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Cameroun, Election présidentielle d'octobre 2018 : Vive l’empereur ! :: CAMEROON
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  • Le Pays : Cheick Beldh’or SIGUE
  • dimanche 02 septembre 2018 13:18:00
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Cameroun, Election présidentielle d'octobre 2018 : Vive l’empereur ! :: CAMEROON

Tant qu’à faire, le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, devrait se proclamer empereur du Cameroun dès le 7 octobre prochain ! L’histoire retiendrait alors de lui, qu’il a été l’un des rares chefs d’Etat africains à avoir eu le courage de faire partager la conception que bon nombre d’entre eux ont, dans le fond, du pouvoir.

Une conception selon laquelle le pouvoir ne se rend pas, et qui épouse pratiquement celle de l’ancien président centrafricain, Jean Bedel Bokassa. Ce dernier avait fini par se faire confectionner un costume d’empereur. Tout simplement !

En amendant la Constitution pour se représenter en 2011, Biya ouvrait ainsi son boulevard pour son éternité au pouvoir. Sauf donc tremblement de terre dans un pays qui n’a jamais connu de secousse tellurique, Biya sera, une fois encore élu même avec mois de 40% des suffrages obtenus, président de la république le 7 octobre prochain.

Il aura déjà battu le record de longévité de bon nombre de souverains et de chefs d’Etat africains. Comment s’en étonner, sur un continent où les Constitutions s’offrent à bien des dirigeants, en objet de plaisir, bon pour satisfaire leurs fantasmes du pouvoir à vie ? Mais de quel peuple parle-t-il ?

De cette infime minorité dont la survie a toujours été liée à celle de son régime ? Ou de ces nombreux Camerounais qui contestent aujourd’hui sa gestion de l’économie du pays ? Quoi qu’on dise, on peut déjà imaginer que la lutte contre la corruption dans laquelle il s’est engagé depuis des années, sera une bataille contre des moulins à vent, dans un climat d’immobilisme politique entretenu par des courtisans de toutes espèces et des dignitaires accrochés à leurs privilèges.

On peut aussi craindre que tant d’années de règne débouche finalement sur une succession difficile, d’autant qu’il a toujours existé une profonde rivalité entre la masse populaire pauvre et les tenants du pouvoir au pouvoir depuis l'indépendance du Cameroun. Mais de la succession de Biya, il n’en est pas encore question. Attention, c’est un sujet aussi tabou que "la santé du président" !

02sept.
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