Michel Ange Angouing : « La vérité affranchit »
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Cameroun - Michel Ange Angouing : « La vérité affranchit »

Dans une tribune publiée le 8 août 2026 à Doumaintang, le magistrat hors hiérarchie et ancien ministre lance un appel solennel à l'humilité, à la vérité et à l'unité nationale.

« Si nous faisons de la tricherie un mode de vie, nous finirons bien par nous faire rattraper un jour par la norme. »

Cette mise en garde, signée par l'une des figures les plus respectées du RDPC, résonne comme un signal d'alarme à quelques mois des échéances politiques cruciales.

Michel Ange Angouing : un magistrat en première ligne

Qui est ce conseiller technique du MINJUSTICE qui ose alerter ?

Michel Ange Angouing, est un homme d'État au parcours singulier. Né à Abong-Mbang, dans le département du Haut-Nyong, il a gravi tous les échelons de la fonction publique.

Diplômé de l'ENAM en 1983, il a été ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative de 2011 à 2018 dans les gouvernements de Philémon Yang. Depuis le 10 août 2020, il est conseiller technique au ministère de la Justice.

Sa position est unique : membre influent du RDPC et magistrat hors hiérarchie, il est à la fois un insider du régime et une voix critique qui n'hésite pas à tirer la sonnette d'alarme.

« Si nous faisons de la tricherie un mode de vie »

Le cœur de la mise en garde d'Angouing contre la dérive des valeurs

Le ton est donné dès les premières lignes. Angouing ne s'adresse pas à un adversaire politique, mais à ses pairs, à ceux qui détiennent le pouvoir et l'argent.

« Ceux qui pensent qu'ils sont forts, riches et puissants et qu'ils peuvent dominer éternellement les autres devraient avoir la sagesse de se souvenir de leurs origines et parcours. »

Cette phrase n'est pas anodine. Elle vise directement l'arrogance du pouvoir, dénoncée à plusieurs reprises par le magistrat. Angouing rappelle que la plupart des dirigeants camerounais, y compris le Président de la République, sont issus de milieux modestes.

« Nous sommes donc, pour la plupart, des purs produits de la providence et devrions briller par notre humanité et notre humilité. »

« La haine que nous développons les uns envers les autres »

Angouing dénonce l'arrogance et l'injustice qui rongent la société

Le magistrat ne se contente pas d'une critique abstraite. Il pointe des phénomènes concrets :

« La haine que nous développons les uns envers les autres, l'arrogance que nous affichons à cause du pouvoir ou l'argent doivent faire place nette à l'émergence d'une société où il fait bon vivre pour tous. »

Cette dénonciation rejoint ses prises de position antérieures. En novembre 2025, il écrivait déjà : « Nos cimetières et nos prisons sont remplis des hommes de pouvoir, les prétendus immortels ».

En juin 2026, il estimait que « l'État de droit apparaît comme une illusion », dénonçant « le degré de pourrissement de notre société face à une justice, dit-on, aux ordres ».

« De gros risques de déstabilisation »

L'avertissement solennel d'un magistrat qui voit la situation se dégrader

Le passage le plus frappant de la tribune est sans doute celui-ci :

« Seuls ceux qui ont choisi volontairement d'être sourds, aveugles et muets (pour, prétendent-ils, voir leurs enfants grandir) ne perçoivent pas la gravité de la situation qui prévaut dans notre pays avec au final... de gros risques de déstabilisation. »

Angouing vise ici ceux qui se taisent par peur des représailles un thème récurrent dans son discours. Il dénonce le silence complice de ceux qui préfèrent fermer les yeux pour préserver leur position.

« Le désordre ne profite à personne. »

« L'injustice révolte. La vérité affranchit. »

Un magistrat qui appelle à briser le silence

Angouing oppose deux forces : l'injustice, qui suscite la révolte, et la vérité, qui libère.

« Les langues se délient de plus en plus, (c'est la volonté du Chef de l'État), mais beaucoup se taisent (et étouffent dans leur silence) par respect pour la République, mais davantage par peur "des représailles". »

Cette phrase est un paradoxe : le chef de l'État appellerait à la libération de la parole, mais la peur des représailles demeure. Angouing pointe du doigt un décalage entre le discours officiel et la réalité vécue.

« Créons ensemble un environnement qui libère les énergies »

L'appel à l'action et à l'espérance

Malgré la gravité du constat, Angouing refuse le pessimisme. Il rappelle les atouts du Cameroun :

« Notre pays est grand, il est beau, il est riche. Les hommes et les femmes sont très intelligents, compétents et entreprenants. »

Son appel est clair :

« Créons ensemble, au nom de la République, un environnement qui libère les énergies à la dimension de notre pays. »

Il interpelle directement ses concitoyens :

« De qui ou de quoi avons-nous peur pour vivre crispés dans notre pays, la terre de nos ancêtres ? »

« Le jugement de l'histoire est implacable »

L'ultime avertissement d'Angouing : chacun écrira sa page

La conclusion de la tribune est d'une solennité rare :

« Le jugement de l'histoire est implacable. Chacun de nous a intérêt d'en écrire de belles pages. »

Angouing termine par une note spirituelle, cohérente avec ses prises de position antérieures où il appelait déjà à « l'unité dans la prière pour la stabilité du pays »:

« Union de prières pour la santé et pour la paix. »

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