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Cameroun: élection 2018: Cannibalisme d'état et Prisonniers politiques :: CAMEROON
CAMEROUN :: POINT DE VUE
  • Correspondance : Olivier Tchouaffe, PhD, Porte-parole Du CL2P
  • dimanche 14 janvier 2018 11:10:54
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Cameroun: élection 2018: Cannibalisme d'état et Prisonniers politiques :: CAMEROON

Alors que Paul Biya prépare son prochain couronnement politique à travers une autre élection volée et avec l'aide d'une fausse opposition idiote et masochiste, le CL2P plaide en faveur des Camerounais et Africains que l'organisation reconnaît comme des prisonniers politiques. Jusqu'à présent, le régime de Yaoundé s'est targué avoir réussi à récupérer seulement 3% de l'argent supposé volé. Les prétendus « prévaricateurs de la fortune publique » - ce qui d'ailleurs est un crime de droit commun, pas un crime politique - ne sont même pas mis dans une logique de contribution. Leurs peines longues, illimitées et illégales sont purement punitives et nullement correctives. De plus, il n'y a pas de pédagogie émanant du gouvernement, en termes de campagnes publiques d'éducation et de sensibilisation des Camerounais ordinaires sur les effets négatifs de la corruption.

C'est pourquoi le CL2P reconnaît que l ‘ « opération Epervier » est un rituel politique cannibale pour les Camerounais ordinaires qui ont commis un crime de lèse-majesté et certaines formes de régicide ou qui sont perçus comme une sorte de danger pour le président omnipotent.

Cette logique institutionnelle perverse suit de près la stratégie de Sun Tzu qui consiste à gagner la guerre sans se battre. L'art suprême de la guerre est de soumettre l'ennemi sans combattre. L'excellence suprême consiste à briser la résistance de l'ennemi sans se battre. Les guerriers victorieux gagnent d'abord et ensuite vont à la guerre. La meilleure victoire est quand l'adversaire se rend de son propre gré. Par conséquent, pour convaincre ainsi les adversaires que leur cause est sans espoir (de réussite) et qu'ils sont voués à la défaite en les mangeant.

Ici, la stratégie consiste à dévorer les opposants politiques désignés à l'intérieur d'un régime dictatorial, les privant aussitôt de leurs droits. La prison devient alors une structure cannibale où les gens croient être des opposants politiques consommés par le système cannibale gérontocratique. Michel Foucault écrit à ce propos dans «Anormal» que le despote est le hors-la-loi permanent, l'individu sans liens sociaux [. . .] quelqu'un qui, par son existence même et simplement par son existence, exécute le plus grand crime [. . .] une violation totale du pacte social par lequel le corps même de la société peut exister et se maintenir. [. . .] Le premier monstre juridique à émerger dans le nouveau régime de l'économie du pouvoir punitif [. . .] n'est pas le meurtrier, le transgresseur, ou la personne qui enfreint les lois de la nature, mais la personne qui brise le pacte social fondamental. Le premier monstre est le roi [despote].

Le despote est défini par son mépris total pour la société dont il exploite les membres. Il sera toujours plus détestable que les masses anthropophagiques parce qu'il commet ses atrocités, non par nécessité, mais par caprice. Il se tient à l'écart de la société, utilisant ses canaux pour se faire du bien, mais refuse de participer à la communion avec ses membres.

Aussi un tel environnement de cannibalisme ne convient qu'aux psychopathes et leurs vautours qui polissent les carcasses des victimes du régime et sont plein de merde. Dans ce système, vous devez vraiment croire intrinsèquement que vous méritez tout ce qui vous vient de positif ... c'est votre dû. Votre consommation des autres ne s'est pas une nécessité, mais un droit donné par Dieu.

Mais la vérité c’est que le mérite et le cannibalisme ne peuvent pas coexister.

Dans le monde réel, les politiciens doivent assurer, être performants, ou ils périssent. Un bulletin de vote honnête est un mécanisme auto correcteur et est une exigence fondamentale pour la démocratie. Comme Martin Luther King, l'arc de l'univers moral est long mais il penche inévitablement vers la justice, y compris au Cameroun.

14janv.
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