Mbapou désignait déjà Fouda en 2024
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Cameroun - Mbapou désignait déjà Fouda en 2024

Hervé Parfait Mbapou désignait déjà le vice-amiral Joseph Fouda comme « responsable central » des scandales en 2024. Les accusations du capitaine Effoudou viennent de confirmer ses dires. 

Avant que le capitaine Kenneth Effoudou ne pointe du doigt le vice-amiral Joseph Fouda, un homme Hervé Parfait Mbapou l’avait déjà désigné comme la pièce maîtresse d’un système d’influence et d’escroquerie. Récit d’une prophétie politique qui prend corps.

Le scandale qui couvait depuis 2024

En 2024, dans un entretien accordé au journaliste Jean-Bruno Tagne, Hervé Parfait Mbapou, entrepreneur sulfureux, livrait une déclaration qui, deux ans plus tard, résonne comme une mise en garde : le vice-amiral Joseph Fouda, conseiller spécial du président Paul Biya, était selon lui le « responsable central » de divers scandales. À l’époque, peu y prêtèrent attention.

Aujourd’hui, les accusations du capitaine Kenneth Effoudou un ancien chef du bureau de renseignement de l’état-major de Paul Biya viennent donner une actualité brûlante à ces propos. Le capitaine, en exil et visé par un mandat d’arrêt, a qualifié le vice-amiral de « général bandit ». Une accusation grave qui rejoint mot pour mot ce que Mbapou affirmait déjà.

Mais qui sont vraiment ces hommes ? Et quel rôle joue Olive Ngobo, cette diplomate de la présidence dont le nom apparaît dans les deux affaires ?

Hervé Parfait Mbapou : l’homme qui avait prévenu

Hervé Parfait Mbapou, entrepreneur basé à Yaoundé, n’est pas un inconnu dans le paysage politico-financier camerounais. En juin 2024, il est arrêté dans le cadre d’une vaste affaire d’escroquerie en bande organisée, à la suite d’une plainte déposée par le contre-amiral Joseph Fouda lui-même.

Mais très vite, Mbapou renverse la table. Dans son interview avec Jean-Bruno Tagne, il affirme : « Il n’y a pas de faux contre-amiral ; c’est Joseph Fouda lui-même ». Il décrit un système où le nom du vice-amiral est utilisé comme une garantie pour débloquer des dossiers administratifs, et où Fouda serait bien plus qu’un simple spectateur.

> « Je livrais des informations à Joseph Fouda. Il était le responsable central. » propos attribués à Hervé Parfait Mbapou dans l’interview de 2024.

Pour Mbapou, Fouda n’est pas une victime. Il est l’épicentre d’une guerre des clans qui fait rage au sommet de l’État.

Kenneth Effoudou : le capitaine qui brise le silence

Deux ans plus tard, un autre homme sort de l’ombre. Le capitaine Kenneth Effoudou, ancien officier des renseignements présidentiels, radié en mars 2024 et en exil, choisit le 24 juillet 2026 pour briser un silence de trois ans.

Dans des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, il accuse le vice-amiral Joseph Fouda de pratiques de corruption, de trafic d’influence et de menaces de mort. Il l’appelle « général bandit » et l’implique dans un « escadron de la mort » au sein de la gendarmerie.

Ce qui frappe, c’est la convergence des récits. Ce que Mbapou avait dit en 2024, Effoudou le confirme en 2026 : Fouda est au centre.

Olive Ngobo : la fonctionnaire prise dans la tourmente

Au milieu de ces deux affaires, un nom revient sans cesse : Olive Ngobo. Diplomate en fonction au secrétariat général de la présidence de la République, elle est arrêtée en juillet 2024 et incarcérée à la prison de Kondengui.

Olive Ngobo aurait été arrêtée alors qu’elle n’était pas impliquée dans l’affaire. Elle aurait simplement reçu un dossier confidentiel concernant le banquier Jean Gakam et l’aurait transmis au ministre de la Justice un geste qui lui a valu 49 jours de détention.

Depuis sa libération, Olive Ngobo a pris la parole pour dénoncer des conditions de détention qu’elle qualifie d’arbitraires, évoquant la perte de sa grossesse, des actes de torture et une tentative d’empoisonnement.

Un système ou un règlement de comptes ?

L’affaire Mbapou-Fouda-Effoudou n’est pas qu’une simple histoire d’escroquerie. Elle révèle les fissures d’un système où les services de renseignement, la présidence et les intérêts privés s’entremêlent.

Le vice-amiral Joseph Fouda, conseiller spécial de Paul Biya, a vu ses codes d’accès à la présidence désactivés en novembre 2024. Une humiliation qui témoigne d’une perte de confiance. Pourtant, il reste un acteur clé du paysage politique camerounais.

Les déclarations du capitaine Effoudou ont provoqué des réactions en chaîne : une plainte a été déposée contre lui en France, et la Chambre des experts criminels a jugé ses révélations « non fondées ». Mais l’opinion publique, elle, commence à faire le lien.

Ce que Mbapou avait dit en 2024 que Fouda était le « responsable central » trouve un écho troublant dans les accusations de 2026.

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