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© Correspondance : Mandela Center International
- 24 Sep 2026 03:28:50
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Droits de l’Enfant /DÉCÈS EN SÉRIE ET INSÉCURITÉ CHRONIQUE DANS LES ÉCOLES DU CAMEROUN : MCI DÉNONCE
Position de principe de MCI : Mandela Center International agit exclusivement en sa qualité d’organisation internationale de défense des droits de l’Homme, dotée d’une mission statutaire de veille permanente sur le droit à la vie, à la santé et à l’éducation des enfants.
MCI DÉNONCE, AVEC LA DERNIÈRE ÉNERGIE, la répétition, en l’espace de quelques mois, de drames d’enfants en milieu scolaire suivis de promesses ministérielles jamais tenues, ainsi que le cache-misère sécuritaire que constituent des fermetures d’écoles cosmétiques à la veille de chaque rentrée. MCI N’ACCEPTERA JAMAIS que des ministres se déplacent, s’indignent, menacent, puis disparaissent du dossier sans jamais rendre publiques les conclusions promises. Il ne cédera à AUCUNE communication de façade, AUCUNE opération d’affichage médiatique, ni AUCUNE dilution des responsabilités individuelles, et interpelle, par la présente Note, chacun des responsables publics dont la carence a contribué à ce que des enfants continuent de mourir ou d’être exposés au danger dans l’enceinte même de leur école.
Mandela Center International, ONG internationale à Statut Consultatif Spécial auprès des Nations Unies, Lauréat du Prix international des droits de l'Homme 2024,
Dans le cadre de sa mission permanente de veille, d'alerte et de protection des droits humains dans le monde, porte :
A l'attention de la communauté nationale et internationale, du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies, du Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant, et du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies :
I. RAPPEL DES FAITS ACTUALISÉ
1. Que Mandela Center International (MCI) a été informé, avec indignation et vive préoccupation, du décès, en l’espace de dix jours depuis l’ouverture de l’année scolaire 2026-2027, d’au moins quatre enfants dans des établissements scolaires du territoire camerounais, ainsi que de la mort violente d’une enseignante le jour même de la rentrée ;
2. Que le 26 août 2026, le Ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Monsieur Joseph Beti Assomo, avait personnellement réuni l’état-major des forces de défense et de sécurité pour évaluer les menaces pesant sur la rentrée scolaire; que malgré ce signal laissant croire à une rentrée sécurisée, le 7 septembre 2026, jour même de la rentrée scolaire, une enseignante a été tuée à Bamenda (Région du Nord-Ouest), dans une attaque attribuée à des groupes séparatistes armés visant un établissement scolaire ; qu’à ce jour, ni son identité, ni les circonstances exactes, ni aucune déclaration officielle du ministère de l’Éducation de Base ou du Gouverneur de la Région du Nord-Ouest n’ont été rendues publiques, en dépit du dispositif sécuritaire pourtant annoncé comme renforcé ;
3. Que le 9 septembre 2026, la petite Inaya Mbouo, âgée de deux ans et demi, a été retrouvée inanimée, la tête ensanglantée, au pied d’un toboggan dans l’enceinte de l’École Maternelle Catholique de Koptchou, quartier Haoussa à Bafoussam (Région de l’Ouest), et y est décédée après son évacuation vers l’hôpital de district de la Mifi ;
4. Que le sous-préfet de Bafoussam II, Monsieur Grégoire ESSONO BODO, s’est rendu sur les lieux et qu’une enquête a été formellement annoncée ; que, toutefois, le corps de l’enfant a été remis à la famille et inhumé dès le lendemain, 10 septembre 2026, en présence des autorités et des responsables de l’établissement, sans qu’aucune autopsie médico-légale indépendante n’ait été portée à la connaissance du public, et que, dix jours après l’ouverture de cette enquête, aucune conclusion, aucun rapport et aucune mesure corrective n’ont été communiqués ;
5. Que le silence persistant sur les suites de cette enquête, relayé par la presse locale, a suscité une mobilisation citoyenne spontanée sous le mot-dièse #JusticePourInaya, dont les autorités camerounaises ne se sont, à ce jour, aucunement saisies publiquement;
6. Que le 16 septembre 2026, deux frères, Ezekiel (6 ans) et El Fabio (10 ans), partis le matin même de leur domicile de Bonabéri (Douala IV) en bonne santé selon leurs proches, sont décédés à quelques minutes d’intervalle après avoir présenté une fièvre soudaine et des malaises dans l’enceinte de l’École Primaire Catholique de Ngwelle (Bonabéri, Douala); qu’Ezekiel, pris de vomissements, a été évacué vers l’hôpital de district de Bonassama où il est décédé, son frère succombant à son tour peu après dans des circonstances similaires;
7. Qu’un responsable du secteur éducatif se serait rendu sur place et aurait « promis une enquête » ; qu’à la date de la présente Note, aucun résultat d’examen médical, aucune autopsie, ni aucune communication officielle n’a été rendue publique quant à la cause de ces deux décès simultanés, la promesse ministérielle étant, une fois encore, restée sans suite vérifiable ;
8. Que les réseaux sociaux se sont enflammés le vendredi 18 septembre 2026, du décès de Moukoko Essoe Ozanne, âgée de 11 ans et 11 mois, élève en classe de 5ème A au Collège De La Salle à Douala (Akwa), alors qu’elle se trouvait dans l’enceinte de son établissement scolaire ; qu’elle aurait été victime d’une agression sexuelle et avait été évacuée en urgence vers l’Hôpital Laquintinie de Douala, où son décès a été constaté, peu après son admission ;
9. Que la famille de l’enfant a rendu publique, par un communiqué daté du 19 septembre 2026 et adressé aux directeurs de publication, aux médias et à l’opinion publique, sa demande d’ouverture d’une enquête indépendante et transparente pour établir les circonstances exactes du décès et en identifier les éventuelles responsabilités ; que la famille a expressément sollicité tout témoin des faits survenus ce jour-là au Collège De La Salle de se manifester, et a appelé les médias à relayer l’information « avec dignité et respect de la mémoire de notre enfant », que MCI se tient entièrement au service de cette famille ;
10. Que le Syndicat National Autonome de l’Enseignement Secondaire (SNAES) a, de son côté, publié le 21 septembre 2026 un communiqué affirmant que les examens médico-légaux pratiqués à l’Hôpital Laquintinie auraient révélé des éléments compatibles avec une administration forcée de substances (drogues) et des violences sexuelles ; que MCI relève, avec la plus grande rigueur méthodologique, que ces éléments, à la date de la présente Note, n’ont été corroborés publiquement par aucune source judiciaire ou médico-légale indépendante, et que seule une expertise contradictoire, ordonnée par une autorité judiciaire compétente, permettra d’en établir la réalité, comme l’a rappelé le précédent de l’affaire dite « Joyce Nawal » (Odza, Yaoundé, mai 2026), dans laquelle une première expertise évoquant une agression sexuelle avait finalement été contredite par une seconde expertise concluant à l’absence de toute trace de pénétration ;
11. Que, le lundi 21 septembre 2026, un important rassemblement de parents d’élèves et un dispositif policier ont été constatés aux abords du Collège De La Salle, témoignant de la soif à la justice et de l’émotion considérable suscitée par ce drame ; qu’à la date de la présente Note, aucune autorité judiciaire ou administrative ne s’est exprimée publiquement sur l’ouverture, le déroulement / conclusions d’une enquête officielle ;
12. Que ces affaires surviennent, pour trois d’entre elles, dans des établissements relevant du même réseau d’enseignement catholique agréé par l’État camerounais — École Maternelle Catholique de Koptchou, École Primaire Catholique de Ngwelle, et Collège De La Salle —, ce qui impose, sans délai, un contrôle indépendant de l’ensemble du réseau concerné, sans préjudice de son extension à tout autre établissement, public ou privé confessionnel ;
II. UN SCHÉMA RÉCURRENT D’ANNONCES MINISTÉRIELLES SANS SUITE : LA RESPONSABILITÉ PERSONNELLE DU MINISTRE DE L’ÉDUCATION DE BASE
13. Que MCI rappelle à l’opinion que le Ministre de l’Éducation de Base, Monsieur Laurent Serge Etoundi Ngoa, s’est personnellement déplacé, en mai 2026, sur le site de l’école Olympic Glory d’Odza dans l’affaire Joyce Nawal, y a menacé de fermer l’établissement « si sa responsabilité était établie », et qu’une commission d’enquête avait alors été annoncée en grande pompe ; que plus de quatre mois après ces déclarations solennelles, ni les conclusions de cette commission, ni une éventuelle fermeture, ni aucune sanction n’ont été rendues publiques ;
14. Que ce même Ministre a procédé, le 18 août 2026, pour la 21e fois, à la fermeture de 803 écoles privées jugées « non conformes » à la veille de la rentrée scolaire 2026-2027, opération dénoncée par plusieurs organes de presse comme un exercice cosmétique répété chaque année, une simple opération de bonne conscience, sans contrôle effectif ni suivi tout au long de l’année scolaire, et sans que cela n’empêche la survenue, quelques semaines plus tard, des décès d’Inaya Mbouo et des frères Ezekiel et El Fabio dans des établissements demeurés, eux, agréés ;
15. Que la Ministre des Enseignements Secondaires, Madame Pauline Nalova Lyonga Egbe, a procédé, de son côté et selon le même calendrier, le 20 juillet 2026, à la fermeture de 105 établissements secondaires avant la rentrée 2026-2027 ; que MCI relève que ces deux opérations ministérielles distinctes, menées chacune de son côté, sans coordination interministérielle visible, n’ont donné lieu à aucun mécanisme conjoint de suivi post-rentrée, ni à aucun bilan public sur le sort des établissements fermés ni sur la sécurité de ceux demeurés ouverts ;
16. Que, selon des données relayées par la presse camerounaise le 18 septembre 2026, 701 mineurs sont à ce jour déclarés disparus sur le territoire camerounais, chiffre qui, replacé dans le contexte de la présente Note, illustre l’ampleur gravissime d’une défaillance de protection de l’enfance qui dépasse le seul cadre scolaire et engage la responsabilité conjointe du ministère de la Justice et du ministère des Affaires Sociales dans le suivi de ces disparitions ;
17. Que MCI AFFIRME, SANS AMBIGUÏTÉ AUCUNE, que cette succession d’annonces spectaculaires, suivies d’un silence total sur leurs suites, qu’il s’agisse de l’affaire Joyce Nawal, des fermetures d’écoles cosmétiques, ou du mutisme opposé aux familles d’Inaya Mbouo et des frères de Ngwelle, révèle une pratique délibérée de gestion d’image plutôt qu’une politique réelle de protection de l’enfance, et engage la responsabilité personnelle du Ministre de l’Éducation de Base, Laurent Serge Etoundi Ngoa, dans le défaut de suivi de ses propres engagements publics ;
18. Que le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) évalue à 1,5 million le nombre d’enfants camerounais ayant besoin d’un soutien éducatif d’urgence, et relève qu’un enfant sur quatre ne termine pas l’école primaire au Cameroun, statistiques qui illustrent l’ampleur d’une défaillance structurelle bien antérieure aux drames de la rentrée 2026-2027, et à laquelle les opérations de communication et de diversion ministérielle n’apportent aucune réponse de fond ;
III. UNE DÉFAILLANCE PLUS LARGE DU SERVICE PUBLIC DE L’ENFANCE ET DE LA SANTÉ
19. Que cette défaillance et ce silence institutionnels s’inscrivent dans un schéma plus large de défaillance de l’État camerounais dans la protection de la vie et de la santé des populations les plus vulnérables, enfants et femmes enceintes en tête ;
20. Que des témoignages répétés, relayés par la société civile et par la presse, font état de pratiques d’extorsion financière dans certaines formations sanitaires publiques, notamment l’exigence de sommes non réglementées comme condition à la pratique d’une césarienne ou à la prise en charge d’urgences obstétricales, à l’instar de l’histoire de cette femme qui a accouché dans la forêt, il y a deux jours, près du centre de santé, faute des 150.000 FCFA exigés par le médecin Hassan de l’hôpital de district de Pitoa, dans la région du Nord, Cameroun, pour une césarienne ; des pratiques qui, lorsqu’elles retardent ou empêchent l’accès aux soins, engagent directement la responsabilité de l’État au regard de son obligation de garantir le droit à la santé et à la vie ;
21. Que MCI interpelle nommément, sur ce point précis, le ministre de la Santé Publique, Monsieur Manaouda Malachie, dont le silence persistant et l’absence de mesures de contrôle effectif des formations sanitaires publiques sont, eux aussi, constitutifs d’un manquement grave aux obligations de l’État ;
22. Que cette indifférence de l’État à l’égard des enfants ne se limite pas au seul cadre scolaire et sanitaire : que MCI rappelle qu’à la Prison centrale de Bamenda, deux nourrissons, âgés de 3 et 4 mois lors de leur arrestation le 24 juin 2025, demeurent, à la date de la présente Note, détenus aux côtés de leur mère, Mesdames Joycelyn Ndum et Blanche Younte, ainsi que trois autres civils non armés, après une arrestation sans mandat, 25 jours de garde à vue marqués par des graves actes de torture documentés par MCI, et un renvoi devant le Tribunal militaire de Bamenda, une juridiction militaire non compétente pour juger des civils et en violation de l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ; que ces deux nourrissons totalisent ainsi, à ce jour, plus de 450 jours de détention arbitraire ;
23. Que MCI, avec le concours d’un consortium d’ongs, a formellement saisi, entre le 5 et le 6 janvier 2026, le Ministre délégué chargé de la Défense, le Directeur de la Justice Militaire, la Direction des Droits de l’Homme et de la Coopération Internationale du Ministère de la Justice, le Secrétaire d’État chargé de la Gendarmerie, le Ministre de l’Administration Territoriale et le Premier Ministre, chacune de ces correspondances ayant fait l’objet d’un accusé de réception officiel dûment tamponné ; que aucune de ces autorités n’a, à ce jour, donné suite à ces saisines, ce silence prolongé face à la détention d’enfants en bas âge illustrant, une fois de plus, le même laxisme institutionnel que celui dénoncé dans la présente Note s’agissant des enfants scolarisés ;
IV. FONDEMENTS JURIDIQUES ET JURISPRUDENCE APPLICABLE
A. Instruments conventionnels applicables au Cameroun
24. Que l’État du Cameroun est partie à la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE, ratifiée le 11 janvier 1993), à la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant (CADBE, ratifiée le 5 septembre 1997), au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP, ratifié en 1984) et au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC, ratifié en 1984) ;
25. Que l’article 6 de la CDE consacre le droit inhérent de l’enfant à la vie, à la survie et au développement, tandis que son article 19 impose aux États toutes les mesures appropriées pour protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte ou de négligence pendant qu’il est confié à un tiers ; que l’article 5 de la CADBE consacre pareillement ce droit, son article 11 garantissant l’éducation dans un environnement sûr et son article 16 la protection contre toute forme de violence institutionnelle;
B. Observations générales des organes onusiens
26. Que le Comité des droits de l’Homme, dans son Observation générale n°36 (2018) sur le droit à la vie, rappelle que l’obligation de protéger la vie impose aux États d’enquêter promptement, minutieusement, efficacement et de manière impartiale sur tout décès survenu dans des circonstances suspectes ; que le Comité des droits de l’enfant, dans son Observation générale n°13 (2011), précise que cette obligation s’étend explicitement au milieu scolaire et impose un devoir de vigilance renforcé comportant l’obligation de rendre compte publiquement de toute enquête ouverte ;
C. Jurisprudence du Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant
27. Que dans sa décision de principe Centre for Human Rights & RADDHO (au nom des enfants talibés) c. Sénégal (Communication n°003/Com/001/2012, 15 avril 2014), le Comité africain d’experts a jugé le Sénégal responsable, au titre de la CADBE, des violences et décès d’enfants confiés à des institutions éducatives, au motif que l’État avait manqué à son obligation de surveillance, de régulation effective et de sanction, en dépit de l’existence de textes de loi — précédent directement transposable à la pratique camerounaise des fermetures d’écoles cosmétiques sans suivi réel ;
D. Jurisprudence comparée et principes du droit à la santé
28. Que la Cour interaméricaine des droits de l’Homme, dans l’arrêt Velásquez Rodríguez c. Honduras (29 juillet 1988), a posé le principe selon lequel l’État manque à son obligation de garantie dès lors qu’il n’agit pas avec la diligence nécessaire pour prévenir la violation, ou pour la traiter dans les termes requis ; que la Cour européenne des droits de l’Homme, dans l’arrêt Osman c. Royaume-Uni (28 octobre 1998), a établi que l’obligation positive de protéger la vie oblige l’État à agir dès lors que ses autorités savaient ou auraient dû savoir qu’il existait un risque réel — standard directement applicable à l’attaque annoncée et prévisible ayant coûté la vie à l’enseignante de Bamenda ;
29. Que le Comité des droits économiques, sociaux et culturels, dans son Observation générale n°14 (2000), précise que l’État viole son obligation de respecter, protéger et mettre en œuvre le droit à la santé lorsqu’il tolère, par inaction, des pratiques faisant obstacle à l’accès aux soins d’urgence obstétricaux — principe directement applicable aux pratiques dénoncées d’extorsion financière dans les formations sanitaires publiques camerounaises ;
V. INTERPELLATION NOMINATIVE ET MISE EN DEMEURE
30. Que Mandela Center International interpelle solennellement, nommément et sans complaisance, par la présente Note :
a) le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, sur sa responsabilité de coordination interministérielle face à un problème qui traverse désormais l’Éducation, la Santé et la Sécurité ;
b) le ministre de l’Éducation de Base, Monsieur Laurent Serge Etoundi Ngoa, sur le défaut de suivi de ses propres engagements publics dans l’affaire Joyce Nawal, l’absence de contrôle réel des établissements au-delà de la fermeture cosmétique de 803 écoles, et le silence opposé aux familles d’Inaya Mbouo et des frères de Ngwelle ;
c) la ministre des Enseignements Secondaires, Madame Pauline Nalova Lyonga Egbe, sur l’absence de coordination avec le ministère de l’Éducation de Base et de bilan public de la fermeture de 105 établissements secondaires à la veille de la rentrée ;
d) le ministre de la Santé Publique, Monsieur Manaouda Malachie, sur l’absence de contrôle effectif des formations sanitaires publiques face aux pratiques d’extorsion financière dénoncées ;
e) le ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense, Monsieur Joseph Beti Assomo, sur l’échec du dispositif sécuritaire dans les régions anglophones et notamment celui annoncé le 26 août 2026 à empêcher la mort de l’enseignante de Bamenda le jour même de la rentrée ;
f) le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, sur l’absence de saisine visible du parquet compétent dans chacune de ces affaires, ainsi que sur le suivi des 701 mineurs déclarés disparus sur le territoire national ;
g) le Gouverneur de la Région de l’Ouest (décès d’Inaya Mbouo), le Gouverneur de la Région du Littoral (décès des frères de Ngwelle et de Moukoko Essoe Ozanne, Moukoko Essoe Ozanne, à Douala …), et le Gouverneur de la Région du Nord-Ouest (mort de l’enseignante de Bamenda), chacun sur le défaut de communication publique relevant de sa compétence territoriale ;
et leur rappelle, avec fermeté, qu’AUCUNE considération de sensibilité confessionnelle, AUCUNE réputation institutionnelle, AUCUNE lenteur administrative et AUCUNE opération de communication ne sauraient tenir lieu d’enquête, de sanction ou de réparation ;
31. Qu’en conséquence de tout ce qui précède, Mandela Center International MET FORMELLEMENT EN DEMEURE le Gouvernement de la République du Cameroun, et lui accorde un délai impératif de QUARANTE CINQ (45) JOURS, courant à compter de la date de la présente Note, pour :
32. publier les conclusions complètes et définitives de l’affaire Joyce Nawal, plus de quatre mois après les engagements publics du ministre de l’Éducation de Base ;
33. ouvrir et publier sans délai les résultats des enquêtes indépendantes sur les circonstances exactes des décès d’Inaya Mbouo (Bafoussam) et des frères Ezekiel et El Fabio (Ngwelle, Bonabéri), assorties d’autopsies médico-légales communiquées aux familles ;
34. saisir d’office le Procureur de la République territorialement compétent aux fins d’établir, par une expertise médico-légale contradictoire et une enquête criminelle rigoureuse, la vérité des faits concernant le décès de Moukoko Essoe Ozanne au Collège De La Salle de Douala, et de communiquer publiquement ses conclusions à la famille et à l’opinion publique, comme celle-ci le demande elle-même ;
35. rendre publiques les mesures de sécurité prises pour protéger les établissements scolaires du Nord-Ouest et du Sud-Ouest à la suite des menaces séparatistes ayant précédé la mort de l’enseignante de Bamenda ;
36. diligenter un audit indépendant et permanent, et non plus seulement une opération annuelle de fermetures à la veille de chaque rentrée, des conditions de sécurité et de surveillance de l’ensemble des établissements scolaires, publics comme privés confessionnels ;
37. mettre fin, par des instructions fermes et un contrôle effectif du ministre de la Santé Publique, à toute pratique d’extorsion financière conditionnant l’accès aux soins d’urgence, en particulier obstétricaux;
38. mettre en place un mécanisme national indépendant de signalement et de suivi des décès et violences en milieu scolaire, assorti d’une obligation de reddition de compte publique dans un délai de trente jours après chaque incident, sans exception ;
39. Que passé ce délai, à défaut de réponse satisfaisante, vérifiable et de bonne foi, Mandela Center International, sans autre préavis et sans aucune tolérance supplémentaire, saisira les instances internationales compétentes, ainsi que l’ensemble de ses partenaires internationaux, des médias et de la communauté internationale ; que MCI avertit, dès à présent, chacun des responsables nommément interpellés que leur silence ou leur inaction seront interprétés comme un aveu de désintérêt délibéré pour la vie des enfants confiés à l’école camerounaise, et documentés comme tels devant toutes les instances compétentes ;
VI. POSITION FERME ET IRRÉVERSIBLE DE MCI
33. Que MCI n’acceptera, EN AUCUN CAS ET SOUS AUCUN PRÉTEXTE, ni le silence, ni l’inertie administrative, ni une quelconque complaisance à l’égard des responsables publics qui se soustrairaient à leur obligation de rendre compte ;
34. Que la crédibilité internationale de l’État du Cameroun en matière de protection de l’enfance ne se décrète pas par des visites ministérielles et des menaces spectaculaires sans suite : elle se construit exclusivement par des enquêtes sérieuses, la publication systématique de leurs conclusions, et des mesures correctrices vérifiables ; que MCI ne se laissera PLUS abuser par aucune manœuvre dilatoire, comme cela a déjà été observé dans l’affaire Joyce Nawal ;
35. Que MCI ne se départira PAS de cette exigence et suivra ces dossiers avec la plus grande vigilance, la plus grande fermeté et une détermination inébranlable, à chaque étape, sans faiblesse ni compromission ;
36. Que tels sont les faits qui commandent la présente Note d’Information et l’interpellation solennelle, nominative, ferme et sans équivoque, des autorités camerounaises et de la communauté internationale ;
37. Que MCI rappelle, à toutes fins utiles, avec toute la gravité requise, qu’aucun enfant ne devrait mourir à l’école dans le silence, et qu’aucun responsable ne devrait pouvoir s’y soustraire dans l’anonymat de la fonction.
Eu égard à tout ce qui précède, Mandela Center International et ses partenaires internationaux :
1. Condamnent, avec la dernière énergie et sans la moindre réserve, le laxisme du Gouvernement camerounais face aux décès d’Inaya Mbouo, des frères Ezekiel et El Fabio, de Moukoko Essoe Ozanne, à la mort de l’enseignante de Bamenda, et à l’absence de conclusion de l’affaire Joyce Nawal ;
2. Interpellent nommément le Premier Ministre, le ministre de l’Éducation de Base Laurent Serge Etoundi Ngoa, la ministre des Enseignements Secondaires Pauline Nalova Lyonga Egbe, le ministre de la Santé Publique Manaouda Malachie, le ministre délégué chargé de la Défense Joseph Beti Assomo, le ministre de la Justice, et les Gouverneurs des Régions de l’Ouest, du Littoral et du Nord-Ouest, sur leurs responsabilités respectives ;
3. Exigent, avec la plus extrême fermeté et sans possibilité de dérobade, la publication immédiate des conclusions de toutes les enquêtes en cours ou promises, sans exception ;
4. Notifient, sans ambiguïté aucune, au Gouvernement camerounais le délai impératif de quarante-cinq (45) jours, à l’expiration duquel les mécanismes internationaux et régionaux seront saisis IMMÉDIATEMENT ET SANS AUTRE PRÉAVIS ;
5. Exigent, sans délai, la protection effective des familles concernées et de tous les témoins contre toute forme de représailles, d’intimidation ou de pression ;
6. Exigent la fin immédiate de toute pratique d’extorsion financière conditionnant l’accès aux soins d’urgence obstétricaux ;
7. S’engagent, avec détermination et sans relâche, à suivre ces dossiers et à rendre compte publiquement, à chaque étape, de la suite — ou de l’absence de suite, délibérée ou non — qui leur sera donnée par les autorités camerounaises.
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Pour toute information complémentaire, bien vouloir nous contacter aux adresses suivantes :
Email : mandelacenterinternational@yahoo.com ou comptoirasssitancejudiciaire@gmail.com ou mandelacenter2@gmail.com
Tel/WhatsApp: (+41) 767925018/ (+237) 679798180/ 694058494/ 699258777/ +1 (202) 528-0183 /+1 (343) 462 9349/ +33780798099.
Fait à Genève, en Suisse, le 22 septembre 2026
Le Secrétaire Exécutif Permanent
Jean Claude Fogno
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