BOKO HARAM : 06 militaires tombent à  Sagmé
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Cameroun - BOKO HARAM : 06 militaires tombent à  Sagmé

Les militaires venaient de neutraliser une dizaine de terroristes dans le lac Tchad.

«L’attaque du 02 avril 2018 a été violente. Très violente », confie une source locale. De fait, si l’on s’en tient au seul bilan, elle a de quoi frapper les esprits : sur la vingtaine de militaires du poste de Sagmé, 06 ont perdu la vie dont le chef du détachement sur place, le lieutenant Joly Nkomo, et 03 ont été blessés. «Chez les civils, il y a eu un mort, un enfant de trois ans du nom de Barouko Kaka. Une fille a été aussi sérieusement touchée», poursuit un riverain.

Le bilan, qualifié de lourd, interpelle, d’autant plus qu’il est rarissime. En effet, si l’armée camerounaise continuait de perdre des hommes dans cette guerre, cela était davantage le fait des engins explosifs improvisés que des combats directs. Qu’est ce qui n’a donc pas marché dans le dispositif ? De sources concordantes, ce 02 avril 2018, aux environs de 12 h, des pêcheurs repèrent une concentration des terroristes de Boko Haram dans les environs de l’île de Gomaram dans le lac Tchad, à quelques 09 km de Sagmé. Ils donnent immédiatement l’alerte au poste militaire avancé de Sagmé, lequel constitue le premier verrou du dispositif du Cameroun dans le secteur.

Les militaires montent alors une opération. Accompagnés des membres du comité de vigilance, ils surprennent le groupe de Boko Haram et tuent plus d’une dizaine de combattants. «Nous avons un bon bilan, nous avons neutralisé une bonne dizaine d’ennemis», confirme un membre du comité de vigilance qui a participé à l’opération. Après quoi, les militaires regagnent leur base à Sagmé où ils sont repartis dans quelques bâtiments séparés les uns des autres d’à peine 100 m. Ils croient la journée terminée.

En fait, elle ne faisait que commencer. Aux alentours de 18h, trois véhicules surgissent, feux éteints, et roulent en direction du poste avancé de l’armée. «Il y a eu des discussions sur l’identité des occupants parce qu’ils portaient des tenues de l’armée camerounaise. Ça a été un moment de flottement. Certains disaient que c’étaient des camarades en patrouille dans la zone, d’autres que c’étaient des ennemis. Un de nous a tiré un coup de feu en l’air, comme un signal. Les véhicules ont répondu par des jeux de phares, et le doute s’est estompé. La suite, c’est qu’une fois cette étape franchie, en un rapide mouvement, les véhicules des assaillants ont pris position autour de nos bâtiments et ont commencé à nous canarder», raconte une source.

Les renforts arrivés sur place ne pourront que constater les dégâts. Les assaillants ont emporté des armes, des munitions et un véhicule équipé d’un 14,5. Lequel sera retrouvé le lendemain de l’attaque, non loin du poste, les roues crevées mais la 14,5 intacte. «Un berger qui revenait de la brousse a aperçu le véhicule, en a informé les membres du comité de vigilance et c’est comme cela que nous avons retrouvé le véhicule.

Nous frères sont morts en héros, ce sont des grands combattants qui ont donné du fil à retordre à l’ennemi», indique un riverain. Et de conclure : «maintenant que les eaux du lac ont disparu à certains endroits, facilitant la circulation, il va falloir être plus vigilant dans ce secteur».

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