain familial pour une femme qui lui dit finalement qu'elle a un autre fiancé en Europe. Psychologiquement, pour un homme faible d'esprit, ce sentiment d'avoir été roulé est le déclencheur du passage à l'acte. Il ne tue pas par amour, il tue par sentiment d'injustice économique et d'humiliation publique.
2. L'infidélité, le chantage et la provocation comme mode de vie
Il faut dire la vérité sur le comportement actuel. Beaucoup de féminicides au Cameroun interviennent dans des contextes de double ou triple vie féminine entretenue avec l'argent du même homme.
On prend le cas récurrent de Yaoundé : un homme entretient une femme à Ngousso, il lui a tout donné. Il découvre qu'elle entretient à son tour un petit pompier à Mokolo avec son argent, et qu'elle se moque de lui avec ses copines sur WhatsApp. L'explosion de violence qui suit n'est pas excusable, mais elle est explicable. C'est une violence née de la provocation.
D'autres cas sont des chantages permanents : "Si tu ne m'achètes pas ceci, je te quitte. Si tu ne me donnes pas cela, je vais voir ailleurs." L'homme devient esclave affectif et financier. Il est poussé à bout.
Lutter contre les féminicides, c'est donc d'abord éduquer les femmes à la dignité. Une femme qui ne t'aime pas ne doit pas coucher chez toi. Ne doit pas manger ton argent. Ne doit pas te faire croire qu'elle va t'épouser. Le respect commence là.
3. Le tabou que les féministes cachent : les crimes des femmes contre leurs conjoints
On parle des féminicides, mais qui parle des homicides commis par des femmes sur leurs hommes ? Ils sont nombreux au Cameroun, mais étouffés, parce qu'on a honte qu'un homme avoue qu'il est victime d'une femme.
Combien d'hommes sont empoisonnés chaque année à Douala et Yaoundé ? Combien d'hommes reçoivent de l'eau chaude au visage pendant leur sommeil ? Combien d'hommes sont poignardés par une femme qui a découvert qu'il voulait la quitter ? Combien d'hommes sont tués par l'amant de leur propre femme ?
Dans les tribunaux de Ndokoti, de Mfoundi, les dossiers sont là. Femme qui tue son mari pour l'assurance, femme qui tue son mari pour hériter de la maison, femme qui commandite le meurtre de son mari avec son amant. En 2023-2024, au moins 5 cas très médiatisés de femmes ayant assassiné ou fait assassiner leur conjoint ont été jugés au Cameroun. Personne n'a marché avec des pancartes.
Si on veut l'égalité, il faut dire que la violence n'a pas de sexe. Mais la violence féminine est psychologique, économique et parfois physique, et elle est le terreau de la violence masculine en retour. Un homme qui est insulté, méprisé, trompé et ruiné par une femme pendant des années peut devenir un meurtrier. La société a armé le bras de cet homme en laissant la femme agir sans morale.
4. La solution : rééduquer les filles, pas seulement punir les hommes
Toutes les campagnes actuelles disent : "Ne tuez pas les femmes". C'est bien. Mais aucune campagne ne dit : "Femmes, ne volez pas les hommes. Femmes, ne provoquez pas les hommes. Femmes, ne prenez pas l'argent d'un homme que vous n'aimez pas."
Lutter contre les féminicides revient à bien éduquer les femmes. Il faut réapprendre à nos filles :
1. La valeur du travail
Une femme doit apprendre à résoudre elle-même ses problèmes. Ton loyer n'est pas le problème d'un homme. Si tu ne peux pas te prendre en charge, ne sois pas en couple.
2. La valeur de la parole
Si tu prends les présents d'un homme, tu prends un engagement moral. Tu ne peux pas prendre 2 millions et dire "on est juste amis".
3. La fidélité et le respect
On ne peut pas entretenir 3 relations en même temps avec l'argent de l'un et se plaindre d'être en danger.
Tant que nous continuerons à élever des filles qui pensent que l'homme est un guichet de banque, et des garçons à qui on dit que leur valeur se mesure à combien ils donnent, nous aurons des féminicides. L'homme qui donne tout et qui se sent trahi est un animal blessé. Il faut arrêter de le blesser à la base.
La vraie lutte contre les féminicides n'est pas dans les slogans importés d'Occident. Elle est dans le retour à nos valeurs : une femme digne ne mange pas l'argent d'un homme qu'elle ne respecte pas.
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