Les républicains ont perdu la Chambre et le Sénat. Le vice-président et le président pointent tous deux la guerre contre l’Iran et la flambée des prix de l’essence. Mais Trump refuse de regretter.

Le couperet est tombé dans la nuit du 4 novembre 2026. Les démocrates ont pris la Chambre des représentants et le Sénat. Pas une petite victoire. Une déroute.

Les républicains ont perdu leur majorité dans les deux chambres en enregistrant des défaites dans des bastions historiques : le Texas, le Kansas, la Caroline du Sud. Au Texas, l’écart est sans appel : dix points entre le démocrate James Talarico et le républicain Ken Paxton, soutenu par Trump.

Dans la matinée, un homme a parlé plus vite que les autres. JD Vance. Le vice-président a publié un long message sur X. Une phrase, surtout : « La raison pour laquelle nous avons perdu, c’est la guerre. Le président lui-même l’a dit hier soir. »

Ce que Vance a vraiment dit

Le message n’est pas une sortie isolée. Il est structuré.

Vance concède que la participation n’était pas le problème principal. Le problème, dit-il, c’est que beaucoup d’électeurs de Trump et Vance en 2024 se sont tournés vers les démocrates en 2026. Un sondeur qu’il ne nomme pas a identifié quatre demandes prioritaires chez ces électeurs qui ont abandonné les républicains : mettre fin à la guerre, se concentrer sur le coût de la vie et l’inflation, placer l’Amérique en premier, et changer la nature de la relation avec Israël.

« Si vous voulez argumenter que cela en valait la peine, que perdre le Sénat pour les six prochaines années en valait la peine, alors faites-le », écrit Vance. « Mais tout le monde sait pourquoi nous avons perdu. Et toute conversation honnête sur la suite doit commencer par là. »

La réponse de Trump : oui, mais…

Le président n’a pas tardé. « Je pense que c’est en grande partie vrai, parce que cela a fait monter un peu les prix de l’essence à court terme », a-t-il déclaré. Puis la phrase qui résume sa position : « Si c’était à refaire, je le referais. Parce qu’à long terme, c’est la seule solution. On ne peut pas laisser l’Iran avoir l’arme nucléaire. »

Trump a aussi assuré que son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, avait fait du « très bon travail ». Mais la pression monte. Des élus des deux partis réclament son départ. Le républicain Thomas Massie a menacé de relancer une résolution de destitution de 34 pages contre Hegseth si celui-ci ne démissionnait pas. Trump a répondu qu’il avait « l’intention de le garder ».

Le chiffre qui tue : plus de 4 dollars le gallon

Le lien entre la guerre et la défaite n’est pas une abstraction. Il se lit à la pompe.

Le jour du vote, le prix moyen du gallon d’essence aux États-Unis a dépassé 4 dollars pour la première fois un jour d’élection, selon GasBuddy. La moyenne nationale était de 4,13 dollars à 10 heures, heure de New York, le 3 novembre. C’est le prix le plus élevé jamais enregistré un jour d’élection, dépassant le record de 2022. Certains relevés citent 4,14 dollars ; l’écart est marginal, mais il existe.

L’inflation a atteint 3,7 % sur l’année jusqu’en septembre, portée par les prix de l’énergie. Dans les sondages de sortie des urnes, près de 80 % des électeurs ont déclaré que l’inflation leur avait causé des difficultés, et 60 % en imputaient la responsabilité aux politiques de Trump.

Pourquoi la guerre est devenue le sujet numéro un

Trump avait promis, en 2024, de mettre fin aux guerres étrangères et de faire baisser les prix. La guerre en Iran, lancée fin février avec Israël, a fait exactement l’inverse. Elle est entrée dans son huitième mois au moment du vote. Elle n’a atteint aucun de ses objectifs déclarés.

Les démocrates l’ont compris. Chuck Schumer a été direct : « Le peuple américain ne sait pas pour quelle raison nous nous battons en Iran. Cette guerre doit prendre fin. »

Le paradoxe est cruel pour Trump. Sa base ne lui reproche pas d’avoir été faible. Elle lui reproche d’avoir mené une guerre que même ses alliés les plus fidèles commencent à qualifier d’erreur.

Ce qui attend Trump

Le Congrès démocrate ne pourra pas mettre fin à la guerre à lui seul. Trump garde son droit de veto. Mais il peut rendre la vie de l’administration impossible : enquêtes, blocages budgétaires, auditions. Les démocrates ont déjà annoncé qu’ils utiliseraient le pouvoir de la bourse pour restreindre le financement des opérations militaires contre l’Iran.

Au sein du parti républicain, la bataille de succession a commencé. Vance a pris une longueur d’avance en se démarquant publiquement de la guerre. Nikki Haley a lancé : « Quand on reste au plus près de nos thèmes politiques, on gagne. » Ted Cruz a parlé d’un « désaveu comparable à celui du Watergate ».

Trump, lui, a dit qu’il accepterait le résultat. Mais il a aussi répété que s’il avait été sur les bulletins, les républicains auraient gagné.

Une chose est sûre : le prix du gallon est devenu un fait politique de premier ordre. Et la guerre en Iran, longtemps populaire dans les sondages républicains, est devenue le bouc émissaire commode d’une défaite que personne, au sommet du parti, n’avait vue venir de cette ampleur.


Pourquoi les républicains ont-ils perdu ?

La réponse la plus directe vient de leur propre camp. JD Vance : « La raison pour laquelle nous avons perdu, c’est la guerre. » Trump lui-même a reconnu que c’était « en grande partie vrai », parce que la guerre avait fait monter les prix de l’essence. Le prix du gallon a dépassé 4 dollars le jour du vote, un record pour un jour d’élection.

Qui est responsable de la défaite ?

Au sommet du parti, la responsabilité se concentre sur la guerre. Trump refuse de regretter sa décision. Vance, lui, a pris ses distances avec le conflit avant même le vote. La bataille pour 2028 a déjà commencé.

C’est quoi cette histoire de sondage cité par Vance ?

Vance dit qu’un sondeur dont il ne donne pas le nom a interrogé des électeurs qui avaient voté Trump/Vance en 2024 et qui ont voté démocrate en 2026. Les quatre raisons principales qu’ils ont données : arrêter la guerre, se concentrer sur le coût de la vie, prioriser l’Amérique, changer la relation avec Israël.

Le prix de l’essence a vraiment joué ?

Oui, selon les données. Le jour du vote, le gallon a dépassé 4 dollars pour la première fois un jour d’élection. La moyenne nationale était de 4,13 dollars à 10 heures, selon GasBuddy. Dans les sondages de sortie des urnes, 60 % des électeurs imputaient la hausse du coût de la vie aux politiques de Trump.

Est-ce que Trump a reconnu sa part de responsabilité ?

Il a reconnu que la guerre « était en grande partie » responsable et que la hausse des prix de l’essence avait pesé. Mais il a aussi dit qu’il referait exactement la même chose. Et il a affirmé que les républicains auraient gagné s’il avait été personnellement sur les bulletins.

Et maintenant, que se passe-t-il ?

Les démocrates contrôlent les deux chambres à partir de janvier. Ils peuvent enquêter, bloquer des budgets, auditionner les ministres. Mais Trump garde le veto. La guerre ne s’arrêtera pas par un simple vote du Congrès. La pression politique, en revanche, change de camp. Et Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense, est déjà sous le feu des projecteurs.