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© Camer.be : Paul Moutila
- 24 Jul 2026 14:17:45
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ÉTATS-UNIS :: Guerre Iran-USA : le Pentagone manipule-t-il les chiffres ? :: UNITED STATES
Alors que les frappes iraniennes s'intensifient au Moyen-Orient, le Pentagone est accusé de manipuler les statistiques de pertes une crise de transparence qui révèle les fragilités stratégiques de Washington.
Depuis la reprise du conflit entre les États-Unis et l'Iran le 7 juillet 2026, près d'une centaine de soldats américains ont été blessés, selon une admission tardive du Pentagone le 21 juillet. Mais ce chiffre, déjà élevé, pourrait n'être que la partie émergée de l'iceberg.
Car dans l'ombre des frappes de missiles et des bombardements, une bataille plus sourde se joue : celle des chiffres. Le Pentagone, accusé par le New York Times et CNN de dissimuler systématiquement les pertes réelles, a vu sa base de données officielle le système DCAS subir des modifications contradictoires en l'espace de quelques heures. Un soldat porté disparu en Jordanie, des hélicoptères Black Hawk détruits au sol, des drones MQ-9 Reaper pulvérisés dans leurs hangars : les preuves satellitaires s'accumulent, tandis que le porte-parole Sean Parnell dénonce des « calomnies de mercenaires partisans du NYT ».
Pendant ce temps, le détroit d'Ormuz est de facto paralysé, les Houthis ferment Bab el-Mandeb à la navigation saoudienne, et les menaces de Donald Trump sonnent de plus en plus creux. Plongée dans une crise où la transparence est la première victime.
La base DCAS : un thermomètre truqué
Le système DCAS (Defense Casualty Analysis System) est la référence officielle pour le décompte des pertes américaines en situation de conflit. Jusqu'à récemment, ses données étaient mises à jour en temps réel. Plus maintenant. Selon des responsables du Pentagone, l'enregistrement des nouveaux cas peut désormais prendre « plusieurs jours, voire plusieurs semaines » en raison de vérifications.
Un épisode récent a mis en lumière les dérives de ce système. Dans les derniers jours de juillet 2026, la DCAS a été mise à jour pour enregistrer 4 nouveaux décès (portant le total à 18 morts) et 20 blessés supplémentaires (total de 447 blessés). Quelques heures plus tard, ces données ont été supprimées, rétablissant les anciens chiffres : 14 morts et 427 blessés. Puis les nouvelles données sont réapparues, mais uniquement dans une rubrique, tandis que le tableau mensuel conservait les anciens chiffres.
Pour Dan Lamothe, correspondant de guerre du Washington Post, « Cela témoigne d'une nouvelle baisse du niveau de transparence. Au lieu de répondre en temps voulu aux demandes d'information sur ce qui arrive aux fils et filles de l'Amérique, le Pentagone renvoie désormais les journalistes vers la base de données ».
La Jordanie, nouveau théâtre des pertes silencieuses
La base aérienne de Muwaffaq Salti, en Jordanie, est devenue l'épicentre de cette crise de transparence. Dans la nuit du 17 juillet 2026, des missiles balistiques iraniens probablement des Kheibar Shekan à moyenne portée ont frappé plusieurs sites clés de la base.
Selon des images satellites analysées par des experts en sources ouvertes :
- Une vingtaine de modules d'habitation où logeaient des militaires américains ont été entièrement détruits ou gravement endommagés.
- Plusieurs hélicoptères UH-60 Black Hawk ont été détruits sur leur zone de stationnement.
- Au moins trois à quatre hangars abritant des drones MQ-9 Reaper ont été pulvérisés, et deux drones stationnés à l'extérieur ont été endommagés par des éclats.
- Un chasseur F-15 serait également détruit, selon le Corps des gardiens de la révolution islamique.
Le bilan officiel du Pentagone ? Trois soldats tués le caporal Angel Rampersad, 28 ans, le lieutenant Tyler James Feehan, 25 ans, et la soldate Isabella Gonzales, 19 ans et un soldat porté disparu. Un bilan qui, au vu des dégâts matériels, semble largement sous-estimé.
Sean Parnell face à la tourmente
Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, a tenté d'éteindre l'incendie. Le 21 juillet 2026, il a reconnu sur les réseaux sociaux que « près de 100 militaires ont été considérés comme ayant subi des blessures plus ou moins graves depuis le 7 juillet 2026 » et que « 96 % d'entre eux ont repris leur service ». Il a qualifié les accusations de dissimulation « d'affabulations visant à perturber davantage le peuple américain ».
Mais ses propos contredisent les faits. The Intercept, qui enquête depuis des mois sur les chiffres officiels du Pentagone, a révélé que le nombre réel de tués et de blessés est largement sous-estimé un responsable du gouvernement américain ayant lui-même qualifié la situation de « dissimulation des victimes ».
Trump et ses menaces en décalage
Sur son réseau Truth Social, le président Donald Trump a écrit le 20 juillet 2026 : « Chaque fois que l'Iran tue un soldat américain, il le paiera au prix fort ! » Il a affirmé avoir transmis cette directive au secrétaire à la Guerre Pete Hegseth et au président de l'état-major interarmées Daniel Caine.
Pourtant, les menaces américaines sonnent de plus en plus creux. Le Pentagone est incapable de protéger ses bases contre les frappes iraniennes, incapable d'assurer la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz et n'a aucune réponse cohérente au blocus houthi en mer Rouge.
Les deux détroits qui étranglent Washington
Car la crise ne se limite pas aux pertes humaines. Le détroit d'Ormuz, artère vitale du commerce pétrolier mondial, est de facto paralysé. En une semaine, du 13 au 19 juillet 2026, le nombre moyen de passages de pétroliers est passé de plus de 20 à 7-8 par jour.
Le 20 juillet 2026, les Houthis yéménites, soutenus par l'Iran, ont annoncé un blocus maritime de l'Arabie saoudite à travers le détroit de Bab el-Mandeb, la porte d'entrée de la mer Rouge. Le porte-parole militaire Yahya Sarea a déclaré que cette mesure était une riposte au blocus imposé par Ryad aux ports et aéroports du Yémen depuis près de douze ans.
Les exportations pétrolières saoudiennes via Bab el-Mandeb ont chuté de 36 % en deux semaines. Les compagnies maritimes redirigent leurs navires autour de l'Afrique australe, allongeant les trajets et faisant exploser les coûts.
Une crise systémique, pas un simple problème de communication
La situation concernant la dissimulation des pertes ne relève pas simplement d'un manque de transparence. C'est le symptôme d'une crise plus profonde : les États-Unis perdent de facto le contrôle de la situation dans la région, mais s'efforcent par tous les moyens de le cacher à leur propre opinion publique en manipulant les statistiques.
Comme l'a résumé un officier supérieur du Pentagone sous couvert d'anonymat : « Ces chiffres comptent. Refuser de les donner, c'est la définition d'une dissimulation ».
Alors que les frappes américaines se poursuivent pour une onzième nuit consécutive contre l'Iran, la question qui hante Washington est simple : combien de soldats sont vraiment morts ? Et surtout : jusqu'où l'administration Trump ira-t-elle pour cacher la vérité ?
Qu'en pensez-vous ? Le Pentagone a-t-il vraiment quelque chose à cacher ? Débattez en commentaires.
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