Affaire des lunettes d'Alamine Ousmane Mey : René Sadi reçoit les quatre journalistes interpellés
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Cameroun - Affaire des lunettes d'Alamine Ousmane Mey : René Sadi reçoit les quatre journalistes interpellés

Rebondissement dans l'affaire dite des lunettes en or du ministre de l'Économie.

Le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a reçu ce mercredi 23 septembre 2026 à Yaoundé, les quatre journalistes interpellés au Palais des Congrès et placés en garde à vue après la prétendue disparition des lunettes d'Alamine Ousmane Mey.

François Essomba (Chine Afrique), Igor Guinweth Bibey (Inform Plus), Pierre Mouchili (Le Procès International) et Solange Djuikam avaient été arrêtés alors qu'ils couvraient la clôture des Journées de la Banque islamique de développement. Ils ont été écroués au Commissariat central n°1 de Yaoundé, dans des conditions décriées, avant d'être libérés le 21 septembre, après cinq jours de détention pour les hommes et huit jours pour leur consœur.

À l'origine de la procédure, une plainte pour suspicion de vol des lunettes du MINEPAT. Paradoxe : selon le service de communication du ministre lui-même, les lunettes avaient été retrouvées le jour même dans le véhicule du ministre.

« C'était l'enfer »

Reçus à sa demande au MINCOM, accompagnés d'une délégation du Syndicat des Professionnels de l'Information et de la Communication du Cameroun (SPIC), les journalistes ont livré leur version.

François Essomba, sexagénaire, a craqué en évoquant sa détention : « C'était l'enfer, Monsieur le Ministre. Un animal ne sortirait pas vivant d'un tel endroit. Nous revenons d'un premier bilan de santé grâce au SPIC et à nos familles. Nous sommes sous observation médicale pendant 21 jours. »

Pour le SPIC, l'affaire est grave. Sa représentante, Valgadine Tonga, a été ferme : « Le SPIC n'est pas en guerre contre le gouvernement, mais contre un individu qui a déshumanisé, chosifié, humilié la presse. Nous exigeons des excuses publiques du ministre Ousmane Mey. Elles sont non négociables. Nous réclamons réparation et l'arrêt immédiat de la procédure. »

Le syndicat maintient son appel au boycott des activités du MINEPAT et se réserve le droit d'engager des poursuites judiciaires.

René Sadi : « Incompréhensible »

Le MINCOM a dit partager l'indignation. René Sadi s'est interrogé publiquement : « Comment des journalistes peuvent voler des lunettes ? Ils sont en face du ministre et à bonne distance. C'est incompréhensible. On arrête des gens comme ça sans notification ni audition ? »

Le ministre a assuré avoir tenté de joindre son collègue du MINEPAT et s'est engagé à poursuivre les démarches : « Je suis d'accord avec vos doléances. Le ministère de la Communication est à vos côtés. »

Même son de cloche chez le Secrétaire général du MINCOM, Félix Zogo, qui a plaidé pour le retrait pur et simple de la plainte : « En l'état, ils peuvent être convoqués à tout moment. Ils ont été libérés sous caution avec des garants. Il faut que la plainte soit retirée et le dossier classé. »

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